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Liste par auteurs & titres dans Kronik list

samedi 14 avril 2018

319: 'Fils du feu' de Guy Boley

Genre : témoignage des années qui passent

Histoire
Récit d'une enfance à un temps révolu, celui des trente glorieuses, des locomotives à vapeur, de la lessive à la main, des forges..

Impressions
L'écriture est très belle, ciselée. Un délice de lecteur, les phrases sont soignées, subtiles. Tendresse, folie, humour, 
Une lecture à déguster, à ne pas précipiter.
Quelle description flamboyante du travail des forgerons, ou encore du 14 juillet !

"Le printemps cette année- là, allez savoir pourquoi, s'était pris pour un 14 juillet, avait allumé tous les pétards et les feux d'artifice enfantés par une sève explosive, et du petit brin d'herbe jusqu'au faîte des arbres, ça claquait de partout : feuilles, fleurs, rameaux, étamines, tiges, hampes, bourgeons, pétales, pistils, brûlaient autant qu'un fer rougi à blanc, projetant autour d'eux des bouquets chatoyants; les arbres fruitiers, devançant les figures de carnaval, se maquillaient déjà de couleurs arrogantes; les arbustes dégoulinaient de guirlandes roses, fuchsia, mauves ou violettes; et la végétation qui rampait encore, à cette époque, aux portes de la ville, éclaboussait les pierres gris bleu des maisons et ornait leurs façades de flaques fauves tandis qu'un soleil en herbe piquait leurs toits de pointes impressionnistes."


Une enfance marquée par le deuil, l'inconsolable voisine Marguerite-des-oiseaux, de la perte brutale du petit frère, la mort que ces mères nient.
Un refuge dans la peinture et une vie assez solitaire.

" je sais désormais que toute ma vie durant, toute ma vie de peintre, je ‘ai rien fait d'autre, absolument rien fait d'autre, artistiquement parlant, que de peindre cela : la mort de Norbert, le chagrin de papa, la folie de maman, la forge en feu, les grenouilles mortes, le dépôt, les cheminots, tout ce passé, tous ces dieux fous qui grouillaient et grouillent encore en moi ; et surtout, lumière d'entre les lumières qui dans ces amas d'ombres illumine ou éclabousse chaque toile : l'absence de Norbert."

Plongée Immersion dans un monde disparu servie par une très belle et sensible écriture.

Quelques définitions de mot rencontrés dans ce roman


Anachorète

 (du grec ancien : ἀναχωρητής, anachōrētḗs, « qui s'est retiré du monde »):
Personne qui s'est retirée de la société séculière pour des raisons religieuses, afin de mener une vie ascétique consacrée à la prière et à l'Eucharistie.

Hiérophantes
Prêtre qui présidait aux mystères d'Éleusis et instruisait les initiés.

Hongroyer (h aspiré) \ɔ̃.ɡʁwa.je\ 
transitif 1er groupe (conjugaison)Méthode particulière de préparer les cuirs, qui consiste entre autre à les graisser au suif et à les passer en étuve. On obtient ainsi du cuir de Hongrie, apte à faire des courroies.

mardi 10 avril 2018

318: "Tokyo vice" de Jake Adelstein

Genre : Nuits interlopes tokyoïtes

Histoire
Chronique d'une histoire vraie: un américain réussit après ses études au Japon à intégrer Yomiuri Shinbun, l’un des plus grands quotidiens japonais. Il devient expert en investigation dans les affaires criminelles et de mœurs à Tokyo, et s'intéresse peu à peu au monde des yakuzas...

Impressions
L'écriture est sans relief, de style journalistique, mais quel vécu incroyable ! C'est plus une chronique qu'un roman ou polar. 'Creative fiction' selon les américains. L'histoire d'un jeu avec le feu d'un journaliste gaijin** dans le monde des yakuzas...

Le début est particulièrement attrayant par son aspect de parcours initiatique d'un jeune américain juif et naïf, aux codes très nombreux du monde du travail (journalistes, polices, clubs) et de la société.

Le rythme est un peu moins soutenu ensuite jusqu'à ce que Jake devienne un familier des policiers et yakuzas et permette ainsi de pénétrer dans cet univers secret.

"Parfois, dans la montagne, les animaux finissent par dessiner un sentier à force d’emprunter toujours le même chemin. Si tu ne le sais pas, tu es tenté de croire qu’il a été tracé par des hommes – parce que ça en a l’air. Si tu suis ce chemin, le sentier des bêtes, tu n’aboutiras nulle part. Les gens se perdent dans la nature, ils s’enfoncent de plus en plus et finissent complètement perdus. Parfois ils ne peuvent plus faire demi-tour et ils meurent. Cette voie n’est pas faite pour les hommes, c’est un détour mortel. Es-tu sûr de vouloir t’y aventurer ? Car cela ne te mènera pas là où tu veux aller."

Apparemment ce livre n'a jamais été édité au Japon... Les éditeurs ont trop peur des suites possible ...

Découverte très intéressante d'un versant bien peu connu de la société japonaise. Plongée dans les bas-fonds. Thanks to Jean-Luc !

** Gaikokujin (« étranger » lit. « personne d'un pays extérieur ») ou simplement gaijin (litt. « personne de l'extérieur ») sont des termes japonais utilisés pour désigner les étrangers au Japon

dimanche 25 mars 2018

317: "Ultime partie" de Marc Dugain

Genre : échec et mat politique

Histoire
Face à face final entre le président Philippe Launay et son premier ministre Lukiak.
Dernier volet de la trilogie de fiction politique française de Marc Dugain.
Impressions
On retrouve les titans politiques, le maître corse de la DGSI, l'espionne Lorraine qui se sent menacée, et Terence ce journaliste d'investigation intègre et sans peur...
Et ce jeu des ressemblances... Arlena/Areva , le Mouvement Patriote/le Front National , Blandine Habber/Anne Lauvergeon , Volone/Proglio , Corti/Squarcini , Aroubi/Alex Djouri...

"L’exception française, ce qu’on passe beaucoup plus de temps que nos contemporains à se demander pourquoi on vit, ce qui fait nous lever le matin. Le grand frisson de la réussite libérale n’est à mon avis pas le plus partagé. Ce qu’on aime, c’est un confort financier, intellectuel et moral, on oscille entre matérialisme et culture."

Roman bien rythmé (parfois cela semble un peu bâclé), habile, agrémenté d'un suspens croissant. Ce dernier tome est plus réussi que le précédent.

Dernier tome au paroxysme du cynisme et du machiavélisme.

samedi 24 mars 2018

316: "Petit Pays" de Gaël Faye


Genre : l'innocence de l'enfance face aux folies barbares des hommes

Histoire
Gaby vit dans le cocon d'une impasse d'un quartier d'expatriés au Burundi. Son père est un entrepreneur français, sa mère une rwandaise, d'origine tutsie.
Sa bande de copain se croît à l'abri des violences de guerres civiles. Mais la haine gronde et ce 'Petit Pays' va connaître les tourments de l'Histoire.



Impressions
Roman très court, marqué par cette innocence qui se fêle petit à petit de ces gamins insouciants.
Le génocide rwandais qui contamine ensuite le Burundi est décrit sans complaisance à travers les yeux de cet enfant 'métisse', qui se réfugie dans la lecture des romans prêtés par la vieille dame grecque.
L'écriture est efficace, fluide.
Un très bon premier roman autobiographique.

Un roman sur le deuil de l'enfance. Témoignage en finesse de la brutalité.

vendredi 9 mars 2018

315: 'Anguille sous roche' de Ali Zamir

Genre : lecture liquéfiante à bout de souffle

Histoire
Anguille se noie et dans ses derniers souffles raconte sa vie d'habitante d'une petite île de l'océan indien, l'île d'Anjouan.




Impressions
Format d'écriture très marqué, seules des virgules ponctuent ce récit, au risque de noyer le lecteur dans ce flot logorrhéique...

Et en effet j'ai dû pas mal lutter pour aller jusqu'au bout de ce roman, me rattrapant sur  les égarements de la narratrice, les jolis passages de philosophies, l'évocation des cultures locales, de l'exil des comoriens vers Mayotte...
C'est en cela un roman clivant. Si on réussit à prendre son souffle, on peut se laisser emporter par cette vague de mots d'une forte gouaille.

Reste que l'histoire n'est pas originale...

Alors pourquoi cet encensement, 'Un premier roman impressionnant de maîtrise.' [Télérama], l'attribution du prix Senghor 2016 du premier roman francophone et francophile 
C'est cette narration en urgence qui donne de la force à ce roman, un récit en mouvement désespéré de la noyade ? L'évocation du drame des naufragés ? Ce mélange de gouaille et poésie ?
Au final, un avis mitigé... 

Narration intrigante, avis entre deux eaux...

samedi 17 février 2018

314: ' Quinquennat' de Marc Dugain

Genre : Petites arrangements entre ennemis

Histoire
Philippe Launay va devenir président de la république Française. Mais il est bien seul, dans son entourage politique mais aussi à la maison...



Impressions
Lutte sans merci entre Launay et son rival Lubiak, l'auteur nous plonge dans ces luttes entre cadors politiques, services de renseignement.
2 personnages, en contre-pouvoirs bien fragiles, font naître de l'empathie: Lorraine prisonnière de son statut d'agent de la DGSI mais qui en sait trop, et Terence Absalon le journaliste investigateur investi d'une mission sacerdotale de recherche de la vérité. Tous les deux voient leurs jours comptés...

"La politique est de plus en plus un cabinet d'aisances où se pratique l'incontinence verbale sans pudeur."

"Un autre phénomène nous paraît également prégnant. C'est celui du fossé entre le pays profond et ses élites, en particulier politiques, qui ajoutent à une attitude constante de suffisance un goût pour l'argent qui va jusqu'à la prévarication sur des montants considérables avec un sentiment d'impunité rare dans une démocratie de cette importance."

Fort cynique et négatif.
Sans doute un peu trop, le récit souffre d'une sorte d'acharnement qui devient répétitif.
J'espère le troisième acte plus punchy et avec un zest d'espoir dans ce monde pourri...

2ième acte de cette fiction politico-industrialo-espionnage. Moins trépidant à mon goût que le premier...

dimanche 4 février 2018

313: 'L'emprise' de Marc Dugain

Genre : liaisons dangereuses en politique

Histoire
Philippe Launay est un centriste donné gagnant à la prochaine élection présidentielle par les sondages. Mais à quel prix ?

Impressions
Plongée dans le marigot du monde politique qui vise à tout prix le pouvoir. Ses  petits arrangements nauséabonds avec les patrons industriels et les services secrets. Pouvoir, chantages, fric, sexe, corruption, ...

"Nous sommes entrés depuis plusieurs années dans le règne de l'impuissance publique.
L'Europe qui devrait prendre ses ordres chez son peuple, n'est inféodée qu'aux groupes de pression qui siègent à Bruxelles avec plus d'assiduité que les députés élus. La corruption, les ententes, les amitiés troubles y sont généralisées, mais le politiquement correct interdit de le dire ouvertement."

Plusieurs pôles d'influence se côtoient et se croisent, amenant de la complexité et du rythme à ce roman. Les chapitres sont courts, l'écriture est simple mais soignée et efficace.

Evidemment la ressemblance avec l'actualité de la politique française donne à réfléchir. On peut imaginer hélas que cette peinture sans concession est proche de la réalité.  De nombreux grands sujets de notre société sont abordés: mondialisation, la sur-communication, la financiarisation, la généralisation du 'flicage' des individus, le manque d'esprit critique des électeurs...  Mais le format court et la part importante accordée à l'intrigue ne permettent de pas développer ces thèmes  majeurs avec profondeur.
Ce roman relève pour moi plus de la simple dénonciation des arcanes du monde politico-industriel souffrant d'une gangrène mafieuse et d'un bon moment de lecture. Ce roman avait été initialement un projet de scénario de film qui a été refusé par les producteurs car trop corrosif ('Arlena' et 'Areva' par exemple...). Une adaptation en téléfilm est actuellement discutée avec Arte.

Bonne fiction politico-industrialo-espionnage. Fiction ?
Premier tome d'une trilogie.

Les livres qui m'ont marqué... (pas tous chroniqués)

  • 'Beloved' & 'Jazz' de Toni Morrison
  • 'Charlotte' de David Foenkinos
  • 'Crime et châtiment' de Dostoievski
  • 'Kite runner' de Khaled Hosseini
  • 'La joueuse de go" de Shan Sa
  • 'Le quatrième mur' 'Profession du père' de Sorj Chalandon
  • 'Les enfants de Minuit' de Salman Rushdie
  • 'Sombre dimanche' & "L'art de perdre" d'Alice Zeniter
  • 'Sous le soleil des Scorta' et 'Eldorado' de Laurent Gaudé
  • "1984" de George Orwell
  • "Au Zénith" de Dong Thuong Huong
  • "Candide" de Voltaire
  • "En attendant Godot" de Samuel Beckett
  • "Fanrenheit 451" de Bradbury
  • "L'écume des jours" de Boris Vian
  • "L'insoutenable légéreté de l'être", de Milan Kundera
  • "L'œuvre au noir" de Marguerite Yourcenar
  • "L'ombre du vent" de Carlos Ruis Zafon
  • "La métamorphose" de Kafka
  • "La vie devant soi" de Romain Gary
  • "Le Hussard sur le toit" et "Les âmes fortes" de Jean Giono
  • "Le parfum" de Patrick Suskind
  • "Le Portrait de Dorian Gray" d'Oscar Wilde
  • "Le rouge et le noir" de Stendhal
  • "Les Cavaliers" de Joseph Kessel
  • "Les Déferlantes" de Claudie Gallay
  • "Les Raisins de la Colère" de John Steinbeck
  • "Malevil" de Robert Merle
  • "Mr Vertigo" de Paul Auster
  • "Sur la route" de Jack Kerouac
  • à suivre
  • L'univers de Haruki Murakami
  • Les contes d'Alessandra Barrico
  • Les polars de Fréd Vargas
  • Les romans de Sepulveda
  • Les romans de Yasunari Kawabata

Grand Canyon

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