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Liste par auteurs & titres dans Kronik list

samedi 17 février 2018

314: ' Quinquennat' de Marc Dugain

Genre : Petites arrangements entre ennemis

Histoire
Philippe Launay va devenir président de la république Française. Mais il est bien seul, dans son entourage politique mais aussi à la maison...



Impressions
Lutte sans merci entre Launay et son rival Lubiak, l'auteur nous plonge dans ces luttes entre cadors politiques, services de renseignement.
2 personnages, en contre-pouvoirs bien fragiles, font naître de l'empathie: Lorraine prisonnière de son statut d'agent de la DGSI mais qui en sait trop, et Terence Absalon le journaliste investigateur investi d'une mission sacerdotale de recherche de la vérité. Tous les deux voient leurs jours comptés...

"La politique est de plus en plus un cabinet d'aisances où se pratique l'incontinence verbale sans pudeur."

"Un autre phénomène nous paraît également prégnant. C'est celui du fossé entre le pays profond et ses élites, en particulier politiques, qui ajoutent à une attitude constante de suffisance un goût pour l'argent qui va jusqu'à la prévarication sur des montants considérables avec un sentiment d'impunité rare dans une démocratie de cette importance."

Fort cynique et négatif.
Sans doute un peu trop, le récit souffre d'une sorte d'acharnement qui devient répétitif.
J'espère le troisième acte plus punchy et avec un zest d'espoir dans ce monde pourri...

2ième acte de cette fiction politico-industrialo-espionnage. Moins trépidant à mon goût que le premier...

dimanche 4 février 2018

313: 'L'emprise' de Marc Dugain

Genre : liaisons dangereuses en politique

Histoire
Philippe Launay est un centriste donné gagnant à la prochaine élection présidentielle par les sondages. Mais à quel prix ?

Impressions
Plongée dans le marigot du monde politique qui vise à tout prix le pouvoir. Ses  petits arrangements nauséabonds avec les patrons industriels et les services secrets. Pouvoir, chantages, fric, sexe, corruption, ...

"Nous sommes entrés depuis plusieurs années dans le règne de l'impuissance publique.
L'Europe qui devrait prendre ses ordres chez son peuple, n'est inféodée qu'aux groupes de pression qui siègent à Bruxelles avec plus d'assiduité que les députés élus. La corruption, les ententes, les amitiés troubles y sont généralisées, mais le politiquement correct interdit de le dire ouvertement."

Plusieurs pôles d'influence se côtoient et se croisent, amenant de la complexité et du rythme à ce roman. Les chapitres sont courts, l'écriture est simple mais soignée et efficace.

Evidemment la ressemblance avec l'actualité de la politique française donne à réfléchir. On peut imaginer hélas que cette peinture sans concession est proche de la réalité.  De nombreux grands sujets de notre société sont abordés: mondialisation, la sur-communication, la financiarisation, la généralisation du 'flicage' des individus, le manque d'esprit critique des électeurs...  Mais le format court et la part importante accordée à l'intrigue ne permettent de pas développer ces thèmes  majeurs avec profondeur.
Ce roman relève pour moi plus de la simple dénonciation des arcanes du monde politico-industriel souffrant d'une gangrène mafieuse et d'un bon moment de lecture. Ce roman avait été initialement un projet de scénario de film qui a été refusé par les producteurs car trop corrosif ('Arlena' et 'Areva' par exemple...). Une adaptation en téléfilm est actuellement discutée avec Arte.

Bonne fiction politico-industrialo-espionnage. Fiction ?
Premier tome d'une trilogie.

dimanche 21 janvier 2018

312: " Meursault, contre-enquête' de Kamel Daoud

Genre : miroir Arabe de l'Etranger

Histoire
Le frère de l'Arabe assassiné de 5 coups de feu par Meursault raconte sa version de l'histoire.
"Sans m'en rendre compte, et des années avant que je n'apprenne à lire, je refusais l'absurdité de sa mort et j'avais besoin d'une histoire pour lui donner un linceul. " 

Pour lui rendre un nom. "Mais non, il ne l’a pas nommé, parce que sinon mon frère aurait posé un problème de conscience à l’assassin : on ne tue pas un homme facilement quand il a un prénom."

Impressions
"Reprenons. Il faut toujours reprendre et revenir aux fondamentaux. Un Français tue un Arabe sur une plage déserte. Il est quatorze heures, c'est l'été 1942. Cinq coups de feu suivis d'un procès. L'assassin est condamné à mort pour avoir mal enterré sa mère et avoir parlé d'elle avec une trop grande indifférence. Techniquement, le meurtre est dû au soleil ou à de l'oisiveté pure. Sur la demande d'un proxénète nommé Raymond et qui en veut à une pute, ton héros écrit une lettre de menace, l'histoire dégénère puis semble se résoudre par un meurtre. L'Arabe est tué parce que l'assassin croit qu'il veut venger la prostituée, ou peut-être parce qu'il ose insolemment faire la sieste. Cela te déstabilise, hein, que je résume ainsi ton livre ? C'est pourtant la vérité nue. Tout le reste n'est que fioritures, dues au génie de ton écrivain." 

Quel résumé parfait de ce best-seller de Camus ! J'aurai pu l'intégrer dans la chronique précédente ;)

Ecrire en écho à l'Etranger, en contrepoint, exercice périlleux...
Et c'est une réussite remarquable.
Construction très subtile, articulée autour de ce monologue du vieux frère de la victime, qui se confie à un compagnon de bar.
Le style est lumineux, écriture vivante, rythmée, on savoure.

"Une langue se boit et se parle, et un jour elle vous possède; alors, elle prend l'habitude de saisir les choses à votre place, elle s'empare de la bouche comme le fait un couple dans le baiser vorace."

Très beau roman, subtil, à l'écriture magnifique. A consommer sans modération.
Prix Goncourt du premier roman en 2015.

mardi 16 janvier 2018

311: "L'étranger" d'Albert Camus

Genre : une référence de la littérature

Histoire
Habitant d'Alger pendant la période de l'Algérie française, le narrateur Meursault reçoit un télégramme qui l'avertit de la mort de sa mère. Il prend le bus pour rejoindre l'enterrement au village Marengo.
"Aujourd'hui maman est morte, ou peut-être hier, je ne sais pas"


Impressions
Je m'apprêtais à lire "Meursault, contre-enquête" de Kamel Daoud. Mais je me rendu compte que si je ne relisais pas 'L'Etranger', je n'allais pas apprécier à sa juste valeur le roman de Daoud qui y fait -Cf. 4ième page- un "hommage en forme de contrepoint".
Dont acte.

Roman le plus connu de la tétralogie de "le cycle de l'Absurde" d'Albert Camus. Deuxième roman francophone le plus lu dans le monde après "Le Petit Prince" de St Exupéry. Largement commenté, disséqué, analysé; je n'en rajouterai pas.
Je me contenterai de dire que je l'ai relu avec surprise, me souvenant de la première partie et très peu du deuxième volet qui décrit le jugement et l'emprisonnement.

Condamné plus pour son indifférence aux normes de la société que pour son crime. Quel personnage énigmatique... Comme cette lecture, inconfortable, à l'écriture sobre et je dois reconnaître assez raide en terme de plaisir brut. Mais cette sobriété austère sert le discours sur l'absurdité de la vie, l'irrationnel de nos actions, le décalage vécu par l''étranger" et son environnement humain.

"Et c’était comme quatre coups brefs que je frappais sur la porte du malheur." 

Un incontournable de la littérature. Une piqure de rappel avant la lecture de "Meursault, contre-enquête".

lundi 15 janvier 2018

310: 'Bonneville' de Laurent Saulnier

Genre : dingo et déjanté (ce qui n'est pas esthétique pour une voiture...)

Histoire
Seule cette Pontiac Bonneville 1969 couleur crème que son père a achetée offre un espace imaginaire de rêve et d'évasion pour le narrateur. Voyageur nocturne au volant de ce vaisseau des routes hors d'état de rouler. Et ce n'est pas avec son emploi à la station-service d'une autoroute qu'il pourra se payer les réparations pour partir avec la belle des ateliers de Detroit...
Impressions
Qui est le personnage principal ? La Pontiac ou le narrateur ?
L'ambiance est curieuse. A la fois légère, presque poétique lors de ces voyages immobiles à bord de l'américaine. Et puis vraiment violente, noire, sanglante.
Cet homme est décalé, vit dans sa tête, regarde comme un observateur ses gestes et c'est terrifiant.
"Personne ne pourrait deviner combien de kilomètres j’ai accumulés comme ça, des kilomètres qui n’existent nulle part, juste derrière mes yeux, à travers des paysages que j’inventais au fur et à mesure. "




Le rythme est assez lent, l'écriture plutôt neutre, traitant de ce sujet très original d'une manière un peu molle. Le dernier tiers du roman accélère heureusement un peu, l'engrenage est bien huilé, et on est impatient d'en connaître le dénouement.

Roman énigmatique. Décalé. Sombre.

309: 'Au fond des bois' de Karin Slaughter

Genre : promenons nous à Macon (Georgie, Etats-Unis)

Histoire
Lena et son mari Jared sont tous les deux flics. Ils sont sauvagement agressés chez eux. Un des 2 agresseurs est tué par elle, l'autre épargné de peu d'un coup de marteau fatidique. Une enquête est lancée et très vite l'intrigue s'entremêle avec une seconde investigation, autour d'un réseau de proxénétisme, drogue et pédophilie...

Impressions
"Slaughter" signifie massacre, tuerie, abattage... Quel nom - surement un pseudo- pour une femme écrivant des thrillers assez sanglants !
C'est le premier roman de cette auteure que je lis, septième volume d'une série avec Will Trent comme héros récurrent. Je n'ai donc pas commencé par le premier opus, et c'est peut-être un tort.

Histoire de couples complexes, avec l'ex-mari flic de la médecin Sara mort en mission lors d'une intervention avec Lena, d'où des tensions fortes entre les protagonistes du roman.
On pédale un peu dans les liens entre eux, avec quelques personnages annexes comme la mère acariâtre de Jared, qui ne peut pas supporter l'épouse de son fils ...
En résumé les personnages présentent de l'épaisseur psychologique, pas toujours passionnantes mais présente.

La construction du thriller est plus intéressante. En parallèle du fil linéaire de l'enquête sur l'insaisissable Big Whitley, l'auteure nous distille en flash-back les épisodes de préparation et mise en œuvre de l'intervention musclée dans la maison du fond des bois. Cette structure donne un rythme soutenu au récit et le rend attrayant.

Les milieux policiers, des trafiquants et médical semblent être fort bien documentés. L'auteure en remercie d'ailleurs certains. Elle utilise par exemple cette compétition entre le Georgia Bureau of Investigation et la police locale pour ajouter du piment et des rebondissements.

Thriller efficace sur le sol américain. Du sang, de l'amour, des rebondissements, du suspense, les ingrédients sont de la partie et cela prend plutôt bien. Pas de grand message philosophique ou politique à attendre.

mardi 26 décembre 2017

308: 'Article 353' de Tanguy Viel

Genre : appartement avec vue sur mer bretonne

Histoire
Martial Kermeur explique son geste devant un juge d'instruction. Il est accusé d'avoir jeté à la mer le promoteur immobilier Antoine Lazenec.




Impressions
Plus qu'un face à face, c'est un roman confidence d'un accusé avec une écoute plutôt passive du juge, une séance de psy. Ce dernier prend la parole qu'à certains moments, la tension étant presque palpable.
"Peut-être même, la lumière, c'est vous, j'ai dit au juge, peut-être vous aimantez mes souvenirs et vous les faites tourner en moi comme des anneaux autour de Saturne."



Question fondamentale du doit-on se faire soi-même justice. Martial sali, volé, bafoué, ruiné, abandonné, une victime d'un homme malsain, immoral mais intouchable...

"Et quel cerveau......quel cerveau il nous faut, à nous autres les gens normaux, pour admettre qu’il existe sur terre une catégorie de personnes comme ça, dépourvues de cette chose que vous et moi, j’ai dit au juge, je suis sûr qu’on partage, quelque chose qui normalement nous empêche ou nous menace,quelque chose –une conscience peut-être, et qui naît assez vite pourvu qu’on ait dans la tête ce miroir mal fixé qui fait que même Adam s’est couvert d’une feuille de vigne, quelque chose qui nous entrave, oui, mais peut-être aussi, nous honore. Et le fait est que certains en sont dépourvus, de cette chose-là, comme d’autres naissent avec un bras en moins, certains naissent atrophiés de, je ne sais pas, de...
Et le juge a dit : D’humanité ? 
Oui, peut-être au fond c’est ça, d’humanité."

Les paroles sont justes, simples et elles peuvent peut-être changer le cours de l'avenir de l'inculpé...

Roman huit-clos récit-plaidoyer extrêmement bien construit. Histoire de vie bouleversante.

Les livres qui m'ont marqué... (pas tous chroniqués)

  • 'Beloved' & 'Jazz' de Toni Morrison
  • 'Charlotte' de David Foenkinos
  • 'Crime et châtiment' de Dostoievski
  • 'Kite runner' de Khaled Hosseini
  • 'La joueuse de go" de Shan Sa
  • 'Le quatrième mur' 'Profession du père' de Sorj Chalandon
  • 'Les enfants de Minuit' de Salman Rushdie
  • 'Sombre dimanche' & "L'art de perdre" d'Alice Zeniter
  • 'Sous le soleil des Scorta' et 'Eldorado' de Laurent Gaudé
  • "1984" de George Orwell
  • "Au Zénith" de Dong Thuong Huong
  • "Candide" de Voltaire
  • "En attendant Godot" de Samuel Beckett
  • "Fanrenheit 451" de Bradbury
  • "L'écume des jours" de Boris Vian
  • "L'insoutenable légéreté de l'être", de Milan Kundera
  • "L'œuvre au noir" de Marguerite Yourcenar
  • "L'ombre du vent" de Carlos Ruis Zafon
  • "La métamorphose" de Kafka
  • "La vie devant soi" de Romain Gary
  • "Le Hussard sur le toit" et "Les âmes fortes" de Jean Giono
  • "Le parfum" de Patrick Suskind
  • "Le Portrait de Dorian Gray" d'Oscar Wilde
  • "Le rouge et le noir" de Stendhal
  • "Les Cavaliers" de Joseph Kessel
  • "Les Déferlantes" de Claudie Gallay
  • "Les Raisins de la Colère" de John Steinbeck
  • "Malevil" de Robert Merle
  • "Mr Vertigo" de Paul Auster
  • "Sur la route" de Jack Kerouac
  • à suivre
  • L'univers de Haruki Murakami
  • Les contes d'Alessandra Barrico
  • Les polars de Fréd Vargas
  • Les romans de Sepulveda
  • Les romans de Yasunari Kawabata

Grand Canyon

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