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Liste par auteurs & titres dans Kronik list

samedi 28 juillet 2012

99: 'Eleven' de Mark Watson

Genre : l'effet papillon d'une femme de ménage

Histoire
    Xavier Ireland, émigré australien, est animateur d'une émission de radio londonienne pour insomniaques entre minuit et quatre heures. A part son amitié avec Murray co-animateur, et ses rencontres de Scrabble,  le quotidien est plutôt solitaire, le passé de sa vie australienne refoulé.
    Jusqu'au jour, où entraîné par Murray à un speed-dating, Xavier y recrute... une femme de ménage ! Une rencontre insolite qui va affecter la vie de 11 concitoyens...

« Predictability: Does the Flap of a Butterfly's Wings in Brazil Set off a Tornado in Texas? », Lorentz 1972

Impressions

    Est-ce dû à la traduction ou à l'écriture, le style est quelconque, ce n'est pas de la Grande littérature.
Mais certains passages sont drôles, d'autres presque tragiques, les histoires s'enchaînent avec fluidité et l'ensemble est plutôt agréable. Certains critiques de journaux ont parlé de "tragi-comédie subtile et désopilante", c'est excessif.

Un roman récréatif mais sans plus.
En pleine période de JO à Londres, voilà un papillonnage de lecture d'actualité...


Biographie (trouvée sur le Net)

Mark Watson, né en 1980 à Bristol, a suivi des études d'anglais à Cambridge avant de se lancer dans le théâtre. A la fois écrivain, metteur en scène et comédien, cet Anglais très facétieux est devenu célèbre pour ses one man shows couronnés de nombreux prix. Se produisant avec succès à la radio comme à la télévision, il cultive un sens de l'humour où l'autodérision le dispute à son engagement écologique, comme en témoigne son essai, Crap at the Environment, paru en 2008. Il est également l'auteur de deux romans non traduits, Bullet Points (2004), et A Light-hearted Look at Murder (2007).

samedi 30 juin 2012

98: "Chroniques de l'oiseau à ressort" d'Haruki Murakami

Genre : univers fantastique de Murakami, surréalisme soft ?

Histoire
Toru Okada a déjà perdu -ou plutôt quitté- son emploi dans un cabinet d'avocats, il a perdu le goût pour les relations sociales ne sortant que très rarement de la maison à Tokyo que son oncle lui prête.
Il perd son chat, puis sa femme Kumiko.

Et petit à petit sa vie bascule. En dépit de l'espace limité de son quotidien, le héros plonge dans un univers étrange, où rencontres impromptues, rêves, souvenirs, manifestations surnaturelles et réalités se confondent...

"L'oiseau à ressort existe réellement. Je ne sais pas à quoi il ressemble. Je ne l'ai jamais vu. La seule chose que je connais de lui, c'est son cri: ki kii kiii ! Il se perche sur une branche d'arbre et remonte régulièrement la pendule du monde. Sans son intervention, le monde ne peut pas fonctionner."



Impressions

Un puits à sec dans le jardin d'une maison qui porte malheur à ses occupants, des personnages atypiques comme ce vieux militaire à la retraite marqué par la guerre au Mandchoukou chinois, ou cette créatrice de mode et son fils muet, cette tache qui apparait sur le visage de Toru, ce récit est riche d'une profusion d'énigmes, de symboles, d'absurdes...

« Cette idée m’envahit d’une sensation étrange, comme si un liquide inconnu remplissait mon corps. Ca ressemblait à de la tristesse »

En face, la société japonaise et sa cruelle réalité des milieux politico-financiers, qui met à mal la trame fantastique de cet épais roman (850 pages), mais surtout menace la quête du héros: retrouver sa femme. Une autre "ballade de l'impossible" ?

"Dans le monde de l'oiseau à ressort, le libre arbitre n'avait aucun sens, ainsi que l'avait toujours pressenti le vétérinaire. Telles des poupées mécaniques que l'on posait sur une table et dont on remontait le ressort, les êtres avançaient dans des directions qu'ils n'avaient pas choisies, accomplissaient des actes qu'ils n'avaient jamais souhaités."

Rencontres déroutantes, rêves prémonitoires, leitmotivs obsessionnels, forces occultes, Haruki Murakami excelle à explorer nos ténèbres intérieures, à peindre l'ombre des choses et des êtres. "La ballade dans le cerveau de Toru ?". La structure narrative de ce roman est complexe, foisonne de récits qui s'entrecroisent sans à première vue se suivre logiquement. Une fois de plus, cet auteur incroyable m'a embarqué à bord d'un voyage dans un monde fantastique où, toujours plus fuyante, la réalité n'en devient que plus envoûtante.

Envoûté. Fasciné. 
Une atmosphère onirique et poétique unique, signature de Murakami.Vite un autre !

97: "Cycle de l'invisible" d'Eric Emmanuel Schmitt

Genre : cycle de 3 fables religieuses

Histoire

3 courts romans, 3 religions:
1- « Milarepa », le bouddhisme tibétain
Histoire du "Mila vêtu de côton" (1052-1135), le quatrième grand maître éveillé de la lignée kagyü du bouddhisme tibétain. Publié en 1997.

2- "Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran", la religion musulmane, et plus particulièrement le soufisme. (2002)
Comment Moïse, surnommé Momo, se verra enseigné l'amour et la vie par des prostituées, et se tournera le soufisme, guidé par Ibrahim, l'épicier du coin...

3- "Oscar et la dame en rose", le christianisme.(2004)
Oscar, un enfant de dix ans, a le cancer et vit à l'hôpital. Mamie Rose, la  "dame rose", vient lui rendre visite tous les jours à l'hôpital. 


Impressions

    Le premier volet m'a laissé indifférent, voire m'a ennuyé. Sous l'alibi très fragile d'un homme, parisien , qui rêve de hautes montagnes et qui serait la réincarnation de Milarépa, l'auteur introduit la narration de la vie de ce maître tibétain. C'est factuel, fidèle me semble-t-il à la biographie de cette figure tibétaine, mais qu'apporte cette version d'Eric Emmanuel Schmitt ?...

"Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran" est au contraire une pure invention, savoureuse. L'écriture est légère, souvent drôle. Court roman qui touche par sa simplicité en traitant d’amitié et de tolérance dans une vie pas toujours tendre.
Petit bémol: j'ai tout de même ressenti de fortes ressemblances avec "La vie devant soi", ce chef d’œuvre de Romain Jary publié en 1975, où un certain Momo , jeune musulman, raconte sa vie chez madame Rosa, une ancienne prostituée.

"Oscar et la dame en rose"  constitue le volet le plus réussi de ce triptyque. Je mettrai en garde les âmes trop sensibles ! J'ai pleuré comme une madeleine, et j'ai lutté pour distinguer les derniers chapitres à travers un rideau de larmes (j'exagère un peu, mais cela illustre l'atmosphère).
Cette courte fable est très émouvante et spirituelle, aux deux sens du terme.
L'humour, l'innocence, les farces d'Oscar apportent de l'espoir face aux grandes questions de l'existence que se pose ce jeune garçon que la mort guette. Le bonheur, la mort, l'au-delà, l'amour...
De plus cette idée d'introduire la foi par cet échange épistolaire avec Dieu est habile.
Comme certains blogueurs, on peut s'interroger sur le caractère dérangeant de commisération malsaine que porterait ce roman. Cette histoire contribuerait à ne pas considérer les enfants des hôpitaux comme des êtres humains à part entière. Personnellement, je ne souscris pas à ce procès d'intention, je retiens un message d'espoir.

dimanche 20 mai 2012

96: "Les Chagrins" de Judith Perignon

Genre : chagrins croisés

Histoire

Angèle est née dans la prison de la Roquette, à Paris, en 1967.
Mila, sa grand-mère, l'a élevée jusqu'à la sortie de prison de sa fille Helena.
Mais même après sa libération, Helena restera murée, dans le silence et dans la tristesse, accablée par le souvenir de son amant qui s'est enfui après leur braquage à main armée d'une bijouterie...
En débarrassant l'appartement de sa mère, Angèle découvre des écrits, des indices pour percer le mystère du passé ?....
 "Sous les lettres de Mila, j'ai trouvé un mot, celui qu'il a laissé avant de s'enfuir, l'amant, le coupable, le lâche, le salaud, mon père, comme on voudra..."

Impressions
Un récit très bien construit, avec plusieurs phases de narration, où les voix se succèdent. A l'enfermement physique répond la prison du souvenir, des silences, des énigmes, des mutismes, un univers désenchanté que l'auteure peint avec beaucoup de douceur et une écriture fluide et juste.

Comme le titre le laissait à penser, c'est une lecture triste et mélancolique que réserve cet ouvrage, avec pour fil conducteur l'intrigue de cet homme disparu.

Roman fort, triste et sobre.

jeudi 17 mai 2012

Mon classement des 10 livres du Concours Alices inter-CE 2012

 La règle du jeu est de classer du préféré (10) au moins (1), avec des ex-aequo possibles. Au max 55 points...
   Ma copie en attendant les résultats...



Nos pères sont partis 3
Allumer le chat 6
Dans la mer il y a des crocodiles 7
Le paradoxe du cerf-volant 3
Eux sur la photo 6
De lait et de miel 4
La place aux autres 8
Nouvelles vénitiennes 6
Les chagrins 4
Le retour de Jim Lamar 8

samedi 14 avril 2012

95: "L'évangile selon Pilate" d'Eric-Emmanuel Schmitt

Genre : évangile selon Schmitt OU "Il y a un Pilate dans l'avion"

Histoire
Un roman en 2 parties: 
- Un prologue où Yéchoua confesse ses angoisses avant son arrestation imminente dans le jardin des Oliviers. Il se remémore son parcours depuis ses premières années d'ébéniste jusqu'à ses derniers jours à Jérusalem.
- Une partie principale, où Pilate, préfet romain de la Judée, relate par courrier à son frère Titus les événements relatifs aux derniers jours de Jésus.

Un bonus clôt ce livre, le "Journal d'un roman volé, année 2000", où Eric-Emmanuel Schmitt raconte l'épisode douloureux du vol de son manuscrit et justifie les choix de son interprétation des Évangiles.

Impressions
La première partie est évidemment la plus sujette à discussions, étonnements, puisque l'auteur fait parler Jésus. Par conséquent, ce roman implique nécessairement méfiances par les chrétiens et faible intérêt ou agacement par les non-croyants.

Schmitt peint un Jésus humain, mortel, qui doute, qui a peur. 
"Comment en suis-je arrivé là ? " 
"J'ai peur. Je doute."
  
Un Jésus qui déborde d'amour. Suite à la mort de son père, "surtout je souffrais de ne pas lui avoir dit que je l'aimais." Dan son quotidien, "Je ne pouvais rencontrer personne sans lui confier que je l'aimais." Et cette vague d'amour le submerge au point de sacrifier le bonheur d'épouser Rebecca à la liberté de pouvoir prodiguer de l'amour à tous, au point d'impatienter et de décontenancer son entourage. Son profond besoin de justice le pousse à contester voire à ne plus aimer la Loi, et son auteur "Dieu".
Il faut reconnaître une certaine habilité à faire parler Jésus.

Schmitt donne sa version de la période d'ombre de la vie de Jésus des Évangiles.
  • Pour la période de sa vie jusqu'à 30 ans, il explique que la révolte de Jésus face à l'injustice l'a fait renoncer à devenir rabbi pour préférer rouvrir l'atelier d'ébéniste de son père. Il devient alors le confident, le conseiller spirituel des villageois, au risque de paraître prétentieux, irrévérencieux, un mauvais juif.
  • Jusqu'au jour, où sur les rives du Jourdain; Jean Baptiste, alias Yohanân dans le roman, révèle le caractère divin de Jésus 
Le romancier explique aussi le départ de Jésus après son baptême dans le Jourdain par son besoin de se retrouver lui-même, de se réapproprier sa personne. Il s'exile dans le désert, "dans les terres incultes", pour un chute immobile jusqu'à trouver "Dieu" au fond de lui-même et faire le pari de croire en lui-même. Et débute alors la marche pour porter la bonne parole, avec un groupe de disciples qui s'étoffera de jour en jour.

Très iconoclaste aussi, ce refus par Jésus de faire des miracles, cette fuite des signes donnés par son père, car ses paroles alors "ricochaient de crâne en crâne; sans entrer dans aucun" et que ses adeptes en herbe "n'appréciaient que" ses miracles. "J'étais devenu un fonctionnaire de Dieu." 
"Non, je ne m'avérais pas immortel. En un mot je n'étais pas Dieu.
Une interprétation donc personnelle mais pas extraordinairement originale (il y a de cela déjà quelques temps, j'avais lu de Gérald Messadié le tome 1: le récit de "L'homme qui devint Dieu" édité en 1988 chez Robert Laffont. Cet écrivain prolixe a aussi écrit Judas, le bien-aimé, Lattès 2007).

Plus intéressante et originale est la vision par Pilate.
Pilate se languit de Rome, de son ordre, il déteste Jésusalem, son ébullition, et ceci surtout pendant les fêtes de Pâques. Malgré la sympathie qu'il éprouve pour Yéchoua - il a guéri sa femme de ses saignements - Pilate a du condamner le Nazaréen pour assurer la tranquillité de sa province romaine. Et voilà que trois jours après sa crucifixion, son cadavre a disparu du tombeau avec tous les risques d'agitation latents. Eric Emmanuel Schmitt transcrit avec justesse un climat politico-religieux alors tendu.
En bon romain rationnel et pragmatique, le préfet pensait résoudre cette énigme rapidement. Il était prévisible que cet optimisme  va fur et à mesure s'élimer face à l'écroulement de toutes les hypothèses inimaginables que Pilate avancera. L'auteur peint avec finesse la métamorphose progressive du préfet, guidé par son amour pour sa femme Claudia Procula.

En ce qui concerne l'écriture, encore une fois, je ne suis toujours pas emballé par la plume de l'auteur. Sobre et efficace mais sans poésie. Une fois encore, M Schmitt utilise son filon narratif d’intégration d'un événement de notre Histoire pour apporter sa relecture.

Roman intéressant pour cette peinture originale des derniers jours de Jésus vus par Pilate.
Un moment de lecture agréable mais pas inoubliable (en tout cas un roman qui m'aura fait chroniquer de manière volubile, et puis écrire un jeu de mot nul dans l'en-tête "Genre". Mais j'assume.).

dimanche 1 avril 2012

94: "Le retour de Jim Lamar" de Lionel Salaün

Genre : de la boue du Mekong au Mississippi

Histoire

    Parti treize ans plus tôt se battre au Vietnam, Jim Lamar réapparaît dans Stanford, un village du Missouri, au bord du Mississippi. Ce revenant se réapproprie la ferme familiale pillée par les villageois suite au décès de ses parents.

    Son comportement bourru d'ermite inquiète les habitants de cette Amérique rurale profonde et seul un jeune garçon de 13 ans, Billy, se met à le côtoyer.
De silences en longs récits, le vétéran du Vietnam se confie peu à peu à Billy, ce petit dur du village en admiration devant ce géant désillusionné qui parle comme dans les livres.

Une amitié naissante qui va bouleverser le cours de la vie du jeune narrateur.


Impressions

    L'Amérique profonde, ambiance de 'Les raisins de la colère'. Rôdent dans Stanford actes de lâchetés, violence sourde, ségrégation, préjugés, discrimination... Sur fond de blues, coule le Mississippi...

Et dans ce décor, Lionel Salaün déroule un récit à l'écriture sobre et très riche en thèmes.

Il évoque
     le fossé social entre les riches qui s'instruisent et ont des loisirs et les pauvres qui sont envoyés comme chair à canon sur les fronts,
    une éloge de l'amitié et de la tolérance, entre noirs et blancs, entre instruits et culs-terreux,
    un hymne à la nature- refuge pour Billy qui fuit son père alcoolique et pour Jim en quête du passé, porté par les flots illusoires -du Missisippi ?- d'un retour à une vie révolue.

Roman extrêmement bien écrit, bouleversant et captivant. Coup de cœur pour ce premier roman d'un quarantenaire de Chambéry.

« Transformé en caisse de résonance, je me laissais conduire en état second, fasciné par une chanson que j’entendais pour la première fois et dont je marmonnais le refrain en même temps que son auteur, Rainy Night in Georgia ».

Les livres qui m'ont marqué... (pas tous chroniqués)

  • 'Beloved' & 'Jazz' de Toni Morrison
  • 'Charlotte' de David Foenkinos
  • 'Crime et châtiment' de Dostoievski
  • 'Kite runner' de Khaled Hosseini
  • 'La joueuse de go" de Shan Sa
  • 'Le quatrième mur' 'Profession du père' de Sorj Chalandon
  • 'Les enfants de Minuit' de Salman Rushdie
  • 'Sombre dimanche' & "L'art de perdre" d'Alice Zeniter
  • 'Sous le soleil des Scorta' et 'Eldorado' de Laurent Gaudé
  • "1984" de George Orwell
  • "Au Zénith" de Dong Thuong Huong
  • "Candide" de Voltaire
  • "En attendant Godot" de Samuel Beckett
  • "Fanrenheit 451" de Bradbury
  • "L'écume des jours" de Boris Vian
  • "L'insoutenable légéreté de l'être", de Milan Kundera
  • "L'œuvre au noir" de Marguerite Yourcenar
  • "L'ombre du vent" de Carlos Ruis Zafon
  • "La métamorphose" de Kafka
  • "La vie devant soi" de Romain Gary
  • "Le Hussard sur le toit" et "Les âmes fortes" de Jean Giono
  • "Le parfum" de Patrick Suskind
  • "Le Portrait de Dorian Gray" d'Oscar Wilde
  • "Le rouge et le noir" de Stendhal
  • "Les Cavaliers" de Joseph Kessel
  • "Les Déferlantes" de Claudie Gallay
  • "Les Raisins de la Colère" de John Steinbeck
  • "Malevil" de Robert Merle
  • "Mr Vertigo" de Paul Auster
  • "Sur la route" de Jack Kerouac
  • à suivre
  • L'univers de Haruki Murakami
  • Les contes d'Alessandra Barrico
  • Les polars de Fréd Vargas
  • Les romans de Sepulveda
  • Les romans de Yasunari Kawabata

Grand Canyon

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