Premier livre du concours Alice Inter CE 2010, choisi au hasard, et … surprise : 150 pages délicieuses, raffinées, un premier roman tranquille et profond…
Primo Bottardi, vieillissant, mène une vie paisible avec sa femme Maria dans leur village italien de Cantarana. Subitement, il ressent le besoin de partir retrouver un ami d’enfance, perdu de vue depuis longtemps, afin de lui apporter une réponse à sa question posée quarante deux ans plus tôt.
Débute alors une lente remontée du cours du fleuve de Pô en parallèle de la résurgence de ses souvenirs, le thème prédominant du roman.
« Primo se rappela… » « … assailli par des souvenirs dont il croyait ne plus se rappeler.. » « … emporté dans le souvenir » « … voyage plein de souvenirs et de présages »
Les anecdotes savoureuses, mélanges de scènes de la vie quotidienne et de légendes, se succèdent.
] L’ancien professeur, animiste des œuvres littéraires, qui vénère ses livres au point de ne pas supporter de les serrer sur les rayons des étagères de sa bibliothèque ;
] Le wagon de marchandise renversé avec ses milliers de paquets de cigarettes qui a mis à rude épreuve les locaux;
] La fable du brouillard « si épais qu’il semblait solide » et que seules les femmes percent de leur vue ;
] La femme de Lenticchia qui pleure et hurle chaque matin depuis 20 ans (énigme...);
] Le sauvetage du village par Artioli et sa vieille charrette ;
] L’incroyable village de Borello avec ses habitants frappés d’amnésie
Et d'autres encore...
L’écriture envoute par sa forte teneur poétique ciselée dans des mots simples et des phrases courtes.
« Son regard sentait toujours les draps mouillés ».
« La saveur de la nudité »
« Il [] se blottit dans la tiédeur sûre de cette respiration qui brisait le silence. »
A travers la pérégrination du vieil homme, l’auteur peint l’amour selon ses variantes déclinées par la vie.
« Le bonheur tranquille de la tendresse » de Primo et Maria, l’amour meurtri par l’infertilité du couple Capaccio et Nora, l’amour passionnel rendu impossible par l’amnésie touchant les hommes et les femmes d'un village de Borello, l’amour filial du médecin qui envoie des caisses remplies d’amour protégées par de la paille à sa mère, l’amour physique torride et fugace le temps d'un été entre Secondo Battardi et sa lavandière, l’amour éternel et fidèle d’un souvenir où le cœur du charretier est « resté là-bas sur la plage de cet été »
L’écoulement des pages m’a submergé de mélancolie « comme si le fleuve m’aspirait »…
Un blog calepin pour y noter mes impressions de lectures et de voyages ou de randonnées à travers quelques clichés photographiques.
mercredi 4 novembre 2009
vendredi 23 octobre 2009
7ième chronique: Un aller simple de Didier Van Cauwelaert
Très belle histoire de la rencontre improbable d'Aziz et de Jean-Pierre, 2 pommés dans notre société du 21ième siècle
Aziz, orphelin survivant d'un accident dans une Ami6 (d'où son nom...) et alors adopté par une famille de gitans, est selon ses faux papiers de nationalité marocaine mais ne parle pas un mot d'arabe. Sa spécialité: les auto-radios, à traduire par le trafic des auto-radios... Son seul refuge: son atlas historique
Jean-Pierre Schneider, "attaché mandataire", choisi par son chef pour raccompagner Aziz vers son hypothétique village marocain d'origine Irghiz. Ecrivain raté, il est à la dérive, déchiré par son divorce en cours de sa femme Clémentine, qui l'a quitté pour son supérieur hiérarchique...
Belle fable douce-amère, au langage fleuri et direct, récit émouvant d'une amitié improbable, où c'est l'expulsé assisté qui apporte son soutien au brillant fonctionnaire...
Aziz, orphelin survivant d'un accident dans une Ami6 (d'où son nom...) et alors adopté par une famille de gitans, est selon ses faux papiers de nationalité marocaine mais ne parle pas un mot d'arabe. Sa spécialité: les auto-radios, à traduire par le trafic des auto-radios... Son seul refuge: son atlas historique
Jean-Pierre Schneider, "attaché mandataire", choisi par son chef pour raccompagner Aziz vers son hypothétique village marocain d'origine Irghiz. Ecrivain raté, il est à la dérive, déchiré par son divorce en cours de sa femme Clémentine, qui l'a quitté pour son supérieur hiérarchique...
Belle fable douce-amère, au langage fleuri et direct, récit émouvant d'une amitié improbable, où c'est l'expulsé assisté qui apporte son soutien au brillant fonctionnaire...
mercredi 21 octobre 2009
6ième chronique: Mathilda de Roald Dahl
A lire à tout âge
Mathilda est une petite fille de 5 ans surdouée, qui apprend toute seule à lire et à calculer. Tout irait pour le mieux si ses parents en plus d'être d'une bêtise crasse et revendiquée, sont malhonnêtes et méchants. Cette méchanceté gratuite s'illustre par exemple par l'accès de colère de son père qui met en pièces un livre de la bibliothèque emprunté par sa fille.
La rencontre de Mathilda avec une institutrice très attentionnée et sa découverte d'un pouvoir étrange lui permettront de vaincre la crétinerie et l'inculture de son entourage familial.
Encore un merveilleux récit de Roald Dahl, dont la magie opère même à la quarantaine.
Et puis dans un blog versé vers la littérature, comment ne pas vous inviter à savourer une telle apologie de la lecture !...
Mathilda est une petite fille de 5 ans surdouée, qui apprend toute seule à lire et à calculer. Tout irait pour le mieux si ses parents en plus d'être d'une bêtise crasse et revendiquée, sont malhonnêtes et méchants. Cette méchanceté gratuite s'illustre par exemple par l'accès de colère de son père qui met en pièces un livre de la bibliothèque emprunté par sa fille.
La rencontre de Mathilda avec une institutrice très attentionnée et sa découverte d'un pouvoir étrange lui permettront de vaincre la crétinerie et l'inculture de son entourage familial.
Encore un merveilleux récit de Roald Dahl, dont la magie opère même à la quarantaine.
Et puis dans un blog versé vers la littérature, comment ne pas vous inviter à savourer une telle apologie de la lecture !...
5ième chronique de lecture: Aller Simple de Carlos Salem
Un récit déjanté et décalé, qui cache un conte initiatique de la vie
A ne pas confondre avec "Un aller simple" de Didier Van Cauwelaert.
Ecrit par un argentin vivant à Madrid depuis 1998.
Suite à la mort brutale de sa femme tyrannique dans leur chambre d'hôtel au Maroc, le timide fonctionnaire espagnol Octavio est libéré de 20 ans de prostration. Commence alors le récit d'un périple chaotique qui l'emmène sur les routes de l'Atlas, dans des soirées de retraités ou des hôtels de passe, entraîné par Soldati, un escroc révolutionnaire argentin qui veut vendre des glaces aux bédouins dans le désert...
Cette fuite en avant s'accompagne de rencontres pittoresques, comme celles de Mowles, un prix Nobel de littérature idolâtré qui n'a en réalité jamais écrit une seule ligne, de Charlie, un hippie qui cache sa véritable identité (suspense...), ou d'un nuage noir qui suit obstinément Octavio…
Derrière cette déambulation assez loufoque au rythme soutenu, se cache une quête initiatique d'Octavio qui enfin trouve sa vraie personnalité, sa sexualité jusque là refoulée, son rêve d'enfant d'être pianiste, le sens qu'il voudrait donner à sa vie en allant de l'avant.
C'est un roman qui se lit vite et légèrement, mais qui à la digestion invite à s'interroger sur le décalage possible entre la vie que nous menons et celle à laquelle on aspire.
A ne pas confondre avec "Un aller simple" de Didier Van Cauwelaert.
Ecrit par un argentin vivant à Madrid depuis 1998.
Suite à la mort brutale de sa femme tyrannique dans leur chambre d'hôtel au Maroc, le timide fonctionnaire espagnol Octavio est libéré de 20 ans de prostration. Commence alors le récit d'un périple chaotique qui l'emmène sur les routes de l'Atlas, dans des soirées de retraités ou des hôtels de passe, entraîné par Soldati, un escroc révolutionnaire argentin qui veut vendre des glaces aux bédouins dans le désert...
Cette fuite en avant s'accompagne de rencontres pittoresques, comme celles de Mowles, un prix Nobel de littérature idolâtré qui n'a en réalité jamais écrit une seule ligne, de Charlie, un hippie qui cache sa véritable identité (suspense...), ou d'un nuage noir qui suit obstinément Octavio…
Derrière cette déambulation assez loufoque au rythme soutenu, se cache une quête initiatique d'Octavio qui enfin trouve sa vraie personnalité, sa sexualité jusque là refoulée, son rêve d'enfant d'être pianiste, le sens qu'il voudrait donner à sa vie en allant de l'avant.
C'est un roman qui se lit vite et légèrement, mais qui à la digestion invite à s'interroger sur le décalage possible entre la vie que nous menons et celle à laquelle on aspire.
dimanche 4 octobre 2009
4ième chronique de lecture: L'espion qui venait du froid
Un chef d'œuvre du roman d'espionnage
Publié en 1964, récompensé par le prix Somerset-Maugham un an plus tard, "L'espion qui venait du froid" de John Le Carré est un bijou du roman d'espionnage. A l'opposé des exubérances d'un James Bond, cet ouvrage peint l'univers froid des agents secrets dans le contexte de la guerre froide. Monde de tromperies, de manipulations, de désillusions.
Le lecteur perd vite ses repères, se retrouve manipulé comme le héros dont sa désillusion devient presque contagieuse. La narration est sobre, présente une mécanique méthodique, froide comme la guerre et l'espion...
C'est le roman qui a apporté à John Le Carré sa notoriété, et je comprends pourquoi. En regard de cette notoriété, c'est étonnement le premier ouvrage de cet auteur que je lis, et sûrement j'en glisserai un autre dans mon cartable prochainement.
lundi 28 septembre 2009
Extraits de Busan (Corée du Sud)

Busan au sud-Est de la Corée du Sud, juste en face du sud du Japon (des aéroglisseurs traversent la mer), la deuxième ville de Corée et le plus grand port.
Dans la ville portuaire de Busan, le quartier du marché aux Poissons Jagalchi est très animé. D'un côté, le long des quais, les ouvriers préparent les filets, comme ce sympathique monsieur qui m'a fait signe de m'approcher et de le prendre en photo.
Et de l'autre côté, des innombrables étalages proposent poissons, crustacés, légumes et fruits. La chaîne du froid est très souvent mise à mal, les poissons les plus chanceux bénéficiant souvent au mieux d'un rapide jet d'eau de temps à autres. C'est un spectacle pour tous les sens, odorat compris....
Les filets de pêche sont préparés avec les hameçons soigneusement distribués dans des fentes incisées sur le bord des seaux.
Les korean BBQ sont tels que ceux qu'on trouve en France. Une grille de chauffage est aménagée au centre de la table. Les tranches de viande et de légumes y sont déposées et sont retournées par les clients jusqu'à la bonne cuisson. Bien sûr du Gimchi à volonté accompagne les viandes.Après le repas, vous pouvez mettre au linge sale vos vêtements contaminés par les vapeurs de graisse, mais c'est délicieux.
Dans de nombreux quartiers, des petits restaurants familiaux, avec quelques tables, permettent de manger rapidement, dans la rue ou dans l'arrière-cuisine, le tout pour 1 à 3 euros... Ici, dans le marché aux poissons de Jagalchi.
Comme au Japon, certains restaurants coréens présentent en vitrine des répliques en plastique des plats servis. Ce type de restaurant est hybride entre la cuisine coréenne (tous les plats sont servis accompagnés de l'inévitable Gimchi) et japonaise (des sushis sont proposés, pas toujours dans les règles de l'art).samedi 5 septembre 2009
3ième chronique de lecture: La Montespan de Jean Teulé
Le coup de cœur de Roro (pseudo de scène...).
L'histoire
Sous le règne du roi Soleil, Louis-Henry de Pardaillan, le marquis de Montespan, fait un mariage d'amour avec Françoise "Athénaïs". 2 enfants, une femme belle à damner... Tout pour une idylle.
Mais les deniers viennent à manquer cruellement, et les initiatives guerrières du Marquis en quête d'une hypothétique reconnaissance pécuniaire de la part du roi se soldent par des échecs qui plombent encore plus les finances du couple.
Lasse, la belle Françoise fuit cette misère pour frayer à la cour du roi qui finit par en faire sa favorite.
L'aveuglement amoureux de Louis-Henri se lève devant le ventre de sa femme engrossée par Louis XIV. Au travers de nombreuses péripéties, le cocu consacrera sa vie à la reconquête de son Athénaïs, incorruptible devant les offres de "dédommagements" par la cour.
Un coup de cœur ?
L'histoire
Sous le règne du roi Soleil, Louis-Henry de Pardaillan, le marquis de Montespan, fait un mariage d'amour avec Françoise "Athénaïs". 2 enfants, une femme belle à damner... Tout pour une idylle.
Mais les deniers viennent à manquer cruellement, et les initiatives guerrières du Marquis en quête d'une hypothétique reconnaissance pécuniaire de la part du roi se soldent par des échecs qui plombent encore plus les finances du couple.
Lasse, la belle Françoise fuit cette misère pour frayer à la cour du roi qui finit par en faire sa favorite.
L'aveuglement amoureux de Louis-Henri se lève devant le ventre de sa femme engrossée par Louis XIV. Au travers de nombreuses péripéties, le cocu consacrera sa vie à la reconquête de son Athénaïs, incorruptible devant les offres de "dédommagements" par la cour.
Un coup de cœur ?
- J'ai apprécié.
Un roman vivant, rythmé par les tentatives du marquis, les intimidations de la cour agacée par l'insolence et l'opiniâtreté du cocu. C'est la face burlesque de cette histoire. Certaines scènes sont vraiment comiques.
En contrepoint, ce roman est émouvant à travers la sincérité du marquis, son courage, ses sentiments inébranlables pour sa femme, sa tendresse envers sa fille qui se meurt de chagrin de par l'absence de sa mère, son comportement humain (avant la révolution) envers ses gens.
Il émane au final une certaine tristesse de la narration romancée du destin de ce sympathique marquis désargenté, qui est le vrai sujet du roman. Ce dernier aurait pu s'intituler "Le Montespan".
En contrepoint, ce roman est émouvant à travers la sincérité du marquis, son courage, ses sentiments inébranlables pour sa femme, sa tendresse envers sa fille qui se meurt de chagrin de par l'absence de sa mère, son comportement humain (avant la révolution) envers ses gens.
Il émane au final une certaine tristesse de la narration romancée du destin de ce sympathique marquis désargenté, qui est le vrai sujet du roman. Ce dernier aurait pu s'intituler "Le Montespan".
- J'ai moins apprécié.
Un style d'écriture assez inconstant (comme par exemple un mélange de langage moderne et d'expressions du 17ième siècle), une accumulation de descriptions scatophiles et d'autres pestilences qui lasse (et qui a choqué certains lecteurs comme on peut le lire sur les commentaires sur le Net), l'absence d'un préambule précisant que le roman s'inspire de la Grande Histoire sans engagement de rigueur historique (de nombreuses erreurs ont été relevées par des lecteurs plus cultivés que moi).
- Alors ?
Un roman agréable à lire, parfois drôle, parfois touchant.
Pas le roman que j'emporterai sur une île déserte (il se lit trop vite !), ni que je conseillerai à toute âme sensible.
Pas le roman que j'emporterai sur une île déserte (il se lit trop vite !), ni que je conseillerai à toute âme sensible.
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Les livres qui m'ont marqué... (pas tous chroniqués)
- 'Beloved' & 'Jazz' de Toni Morrison
- 'Charlotte' de David Foenkinos
- 'Crime et châtiment' de Dostoievski
- 'Kite runner' de Khaled Hosseini
- 'La joueuse de go" de Shan Sa
- 'Le quatrième mur' 'Profession du père' de Sorj Chalandon
- 'Les enfants de Minuit' de Salman Rushdie
- 'Sombre dimanche' & "L'art de perdre" d'Alice Zeniter
- 'Sous le soleil des Scorta' et 'Eldorado' de Laurent Gaudé
- "1984" de George Orwell
- "Au Zénith" de Dong Thuong Huong
- "Candide" de Voltaire
- "En attendant Godot" de Samuel Beckett
- "Fanrenheit 451" de Bradbury
- "L'écume des jours" de Boris Vian
- "L'insoutenable légéreté de l'être", de Milan Kundera
- "L'œuvre au noir" de Marguerite Yourcenar
- "L'ombre du vent" de Carlos Ruis Zafon
- "La métamorphose" de Kafka
- "La vie devant soi" de Romain Gary
- "Le Hussard sur le toit" et "Les âmes fortes" de Jean Giono
- "Le parfum" de Patrick Suskind
- "Le Portrait de Dorian Gray" d'Oscar Wilde
- "Le rouge et le noir" de Stendhal
- "Les Cavaliers" de Joseph Kessel
- "Les Déferlantes" de Claudie Gallay
- "Les Raisins de la Colère" de John Steinbeck
- "Malevil" de Robert Merle
- "Mr Vertigo" de Paul Auster
- "Sur la route" de Jack Kerouac
- à suivre
- L'univers de Haruki Murakami
- Les contes d'Alessandra Barrico
- Les polars de Fréd Vargas
- Les romans de Sepulveda
- Les romans de Yasunari Kawabata
Grand Canyon