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Liste par auteurs & titres dans Kronik list

samedi 20 septembre 2014

169: "L'Attrape-Coeurs' de J. D. Salinger

Genre : angoisse d'un adolescent marginal

Histoire
Trois jours de vie de Holden Caulfield, seul dans New York, après avoir été expulsé de l'université Pencey (école préparatoire).


Impressions
Plusieurs facteurs motivaient cette lecture:
  • Scandale des années 60 (parution en 1951) avec ses thèmes de la prostitution, du décrochage scolaire, de la perversité sexuelle, dans une Amérique bien-pensante,
  • Un roman qualifié de grand classique (d'ailleurs en rapport à des chroniques antérieures, cité par Pennac, adulé par Beigbeder),
  • Un roman américain innovant d'antihéros,
  • Et enfin un mythe de livre à controverses.

Sur ce dernier point, l'Attrape-cœurs a été placé sur la « Banned books list » (Liste des livres bannis, ou censurés) aux États-Unis du fait qu'il montre un mauvais exemple aux adolescents. En particulier l'assassin de John Lennon, Mark David Chapman, avait sur lui un exemplaire du roman avant de passer à l'acte.
De plus John Warnock Hinckley Jr., qui a tenté d'assassiner le président Ronald Reagan en mars 1981, avait aussi lu L'Attrape-cœurs dont on retrouva un exemplaire dans sa chambre d'hôtel.
Enfin, dans la série Esprits criminels, L'Attrape-cœurs est considéré comme un livre de références de certains tueurs en série.

Assez laborieux à lire, de par le style parlé, les répétitions, les expressions familières, j'ai parfois dû me forcer à poursuivre cette lecture. Je n'ai ressenti que peu d'empathie pour cet adolescent, mais plutôt de l'impatience et du malaise.

Mais en même temps, ce livre est poignant: c'est l'histoire d'un naufrage. L'angoisse monte, les envies de suicide affleurent, l'absurdité et le mal-être règnent. Et cette ritournelle obsessionnelle de la question sur le devenir des canards de Central Park lorsque le lac est pris par le gel ? 
Comme lui dit son ex-professeur Antolini: « Franchement je ne sais que diable te dire, Holden [...] J’ai l’impression que tu marches vers une sorte de terrible, terrible chute... ». La souffrance de l'adolescence ? Je n'espère pas à ce niveau pour mes enfants...

Encore des sentiments mitigés. Surement une référence à lire mais hélas plutôt une lecture laborieuse.

Je pense que j'ai eu tort de le lire en Français, car j'ai pu noter sur le Net que pour beaucoup le langage dans lequel ce roman est écrit constitue son point fort, sans doute son intérêt principal pour les lecteurs anglo-saxons...

mardi 2 septembre 2014

168: "Un roman français" de Frédéric Beigbeder

Genre : Beigbeder soft

Histoire
A 40 ans Beigdeber se retrouve en garde à vue suite à une prise de stupéfiants.
Privé de liberté de mouvement dans sa cellule sale et puante, il s'évade mentalement en contant sa biographie. Il tombe le masque de 'frimeur médiatique' pour aborder sa généalogie à particule, en passant par le divorce de ses parents à la question de son obsession d'être différent de son frère aîné qui baigne dans la réussite et la stabilité.




Impressions
Surprenant, très loin d'Octave et de ses excès. (même si cela commence justement par une scène où l'auteur vit une de ces nombreuses soirées trash, et même si subsistent quelques dérives et obsession des femmes dans cette histoire)

Cet auteur est incontestablement torturé, blessé, sensible, à propension narcissique aggravée (citant à de nombreuses reprises ses romans précédents.)
« Certes, ma vie n'est pas plus intéressante que la vôtre, mais elle ne l'est pas moins »

Sa dénonciation de l'univers carcéral et son enfance meurtrie par le divorce de ses parents sont des instants sincères et souvent émouvants.
Restent des calembours navrants
 « La ligne Maginot se révéla aussi peu fiable que la méthode Ogino »
et, comme conclu par une journaliste des Inrocks, un discours assez incohérent à l'image de ce personnage complètement schizophrène :
  • Il vient d'un milieu aristocratique mais joue le rebelle,
  • Il s'adonne aux plaisirs et dérives interdites puis s’étonne d’être arrêté, 
  • Il se dit français mais passe son temps à imiter les Américains, 
  • Il dit être blessé et sensible, mais n’a jusque-là écrit que des romans cyniques, 
  • Etc...
A noter.
Une polémique de censure de 3 pages existe autour de ce roman.  L'auteur aurait réduit son pamphlet contre Jean-Claude Marin, procureur de la République, accusé par l'auteur d'avoir arbitrairement prolongé sa garde-à-vue de 24 heures. Auto-censure ou républicaine ? Lui qui écrit:
«Vous m'avez déclaré la guerre, je ne serai jamais des vôtres »

Sentiments mitigés. Des passages émouvants, voire poétiques, et d'autres moins forts, voire énervants.
L'auteur est fan de Salinger et en particulier de son roman l' « L'attrape-cœurs ». Se serait-il identifié à Holden Caufield, le (anti-)héros de cette oeuvre polémique ? Coïncidence des lectures, je viens justement de finir ce roman que j'avais repéré dans la liste de 'Comme un roman' de Daniel Pennac.

mardi 26 août 2014

167: "L'angoisse du roi Salomon" d'Emile Ajar

Genre : l'angoisse du roi Ajar-Gary

Histoire
Jean, jeune chauffeur de taxi, rencontre M. Salomon, un roi du pantalon à la retraite, qui anime un standard SOS pour les désespérés. Mais M Salomon cache une angoisse que Jean va s'évertuer à faire disparaître.

Impressions
Dernier roman sous le pseudo d'Emile Ajar.
D'emblée, la gouaille de l'auteur met le sourire aux lèvres. Le narrateur naïf au cœur d'or, curieux d'apprendre, donne le 'la', avec un vocabulaire tout de même plus évolué que celui de Momo dans la 'Vie devant soi'. En effet, Jean est un accro du dictionnaire, autodidacte enthousiaste.

Auprès de Jean et de M. Salomon, tourne une ribambelle de personnages pittoresques, comme Chuck.
"Chuck dit qu'avec l'humour juif, on peut même se faire arracher les dents sans douleur, c'est pourquoi les meilleurs dentistes sont juifs en Amérique. Selon lui, l'humour anglais n'est pas mal non plus comme arme d'autodéfense, c'est ce qu'on appelle les armes froides. l'humour anglais vous permet de rester un gentleman même quand on vous coupe les bras et les jambes, et que tout ce qui reste de vous c'est un gentleman."   


Je pourrai multiplier sans fin les citations truculentes de ce roman. Sans doute un peu long, mais tellement riche.

Et pour finir par une note moins joyeuse, c'est un an avant son suicide en décembre 80 que ce livre est paru (1979). A une journaliste qui lui posait la question  : « Vieillir ? », Romain Gary répondit : « Catastrophe. Mais ça ne m'arrivera pas. Jamais. J'imagine que ce doit être une chose atroce, mais comme moi, je suis incapable de vieillir, j'ai fait un pacte avec ce monsieur là-haut, vous connaissez ? J'ai fait un pacte avec lui aux termes duquel je ne vieillirai jamais » 

Roman très humain, un conte optimiste face aux aléas de la vie, de la naissance et de l'Histoire avec un grand 'H", un message d'espoir pour résister au racisme, à l'indifférence vis à vis des laissés-pour-compte. Comment réagir face à la vieillesse, la recette de M. Ajar est moins réjouissante...

mercredi 20 août 2014

166: "La première chose qu'on regarde" de Grégoire Delacourt

Genre : peut-on lutter contre les apparences ?

Histoire
Arthur Dreyfuss, avec 2 's' à la fin, est garagiste, fasciné par les seins.
Débarque à sa porte la vedette Scarlett Johansson, plutôt gâtée par la nature en ce qui concerne la première chose qu'Arthur regarde...




Impressions
Premier roman de M Delacourt que je lis, à défaut d'avoir pu emprunter son best-seller 'La liste de mes envies' qui n'était pas disponible à la bibliothèque.
Critique du vedettariat, naissance de l'amour, réflexion sur les apparences...
Mais c'est assez décousu, avec un style très inégal et, avec du recul, je trouve l'exploitation de la question du vedettariat inaboutie, sans doute en grande partie car ce n'est pas la vraie Scarlett qui débarque et que cela bascule sur un autre thème. Reste que ces 2 personnages cabossés par la vie, tous les deux souffrant d'absences, sont attachants.
En bref, très mitigé.

Pas la première chose qu'on a à lire.

dimanche 17 août 2014

165: "Un long dimanche de fiançailles" de Sébastien Japrisot

Genre : amour des tranchées

Histoire
Cinq soldats français de la drôle de guerre, condamnés à mort en conseil de guerre, sont emmenés dans les tranchées pilonnées de la Somme. Parmi eux, Jean Etchevery ou Manech, 19 ans. C'est le fiancé de Mathilde, une fille paralysée, qui remuera ciel et terre -ou plutôt ciel et boue- pour le retrouver.

Impressions
3 romans en un:
- un roman sur la guerre. Un témoignage sur ses horreurs, son absurdité, sa barbarie.
- une enquête policière, avec ses appels à témoignage, ses impasses, les secrets qui se dévoilent progressivement
- un livre sur la fidélité et l'amour éperdu.

Jamais mièvre, sensible, riche d'un panel étoffé de personnages.

Une belle histoire avec une héroïne obstinée,romanesque.

Adapté au cinéma, avec Audrey Tautou héroïne

mardi 12 août 2014

164: "Salut Marie" d'Antoine Sénanque

Genre : roman plein de 'grâce'

Histoire

La Vierge apparait le 1er avril 2008 au narrateur, Pierre, vétérinaire, 51 ans, veuf, catholique non pratiquant.
"- Je pense qu'il y a erreur sur la personne...
 - Alors c'est simple, il suffit de négliger."
Mais
"Je ne peux pas l'effacer d'un revers de conscience. La question est de savoir comment l'extraire de ma pensée puisqu'elle me trouble."


Impressions

C'est d'abord un livre sur-réaliste aux allures humoristiques, tendance caustique, le ton étant surtout donné par le caractère désabusé et morose du narrateur. 
"- Tu vas aller à Lourdes ?
- Oui.
- Rapporte de l’eau. Pour mes plantes."


Les traits des amis Tû Minh et Félix ainsi que des membres de la famille de Pierre sont assez caricaturaux,
 Son frère Simon est un cardiologue blagueur qui a "un bon fond, expression consacrée pour dire que la forme laisse terriblement à désirer"
Sa belle-soeur, Solange est une militante écolo barbante qui a baptisé son teckel O2. 
Tû Minh, un confrère laconique et bouddhiste, est réputé pour son traitement par acupuncture des hamsters agités et ses travaux sur les moucherons suicidaires.
Félix, un patron de bistrot jovial, boit à longueur de journée avec ses copains au lieu de servir ses clients
Le père Baugin est fan de Marylin Monroe...

 et propices à des digressions aussi variées que le jugement des personnes "équipées" 
"Mon frère pratique le vélo avec un gilet phosphorescent, un casque en caoutchouc noir et un masque filtrant. […] Et plus généralement, je ne suis pas en phase avec les gens équipés. […] Il y a dans l'équipement une volonté de nuire."
ou des analyses loufoques à l'image de son ami Tû qui procède à des "[…] mises en relation lointaines, comme la mort de ma femme et la technique d'accouplement de deux punaises d'eau douce."

En parallèle des situations et des réactions souvent cocasses provoquées par cette (ces) apparition(s), ce roman aborde des sujets plus profonds,
comme le deuil,
"Je n'ai aimé qu'une personne sans avoir peur, ni de la séparation car elle était impossible, ni de la mort car j'étais sûr de mourir avant elle."
"Au cimetière, j'étais mort. Plus qu'elle. C'était injuste d'ailleurs cette cérémonie, ces honneurs pour elle, et pour moi, rien."
La mort, la religion, la foi, les relations avec son père âgé et malade, l'amour...

Comique, loufoque, et en même temps profondément humain. Vite lu et sympathique.

5ième roman d'Antoine Sénanque, pseudonyme d'un neurologue 
A lire un récit sur la médecine, Blouse. 

163: "Comme un roman" de Daniel Pennac

Genre : essai pédagogique sur la lecture


Histoire

Essai en quatre parties en hymne à la lecture, à la désacralisation du 'Il faut lire', et au contraire à l'invitation au plaisir.


Impressions

Un "presque-roman" sur la lecture écrit par un amoureux des livres ne peut que déclencher un fort engouement pour un blog consacré à ce même sujet !
Je ne suis pas à même de juger de l'état des lieux assez pessimiste décrit par l'auteur sur la lecture en France, mais je partage un grand nombre d'observations.

"Pas de télévision, mais piano de cinq à six, guitare de six à sept, danse le mercredi, judo, tennis, escrime le samedi, ski de fond dès les premiers flocons, stage de voile dès les premiers rayons, poterie les jours de pluie, voyage en Angleterre, gymnastique rythmique..."

Les personnages et les situations de ce récit étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite...

"Quand un être cher nous donne un livre à lire, c'est lui que nous cherchons d'abord dans les lignes, ses goûts, les raisons qui l'ont poussé à flanquer ce bouquin entre les mains, les signes d'une fraternité. Puis le texte nous emporte et nous oublions celui qui nous y a plongé; c'est toute la puissance d'une œuvre, justement, que de balayer aussi cette contingence-là !"


Hymne à la lecture. Mode d'emploi pour aimer lire. Extra. A mettre entre toutes les mains !

En bonus, une liste d'ouvrages cités dans cet essai:

  1. "Anna Karenine", "Les Cosaques", "Guerre et Paix" de Léon Tolstoï
  2. "Les Pensées" de Pascal
  3. "Les Contes du chat perché " de Marcel Aymé
  4. "Une ridicule histoire", "L'idiot", "Les possédés", " Les nuits blanches"  de Dostoievski
  5. "La princesse de Clèves"  de Mme de La Fayette
  6. "Voyage au bout de la nuit" de Céline
  7. "La Conscience de Zeno" d'Italo Svevo
  8. "Chronique d'une mort annoncée", "Cent ans de solitude" de Gabriel García Márquez
  9. "La vie devant soi" de Romain Gary
  10. "Le vicomte pourfendu" d'Italo Calvino
  11. "Docteur jekyll et mister Hyde" de Robert Louis Stevenson 
  12. "Le portrait de Dorian Gray" d'Oscar Wilde
  13. "La légende" de Gosta Berling
  14. "L'attrape-cœurs" de Salinger
  15. "L'habitude d'être" de Flannery O Connor
  16. "Moby Dick" de Melville
  17. "Petersbourg" d'Andrei Bielyi
  18. "Ulysse" de James Joyce
  19. "Au dessus du volcan" de Malcolm Lowry
  20. "Docteur Jivago" de Boris Pasternak
  21. "Madame Bovary"  de Flaubert
  22. "Le Christ" de Carlo Lévis
  23. "L'espèce humaine" de Robert Antelme
  24. "Manuscrit trouvé à Saragosse" de Jean Potocki
  25. "La Conjuration des imbéciles" de John Kennedy Toole
  26. "Les Trois Mousquetaires" d'Alexandre Dumas
  27. "Jules et Jim" de Henri-Pierre Roché
  28. "Charlie et la Chocolaterie" de Roald Dahl
  29. "Le Prince de Motordu" de Pef, 
  30. "La reine des pommes" de Chester Himes
  31. "Le parfum" de Patrick Suskind
  32. "Mon chien stupide" de John Fante
  33. "La mousson" de Louis Bromfield
De nombreux auteurs comme Mallarmé, Montaigne, Ferdydurke



En prime, quelques références de livres se déroulant au Moyen-Age (glanées à l'Abbaye de Thoronet):
  • "Calligraphie" de Jane Sullivan
  • "La révolution des templiers" de Simonetta Cerrini
  • "La poudre des rois" de Thierry Mangenest
  • "Iacobus" de Marilde Asensi
  • "L'anneau du Pêcheur" de Jean Raspail

Les livres qui m'ont marqué... (pas tous chroniqués)

  • 'Beloved' & 'Jazz' de Toni Morrison
  • 'Charlotte' de David Foenkinos
  • 'Crime et châtiment' de Dostoievski
  • 'Kite runner' de Khaled Hosseini
  • 'La joueuse de go" de Shan Sa
  • 'Le quatrième mur' 'Profession du père' de Sorj Chalandon
  • 'Les enfants de Minuit' de Salman Rushdie
  • 'Sombre dimanche' & "L'art de perdre" d'Alice Zeniter
  • 'Sous le soleil des Scorta' et 'Eldorado' de Laurent Gaudé
  • "1984" de George Orwell
  • "Au Zénith" de Dong Thuong Huong
  • "Candide" de Voltaire
  • "En attendant Godot" de Samuel Beckett
  • "Fanrenheit 451" de Bradbury
  • "L'écume des jours" de Boris Vian
  • "L'insoutenable légéreté de l'être", de Milan Kundera
  • "L'œuvre au noir" de Marguerite Yourcenar
  • "L'ombre du vent" de Carlos Ruis Zafon
  • "La métamorphose" de Kafka
  • "La vie devant soi" de Romain Gary
  • "Le Hussard sur le toit" et "Les âmes fortes" de Jean Giono
  • "Le parfum" de Patrick Suskind
  • "Le Portrait de Dorian Gray" d'Oscar Wilde
  • "Le rouge et le noir" de Stendhal
  • "Les Cavaliers" de Joseph Kessel
  • "Les Déferlantes" de Claudie Gallay
  • "Les Raisins de la Colère" de John Steinbeck
  • "Malevil" de Robert Merle
  • "Mr Vertigo" de Paul Auster
  • "Sur la route" de Jack Kerouac
  • à suivre
  • L'univers de Haruki Murakami
  • Les contes d'Alessandra Barrico
  • Les polars de Fréd Vargas
  • Les romans de Sepulveda
  • Les romans de Yasunari Kawabata

Grand Canyon

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