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Liste par auteurs & titres dans Kronik list

mercredi 13 mars 2013

117: "Katiba" de Jean-Christophe Ruffin



Genre : thriller chez les fondamentalistes de tous bords


Histoire

L'assassinat d'occidentaux dans le Sahara est revendiqué par une organisation terroriste qui se réclame de la mouvance d'Al-Qaida au Maghreb. Une agence de sécurité privée, Providence,  est payée par les américains pour surveiller des jeunes médecins de l'hôpital de Nouakchott, la capitale de la Mauritanie. C'est justement dans ce pays que Jasmine, une jeune fonctionnaire chargée du Protocole au Quai d'Oray, a vécu avec son mari décédé.
Sur fond de décor occidental -États-Unis, France- et de zone désertique saharienne -Mali, Algérie, Mauritanie, Soudan, Niger- un sac de nœuds va petit à petit se démêler enivré par le parfum de la mystérieuse Jasmine...  

WIKIPEDIA:
"La Katiba est une unité principale de l'ALN (branche armée du FLN) pendant la guerre d'Algérie équivalent d'une compagnie légère, qui peut atteindre cent hommes, ou la section, d'une trentaine d'hommes. L'action offensive exige de la Katiba (ou la section) qu'elle se déplace clandestinement, et rapidement, d'un point à un autre, aussi éloignée que possible. L'unité de l'ALN pratique l'effet de surprise. Les marches se font, pour une bonne part, de nuit."


Impressions

Un roman thriller fort bien ficelé, très accrocheur. Cependant l'écriture est simple voire trop commune, et surtout les personnages ne sont pas particulièrement attachants ni profonds. Mais la brièveté des scènes brèves, la diversité des  personnages et des lieux, cette icône féminine Janus entre l'Occident et les fondamentalistes font de ce roman un ouvrage haletant.

Un roman très actuel à la construction habile qui tient en haleine le lecteur. A lire.

dimanche 10 mars 2013

116: 'Les Souvenirs' de David Foenkinos

Genre : la vie quotidienne et son flot de réminiscences

Histoire

Le héros-narrateur a trouvé un emploi de veilleur de nuit d'un hôtel parisien pour 'la nuit' afin de 'réunir les conditions idéales pour laisser apparaître le génie fatigué qui sommeillait en" lui. Car il rêve de devenir écrivain.
Mais l'inspiration est en panne, et son quotidien créateur est occupé par sa grand-mère aimée qui renâcle à partir (et rester !...) en maison de retraite et par ses parents qui se disputent.
Et tandis que les jours s'écoulent, les souvenirs s'égrènent...

"Les souvenirs sont une espèce de point d'arrivée; et peut-être sont-ils aussi la seule chose qui nous appartient vraiment"
Citation du roman qui cite Marcello Mastroianni (chapitre 48).


Impressions

L'écriture est d'abord légère et teintée d'humour, avec des scènes et des souvenirs parfois comiques. (Le souvenir du peintre du tableau hideux représentant une vache est savoureux !)
Mais c'est aussi un livre qui traite avec sensibilité des thèmes graves comme la mort, la dépression, la séparation des couples, le manque d'affection.
Cette construction qui alterne les scènes du quotidien du narrateur et les souvenirs qui affluent apporte une ossature qui permet d'équilibrer les parties sombres et légères. Ces brèves évocations, drôles ou touchantes, de Fitzgerald, Gainsbourg, Gaudi, Kawabata évoquent souvent la mémoire et l'oubli. A noter que l'auteur n'a pas omis de citer 'Les belles endormies' de Kawabata, passage obligé pour un roman sur le souvenir. 

Bravo, un livre nettement plus profond que la Délicatesse. Une lecture que je recommande chaudement !

mardi 5 mars 2013

115: 'Rouge argile' de Virginie Ollagnier



Genre : Sherifa, Rosa, Egon, Mehdi, Suzanne, racines et destins


Histoire

Rosa, parisienne mère de 2 enfants déjà grands et épouse d'un haut fonctionnaire, atterrit au Maroc. Elle vient régler les questions d'héritage, suite à la mort de son beau-père Egon, l'Allemand-juif réfugié à Sherifa, son second père. Un retour au source qui déroule les pages du passé alors que le fantôme d'Egon veille et guide. Un séjour qui dévoile les secrets de famille et en écho ouvre les yeux de Rosa sur son quotidien et son choix de vie.


Impressions

C'est d'abord l'impression d'un énième roman de retour aux sources, avec son flux de souvenirs réveillés par les objets ou lieux anciennement familiers, ou par les conversations avec la vieille nourrice ou la marraine excentrique.
Mais heureusement, s'imbriquent au récit du quotidien de Rosa les paroles du fantôme qui retrace son destin plutôt original marqué par les pages de la grande Histoire.
Et pour apporter un peu de piment, s'ajoute l'enquête sur cette Suzanne inconnue, la boîte de Pandore.

Un livre sensible, touchant, aux personnages terriblement humains.
Un roman sur l'enchainement au destin face à l'enchainement des destins, sur les racines et l'enracinement.

jeudi 21 février 2013

114: "Kafka sur le rivage" de Haruki Murakami


Genre : limbes murakamiennes

Histoire

Nakata, un vieil homme aime "être dehors sous le ciel et parler aux chats', vit comme un 'idiot' depuis un accident vécu à ses neuf ans, et espère que le préfet "continuera à verser sa panse-ion" pour subvenir à ses modestes besoins. Mais un événement énigmatique le pousse à quitter sa banlieue de Tokyo.
Kafka Kamura, un adolescent de quinze ans, fugue le domicile paternel pour échapper à une malédiction.
Leurs pas se croiseront-ils ?



Impressions

Deux destins, deux générations se meuvent dans un univers parallèle, presque extra-terrestre. D'ailleurs de quelle planète vient Murakami ? Car à nouveau, un univers magique et parallèle se dessine; trésor d'imaginations, événements surnaturels, personnages magnétiques, références littéraires, nostalgie de amours perdues, quête dérisoire et fragile... 

Une fois de plus la magie de Murakami m'a profondément envouté. Je ne réussis plus à être critique, je suis hypnotisé, je vais devoir suivre une cure de désintoxication.
Un très grand livre.


mercredi 9 janvier 2013

113: "L'embrasure" de Douna Loup

Genre : liberté des 5 sens


Histoire

Un homme vit seul, travaille à l'usine pour gagner sa croûte et connait ses seuls instants de plaisir dans la chasse, ces traques où il communie avec la faune et la flore des sous-bois. Dans ces forêts, lui et un compagnon de chasse découvre un cadavre accompagné de mystérieux carnets...

"La forêt est grande, profonde, vibrante et vivifiante. Elle est quelque chose comme une femme qui voudrait l'homme sans lui dire."
(Premières phrases).

Impressions

L'écriture est soignée, dense, et terriblement sensuelle, tant au niveau des 5 sens que de son érotisme. L'auteure nous plonge dans l'humidité des branches, "les traces, les passages du gibier et la fraîcheur d'une pisse", le chant des "oiseaux qui paillent". Ce rapport sensuel entre la nature et le narrateur se trouve naturellement transposé quand il fait l'amour avec Eva dont le "corps est une eau débordante, une eau qui vient à ma rencontre".

Mais ces relations humaines intenses sont empreintes de retenue, de réserve, telles deux bêtes sauvages se toisant. Car les 2 personnages principaux de ce roman, le narrateur et Eva ont en commun un passé douloureux endeuillé qui les a rendu craintifs vis à vis des autres, réfugiés dans la solitude et farouchement attaché à leur liberté.
"Je veux être libre avec la conviction, être libre dans la montée des jours à l'horizon."

Le passé du narrateur reste énigmatique, laissant potentiellement sur sa faim le lecteur. C'est plus un sentiment de tristesse qui m'a accompagné à la fermeture du livre, et la sensation d'un fragile équilibre face au dénouement.

Beau roman intense, éloge à la nature, qui m'a troublé


Commentaire remarquable trouvé sur le Net:
Un roman comme trois coup frappés sur une scène en clair-obscur. Un homme fœtal, le corps d'un mystique et une femme maïeutique. Le décor, un dédale organique de forêt et de ville où peu à peu se dessinent les lignes de forces et les points de leviers d'un devenir.
L'écriture a quelque chose de radical, de dense. Comme un big bang dans cette densité de la langue. Une vraie découverte.

lundi 7 janvier 2013

111: "Trois médecins" de Martin Winkler

Genre : mousquetaires de la médecine

Histoire

Un amphithéâtre de faculté de médecine se remplit petit à petit en attendant l'intervention de Bruno Sachs. Par flash-back et voix multiples interposés, l'auteur narre les sept années de formation à la fois scientifique mais aussi humaine de quatre amis.

Impressions

La construction de ce roman épais est au premier abord assez déroutante, avec ses 3 volets narratifs. Le présent d'abord où monsieur Nestor décrit l'auditoire qui peuple progressivement les bancs de l’amphithéâtre. Puis les années de médecine de PCELM1 à la thèse, racontés par plusieurs voix et donc selon différents angles de vue. Et enfin des inserts, parfois extraits d'ouvrages scientifiques ou des témoignages.

Et puis je me suis laissé embarquer par ces personnages singuliers et sympathiques que constituent le héros Bruno Sachs et ses 3 amis, les 3 Zouaves, qui vivent des histoires d'amitié, d'amour et de combats pour plus d'humanité.
Car c'est là le sujet cœur de cet ouvrage. La dénonciation des mandarinats, des luttes de pouvoir, entre d'un côté les anticonformiste et partisans de l'IVG et d'une nouvelle médecine plus proche des malades et de l'autre côté les médecins surs de leur pouvoir.
La vie et la souffrance des autres au cœur des préoccupations des médecins.

La faiblesse de cet exposé réside dans son caractère manichéen trop simpliste, les bons contre les méchants, les innocents contre les puissants. Ces personnages stéréotypés lassent parfois et peuvent agacer à la longue.

En dépit de ce défaut, j'ai plané dans le tourbillon de cette histoire polyphonique rythmée, vivante, humaniste et cette description du panorama de la médecine et de son étude dans les années 70 m'a fortement intéressé. Et puis, pour lier la sauce de ce pavé, en fil conducteur, l'auteur s'inspire des 3 Mousquetaires, l'affaire du stylo n'étant pas sans rappeler celle des ferrets en Angleterre.

Un roman très instructif et attachant, entre rires et larmes, espoir et découragements.

Lectures conseillées par Pierre:
De Jean-Christophe RUFIN,  "Katiba" et "Le Grand Coeur"
D'Antoine Varenne, "Le Mur, le Kabyle et le Marin", un polar noir.

112: "L'Hypnotiseur" de Lars Kepler

Genre : hypnotique



Histoire

Depuis dix ans, le psychiatre Erik Maria Bark a abandonné  ses activités de recherche et de soin faisant usage de l'hypnose. Un drame (je laisse les lecteurs découvrir) l'a amené à promettre à ne plus pratiquer cette technique. Mais voilà, qu'un besoin urgent se manifeste: il s'agit d'interroger un témoin grièvement blessé et en état de choc afin d'obtenir des informations qui pourraient aider à sauver une personne menacée par un assassin...

 
Impressions

Efficace, très intelligent, l'intrigue est particulièrement bien construite avec cette double enquête, suivie séparément par la police et un parent des victimes qui est flic à la retraite, et cet enchevêtrement de fausses pistes. Le cocktail d'un bon polar est là.
Reste que j'ai préféré Millénium, les personnages de l'Hypnotiseur manquant de développement psychologique et donc d'épaisseur. En revanche le personnage Josef Ek est particulièrement réussi, transpirant la violence et la perversion à l'état pur.

Certains passages sont vraiment prenants, et j'avoue avoir eu les pires difficultés à m'échapper de ce roman dans les 150 dernières pages. Etais-je alors sous l'hypnose de cet auteur scandinave à 4 mains. (Lars Kepler est un pseudo pour un couple d'écrivains suédois, Alexander et Alexandra Abndoril).

Bon polar efficace.

Les livres qui m'ont marqué... (pas tous chroniqués)

  • 'Beloved' & 'Jazz' de Toni Morrison
  • 'Charlotte' de David Foenkinos
  • 'Crime et châtiment' de Dostoievski
  • 'Kite runner' de Khaled Hosseini
  • 'La joueuse de go" de Shan Sa
  • 'Le quatrième mur' 'Profession du père' de Sorj Chalandon
  • 'Les enfants de Minuit' de Salman Rushdie
  • 'Sombre dimanche' & "L'art de perdre" d'Alice Zeniter
  • 'Sous le soleil des Scorta' et 'Eldorado' de Laurent Gaudé
  • "1984" de George Orwell
  • "Au Zénith" de Dong Thuong Huong
  • "Candide" de Voltaire
  • "En attendant Godot" de Samuel Beckett
  • "Fanrenheit 451" de Bradbury
  • "L'écume des jours" de Boris Vian
  • "L'insoutenable légéreté de l'être", de Milan Kundera
  • "L'œuvre au noir" de Marguerite Yourcenar
  • "L'ombre du vent" de Carlos Ruis Zafon
  • "La métamorphose" de Kafka
  • "La vie devant soi" de Romain Gary
  • "Le Hussard sur le toit" et "Les âmes fortes" de Jean Giono
  • "Le parfum" de Patrick Suskind
  • "Le Portrait de Dorian Gray" d'Oscar Wilde
  • "Le rouge et le noir" de Stendhal
  • "Les Cavaliers" de Joseph Kessel
  • "Les Déferlantes" de Claudie Gallay
  • "Les Raisins de la Colère" de John Steinbeck
  • "Malevil" de Robert Merle
  • "Mr Vertigo" de Paul Auster
  • "Sur la route" de Jack Kerouac
  • à suivre
  • L'univers de Haruki Murakami
  • Les contes d'Alessandra Barrico
  • Les polars de Fréd Vargas
  • Les romans de Sepulveda
  • Les romans de Yasunari Kawabata

Grand Canyon

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