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Liste par auteurs & titres dans Kronik list

dimanche 20 mai 2012

96: "Les Chagrins" de Judith Perignon

Genre : chagrins croisés

Histoire

Angèle est née dans la prison de la Roquette, à Paris, en 1967.
Mila, sa grand-mère, l'a élevée jusqu'à la sortie de prison de sa fille Helena.
Mais même après sa libération, Helena restera murée, dans le silence et dans la tristesse, accablée par le souvenir de son amant qui s'est enfui après leur braquage à main armée d'une bijouterie...
En débarrassant l'appartement de sa mère, Angèle découvre des écrits, des indices pour percer le mystère du passé ?....
 "Sous les lettres de Mila, j'ai trouvé un mot, celui qu'il a laissé avant de s'enfuir, l'amant, le coupable, le lâche, le salaud, mon père, comme on voudra..."

Impressions
Un récit très bien construit, avec plusieurs phases de narration, où les voix se succèdent. A l'enfermement physique répond la prison du souvenir, des silences, des énigmes, des mutismes, un univers désenchanté que l'auteure peint avec beaucoup de douceur et une écriture fluide et juste.

Comme le titre le laissait à penser, c'est une lecture triste et mélancolique que réserve cet ouvrage, avec pour fil conducteur l'intrigue de cet homme disparu.

Roman fort, triste et sobre.

jeudi 17 mai 2012

Mon classement des 10 livres du Concours Alices inter-CE 2012

 La règle du jeu est de classer du préféré (10) au moins (1), avec des ex-aequo possibles. Au max 55 points...
   Ma copie en attendant les résultats...



Nos pères sont partis 3
Allumer le chat 6
Dans la mer il y a des crocodiles 7
Le paradoxe du cerf-volant 3
Eux sur la photo 6
De lait et de miel 4
La place aux autres 8
Nouvelles vénitiennes 6
Les chagrins 4
Le retour de Jim Lamar 8

samedi 14 avril 2012

95: "L'évangile selon Pilate" d'Eric-Emmanuel Schmitt

Genre : évangile selon Schmitt OU "Il y a un Pilate dans l'avion"

Histoire
Un roman en 2 parties: 
- Un prologue où Yéchoua confesse ses angoisses avant son arrestation imminente dans le jardin des Oliviers. Il se remémore son parcours depuis ses premières années d'ébéniste jusqu'à ses derniers jours à Jérusalem.
- Une partie principale, où Pilate, préfet romain de la Judée, relate par courrier à son frère Titus les événements relatifs aux derniers jours de Jésus.

Un bonus clôt ce livre, le "Journal d'un roman volé, année 2000", où Eric-Emmanuel Schmitt raconte l'épisode douloureux du vol de son manuscrit et justifie les choix de son interprétation des Évangiles.

Impressions
La première partie est évidemment la plus sujette à discussions, étonnements, puisque l'auteur fait parler Jésus. Par conséquent, ce roman implique nécessairement méfiances par les chrétiens et faible intérêt ou agacement par les non-croyants.

Schmitt peint un Jésus humain, mortel, qui doute, qui a peur. 
"Comment en suis-je arrivé là ?
"J'ai peur. Je doute."
  
Un Jésus qui déborde d'amour. Suite à la mort de son père, "surtout je souffrais de ne pas lui avoir dit que je l'aimais." Dan son quotidien, "Je ne pouvais rencontrer personne sans lui confier que je l'aimais." Et cette vague d'amour le submerge au point de sacrifier le bonheur d'épouser Rebecca à la liberté de pouvoir prodiguer de l'amour à tous, au point d'impatienter et de décontenancer son entourage. Son profond besoin de justice le pousse à contester voire à ne plus aimer la Loi, et son auteur "Dieu".
Il faut reconnaître une certaine habilité à faire parler Jésus.

Schmitt donne sa version de la période d'ombre de la vie de Jésus des Évangiles.
  • Pour la période de sa vie jusqu'à 30 ans, il explique que la révolte de Jésus face à l'injustice l'a fait renoncer à devenir rabbi pour préférer rouvrir l'atelier d'ébéniste de son père. Il devient alors le confident, le conseiller spirituel des villageois, au risque de paraître prétentieux, irrévérencieux, un mauvais juif.
  • Jusqu'au jour, où sur les rives du Jourdain; Jean Baptiste, alias Yohanân dans le roman, révèle le caractère divin de Jésus 
Le romancier explique aussi le départ de Jésus après son baptême dans le Jourdain par son besoin de se retrouver lui-même, de se réapproprier sa personne. Il s'exile dans le désert, "dans les terres incultes", pour un chute immobile jusqu'à trouver "Dieu" au fond de lui-même et faire le pari de croire en lui-même. Et débute alors la marche pour porter la bonne parole, avec un groupe de disciples qui s'étoffera de jour en jour.

Très iconoclaste aussi, ce refus par Jésus de faire des miracles, cette fuite des signes donnés par son père, car ses paroles alors "ricochaient de crâne en crâne; sans entrer dans aucun" et que ses adeptes en herbe "n'appréciaient que" ses miracles. "J'étais devenu un fonctionnaire de Dieu." 
"Non, je ne m'avérais pas immortel. En un mot je n'étais pas Dieu.
Une interprétation donc personnelle mais pas extraordinairement originale (il y a de cela déjà quelques temps, j'avais lu de Gérald Messadié le tome 1: le récit de "L'homme qui devint Dieu" édité en 1988 chez Robert Laffont. Cet écrivain prolixe a aussi écrit Judas, le bien-aimé, Lattès 2007).

Plus intéressante et originale est la vision par Pilate.
Pilate se languit de Rome, de son ordre, il déteste Jésusalem, son ébullition, et ceci surtout pendant les fêtes de Pâques. Malgré la sympathie qu'il éprouve pour Yéchoua - il a guéri sa femme de ses saignements - Pilate a du condamner le Nazaréen pour assurer la tranquillité de sa province romaine. Et voilà que trois jours après sa crucifixion, son cadavre a disparu du tombeau avec tous les risques d'agitation latents. Eric Emmanuel Schmitt transcrit avec justesse un climat politico-religieux alors tendu.
En bon romain rationnel et pragmatique, le préfet pensait résoudre cette énigme rapidement. Il était prévisible que cet optimisme  va fur et à mesure s'élimer face à l'écroulement de toutes les hypothèses inimaginables que Pilate avancera. L'auteur peint avec finesse la métamorphose progressive du préfet, guidé par son amour pour sa femme Claudia Procula.

En ce qui concerne l'écriture, encore une fois, je ne suis toujours pas emballé par la plume de l'auteur. Sobre et efficace mais sans poésie. Une fois encore, M Schmitt utilise son filon narratif d’intégration d'un événement de notre Histoire pour apporter sa relecture.

Roman intéressant pour cette peinture originale des derniers jours de Jésus vus par Pilate.
Un moment de lecture agréable mais pas inoubliable (en tout cas un roman qui m'aura fait chroniquer de manière volubile, et puis écrire un jeu de mot nul dans l'en-tête "Genre". Mais j'assume.).

dimanche 1 avril 2012

94: "Le retour de Jim Lamar" de Lionel Salaün

Genre : de la boue du Mekong au Mississippi

Histoire

    Parti treize ans plus tôt se battre au Vietnam, Jim Lamar réapparaît dans Stanford, un village du Missouri, au bord du Mississippi. Ce revenant se réapproprie la ferme familiale pillée par les villageois suite au décès de ses parents.

    Son comportement bourru d'ermite inquiète les habitants de cette Amérique rurale profonde et seul un jeune garçon de 13 ans, Billy, se met à le côtoyer.
De silences en longs récits, le vétéran du Vietnam se confie peu à peu à Billy, ce petit dur du village en admiration devant ce géant désillusionné qui parle comme dans les livres.

Une amitié naissante qui va bouleverser le cours de la vie du jeune narrateur.


Impressions

    L'Amérique profonde, ambiance de 'Les raisins de la colère'. Rôdent dans Stanford actes de lâchetés, violence sourde, ségrégation, préjugés, discrimination... Sur fond de blues, coule le Mississippi...

Et dans ce décor, Lionel Salaün déroule un récit à l'écriture sobre et très riche en thèmes.

Il évoque
     le fossé social entre les riches qui s'instruisent et ont des loisirs et les pauvres qui sont envoyés comme chair à canon sur les fronts,
    une éloge de l'amitié et de la tolérance, entre noirs et blancs, entre instruits et culs-terreux,
    un hymne à la nature- refuge pour Billy qui fuit son père alcoolique et pour Jim en quête du passé, porté par les flots illusoires -du Missisippi ?- d'un retour à une vie révolue.

Roman extrêmement bien écrit, bouleversant et captivant. Coup de cœur pour ce premier roman d'un quarantenaire de Chambéry.

« Transformé en caisse de résonance, je me laissais conduire en état second, fasciné par une chanson que j’entendais pour la première fois et dont je marmonnais le refrain en même temps que son auteur, Rainy Night in Georgia ».

samedi 31 mars 2012

93: "Nos pères sont partis" de Dalila Bellil

Genre : confidences épistolaires entre deux femmes kabyles

Histoire

    Deux jeunes femmes se confient à travers un échange épistolaire entre Paris et l’Algérie. Toutes deux partagent une naissance en Kabylie et un père qui est parti en France chercher de quoi subvenir aux besoins de son foyer.

Mais pour Soltana, c’est avec toute sa famille que le père s’est installé en France, tandis que Dahbia n’a jamais quitté son bled de montagne.

A son tour, le mari de Dahbia a décidé d’émigrer en famille vers la France. La jeune femme est inquiète et s’épanche auprès de son amie.


Impressions

    Les échanges initiaux se caractérisent par une position où chacune vante les vertus de son environnement et de son mode de vie. Elles évoquent leur enfance et remonte progressivement le cours du temps.

Petit à petit la confiance s’installe, les confidences affluent et les convictions se brouillent.

Soltana décrit la difficulté d’intégration des immigrés en France et l'épineuse question de l'identité des exilés, son amie exprime les carcans des traditions et les années noires de la guerre civile qui a ensanglanté l’Algérie.

    Le récit de ces parcours en miroir est empreint de pudeur et de sensibilité. Ce roman offre un regard particulièrement doux et mesuré sur la condition de ces femmes fragilisées par une Histoire lourde et souvent douloureuse.

    Certain(e)s blogueurs crient au chef d’œuvre. J’avoue avoir un peu peiné face à l’aspect très linéaire de ce roman qui manque de rythme à mon goût. Les paroles se succèdent d'un chapitre parfois avec un déficit d'interaction.

Roman touchant, parfois dur, instructif.

jeudi 1 mars 2012

92: "Nouvelles vénitiennes" de Dominique Paravel

Genre : dédale temporel d'histoires vénitiennes

"Le Jeune Malade", Lorenzo Lotto, 1527, Venise, Gallerie dell'Accademia

Histoire

    Sept nouvelles: succession de portraits, à travers les époques plus ou moins fastes de cette ville comparable à nulle autre.

D'un tailleur de pierre venu de Bologne défier le condottiere à un photographe contemporain, en passant au maître Lorenzo Lotto dans une Venise hostile à son art (tableaux insérés dans cette chronique). 
    Des hommes troublés par Venise et par ses femmes, l'épouse d'un riche notable, la belle prostituée Veronica, l'orpheline du chœur de l'Ospedaletto à la voie envoutante, Elena Cornaro Piscopia la première femme à obtenir un doctorat de philosophie ou cette énigmatique inconnue croisée furtivement.

Portrait d'Elena Piscopia

Impressions

    Suite de nouvelles agréables à lire, où des éléments d'une histoire se retrouvent d'une époque à l'autre, et tissent ainsi des liens invisibles à l'image du dédale de Venise.

Écriture élégante, efficace, parfois très sensuelle. Les rapports entre les personnages et Venise oscillent entre douleur, plaisir, solitude et passion, mais jamais indifférence.

Roman intelligemment construit et très séduisant pour se perdre dans les ruelles intemporelles de la Sérénissime.

7ième lecture de la sélection concours Alice InterCE 2012-2012 et encore une belle découverte.
"Annonciation", Lorenzo Lotto, 1528, Recanati, Museo Civico Villa Coloredo Mels

dimanche 5 février 2012

91: "Eux sur la photo" d'Hélène Gestern

Genre : archéologie familiale avec indices photographiques

Histoire

    Une photographie extraite d'un journal suisse retrouvée dans les archives familiales: 2 hommes et une femme, raquette à la main sur fond de paysage montagneux.
Hélène y reconnaît sa mère, disparue alors qu'elle avait trois ans. Elle fait paraître cette image dans une annonce. Stéphane lui répond: il identifie son père.

Commence alors à travers un échange épistolaire et quelques rendez-vous, une enquête dans le passé familial de ces 2 quarantenaires, une remontée dans les secrets de famille...


Impressions

    Roman construit de manière assez classique, nourri d'un échange à 2 voies alternant lettres, courriels, SMS et téléphone, jalonné par des descriptions de photographies finement ciselées.

Le ton entre Hélène et Pierre devient de plus en plus amical mais reste jusqu'au bout très réservé voire vieux-jeu malgré les sentiments qui naissent.

Le récit demeure sobre et pudique (pas de fantaisie ni chair), mais attise l'attention du lecteur par cette intrigue où nos deux enquêteurs soulèvent progressivement les voiles d'un passé parfois douloureux.

Un séduisant roman sobre et soigné pour une réflexion sur les secrets de famille et notre réaction face à leur découverte.

6ième lecture de la sélection concours Alice InterCE 2012-2012.


Les livres qui m'ont marqué... (pas tous chroniqués)

  • 'Beloved' & 'Jazz' de Toni Morrison
  • 'Charlotte' de David Foenkinos
  • 'Crime et châtiment' de Dostoievski
  • 'Kite runner' de Khaled Hosseini
  • 'La joueuse de go" de Shan Sa
  • 'Le quatrième mur' 'Profession du père' de Sorj Chalandon
  • 'Les enfants de Minuit' de Salman Rushdie
  • 'Sombre dimanche' & "L'art de perdre" d'Alice Zeniter
  • 'Sous le soleil des Scorta' et 'Eldorado' de Laurent Gaudé
  • "1984" de George Orwell
  • "Au Zénith" de Dong Thuong Huong
  • "Candide" de Voltaire
  • "En attendant Godot" de Samuel Beckett
  • "Fanrenheit 451" de Bradbury
  • "L'écume des jours" de Boris Vian
  • "L'insoutenable légéreté de l'être", de Milan Kundera
  • "L'œuvre au noir" de Marguerite Yourcenar
  • "L'ombre du vent" de Carlos Ruis Zafon
  • "La métamorphose" de Kafka
  • "La vie devant soi" de Romain Gary
  • "Le Hussard sur le toit" et "Les âmes fortes" de Jean Giono
  • "Le parfum" de Patrick Suskind
  • "Le Portrait de Dorian Gray" d'Oscar Wilde
  • "Le rouge et le noir" de Stendhal
  • "Les Cavaliers" de Joseph Kessel
  • "Les Déferlantes" de Claudie Gallay
  • "Les Raisins de la Colère" de John Steinbeck
  • "Malevil" de Robert Merle
  • "Mr Vertigo" de Paul Auster
  • "Sur la route" de Jack Kerouac
  • à suivre
  • L'univers de Haruki Murakami
  • Les contes d'Alessandra Barrico
  • Les polars de Fréd Vargas
  • Les romans de Sepulveda
  • Les romans de Yasunari Kawabata

Grand Canyon

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