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Liste par auteurs & titres dans Kronik list

dimanche 19 août 2018

331: "Bâti pour durer" de Johanne Rigoulot

Genre : destins de fuites de destins

Histoire
Dans un même immeuble parisien, Sonia, Clément et Muriel se croisent sans se connaître.
Harcèlement au téléphone, quotidien misérable, vie dans les airs étouffants, 3 destins versant plutôt dans le marasme...


Impressions
3 récits successifs où on recroise ces personnages et donc découvre des liens.
C'est comme le roman précédent, assez noir, avec des successions d'engrenages terribles...
Mais l'écriture de cet écrivain n'est pas de la qualité de celle de René Frégni.
Et ces destins croisés assez déprimants en ressortent sans saveur, desservis par une plume sans originalité.

Roman finalement décevant, bâti pour durer ?

330: "Sous la ville rouge" de René Frégni

Genre : uppercut dans l'écriture

Histoire
A Marseille, dans sa cuisine, Charlie Hasard écrit sur des petits cahiers rouges des manuscrits que les maisons d'édition lui refusent. Depuis 10 ans, frustration et haine s'accumulent, que Charlie tente d'évacuer en enfilant des gants de boxe dans un club. Jusqu'à ce qu'un espoir naisse, et c'est là que le récit bascule dans un engrenage incontrôlable...


Impressions
C'est assez noir, sensible, tranchant et brut. Quelle plume !
Récit lyrique, dramatique, qui nous emmène dans la folie et le désespoir sur fonds de décor de Marseille, la ville de l'auteur. Les filles y sont belles, les terrasses sont là pour pouvoir les admirer.
L'auteur nous y promène, accompagné d'un vague à l'âme et d'une poésie brute.

"Il écrivait le premier mot d'un récit, d'un roman, d'un poème comme on se met à la recherche d'un lieu, de quelqu'un, et il découvrait au fil des pages de son cahier des parties étonnantes de lui-même."

Roman coup de poing, assez sombre mais formidablement humain.

L'auteur anime des ateliers d'écriture à la prison de Baumettes.

329: "En attendant Bojangles" de Olivier Bourdeaut


Genre : L'amour fou à la folie 

Histoire
Un père qui donne à sa femme un prénom différent chaque jour sauf le 15 février, la veille de la St Valentin...
Une mère qui danse tout le temps pour faire revenir Monsieur Bojangles qui dansait tout le temps pour faire revenir son chien...
Un fils qui doit choisir chaque soir dans lequel de ses 3 lits, petit, moyen et grand, il va dormir...
Une cuisine encombrée de pots remplis de plantes envahies de foin et qui débordent...
Un sacré foutoir dans cette famille soudée par l'amour et la folie.

Impressions
"A-t-on déjà vu un livre avec une queue et une tête, ça se saurait !
Ca nous faisait beaucoup rire."
Voilà qui résume ce roman excellent, de la folie, de la fête, de l'humour et, derrière cette exubérance, de l'amour à profusion

Burlesque et très émouvant. Fantaisie et optimisme. Ode à la vie et à l'amour. Un coup de coeur pour un premier roman.

mardi 24 juillet 2018

328: 'Beatriz et autres corps célestes' de Lucia Etxebarria

Genre : Entre Madrid - Edimburg


Histoire
Beatriz est née à Madrid. Elle est amoureuse de Monica, l'astre dévoreur d'hommes.
Beatriz part étudier à Edimburg. Elle vit avec Catlein, une lesbienne



Impressions
L'auteure croque au scalpel Beatriz, ses ami(e)s et sa famille.
Apprentissage de l'amour, construction dans les excès, 
Le roman navigue entre passé et présent, et parfois manque de cohérence, perd en rythme.
On retrouve les thèmes de la drogue - trop souvent, les prises de coke et autres substances se succèdent et lassent un peu-, des rapports sexuels, des liens familiaux, de l'ambition refoulée, de la nostalgie.
Derrière le ton assez déjanté se cachent certaines vérités, la recherche de la sérénité.

Comédie tendre et crue. Moins rythmée que "Amour, Prozac et autres curiosités". Dommage.

jeudi 12 juillet 2018

327: "Vers la beauté" de David Foenkinos

Genre : la beauté consolatrice et libératrice 


Histoire
Antoine Duris - sans lien avec l'acteur, répond-il régulièrement- est professeur aux Beaux-Arts de Lyon.
Du jour au lendemain il fuit et disparaît sans prévenir ses proches, et postule pour être gardien au Musée d'Orsay...



Impressions
Très beau roman, tout en finesse pour aborder des thèmes douloureux et peindre la fragilité des âmes.

Jeanne [Heurtebise] lui faisait survoler les heures. Il continuait parfois à lui parler, comme à une confidente. Cela lui faisait du bien. Chacun cherche son propre chemin vers la consolation.

Un récit en quatre parties clos par un épilogue qui libère les protagonistes de l'histoire mais aussi le lecteur (j'ai versé quelques larmes d'artichaut).
Antoine s'efface et David Foenkinos nous dévoile avec délicatesse le choc, le traumatisme qui explique cette brutale cassure.

Elle comprenait la puissance cicatrisante de la beauté. Face à un tableau nous ne sommes pas jugés, l'échange est pur, l'oeuvre semble comprendre notre douleur et nous console par le silence, elle demeure dans une éternité fixe et rassurante, son seul but et de vous combler par les ondes du beau.

Certains blogueurs ont été déçus par une insuffisance de descriptions des œuvres peintes par Camille et par un manque d'inspiration, l'auteur reprenant des ficelles déjà éprouvées.
Cf. critique du Figaro: "Faut-il y voir une quête éperdue de la beauté ou une œuvre sans profondeur, à l'écriture transparente ?"

C'est vrai que ce roman n'est pas à la hauteur de "Charlotte", mais je me suis laissé emmener par les personnages, Antoine, Mathilde, Camille, Isabelle, fragiles, vivants.
Même si la raison du mal-être profond d'Antoine m'a semblé artificielle (il aurait pu aller voir les parents pour se libérer et en savoir plus...).
Et puis un roman autant tourné vers l'art et ses "bienfaits', apaisement, inspiration, vibrations, ne peut que soulever mon enthousiasme !

Roman sur des cabossés qui cherchent refuge dans la peinture. Beaucoup de plaisir à lire même si ce n'est pas son meilleur ouvrage.

dimanche 1 juillet 2018

326: 'Le port des marins perdus' de Teresa Radice & Stefano Turconi

Genre : roman graphique


Histoire
Automne 1807. Un navire de Sa Majesté récupère au large du Siam un jeune naufragé qui ne se rappelle que de son prénom : Abel. Le garçon se lie rapidement d'amitié avec le premier officier, capitaine du navire depuis que le commandant s'est enfui avec le trésor du bord. Abel retourne ensuite en Angleterre où il loge dans l'auberge tenue par les trois filles déchues du fuyard. Alors que la mémoire lui revient peu à peu, il découvre quelque chose de profondément troublant sur lui-même, et la véritable nature des personnes qui l'ont aidé...


Impressions
Récit intense dans l'esprit des grands romans d'aventure de Stevenson qui allie une qualité graphique extraordinaire -délicat, tout au crayon- à une puissance littéraire, qui le range dans la catégorie des romans de mon Blog. 
Opéra graphique en 4 actes, le lecteur voyage de Plymouth au Siam, est ballotté à bord de l'Explorer commandé par le merveilleux Nathan Mac Leod.
La construction des pages est variée, toujours juste, le texte est riche de citations de poèmes, les personnages sont dessinés avec délicatesse.
Poésie, aventures, suspens, magie, cet album est magnifique sur tous les plans !!

Une bande dessinée - roman. Un énorme coup de cœur.

325: "Les vestiges du jour" de Kazuo Ishiguro

Genre : tout en retenue surannée...


Histoire
Plus qu'une profession c'est une vocation quasi religieuse que voue Stevens à son métier de majordome.
Durant une semaine il part sur les routes de la campagne anglaise à bord de la Ford prêté par le nouveau propriétaire du Darlington Hall. Ce dernier, un millionnaire américain a racheté ce domaine avec Stevens dans le "lot". Les temps changent et Stevens dresse un inventaire de ses souvenirs...

Impressions
Contraste très fort avec le roman précédemment chroniqué !!
Pas une exclamation, un mot plus fort que l'autre, la maîtrise de soi prévaut à tout, même à soi-même.
Un milieu ampoulé et protocolaire des gentlemen-farmers anglais aristocratiques.
Et la nostalgie d'un majordome intraitable, d'un temps dépassé...

Dignité, service irréprochable, sens de l'honneur.

C'est là le thème de ce roman à l'apparence champêtre et bienséante.
Jusqu'où la loyauté et la politesse extrêmes peuvent excuser l'aveuglement quant à des comportements répréhensibles -peut-on obéir aux ordres flirtant avec l'antisémitisme ?- ou face aux sentiments amoureux ?...

Dignité, service irréprochable, mais les constats de déshonneur et amour raté ne sont pas loin...

Roman mélancolique en clair-obscur. Un maître de l'écriture.

Les livres qui m'ont marqué... (pas tous chroniqués)

  • 'Beloved' & 'Jazz' de Toni Morrison
  • 'Charlotte' de David Foenkinos
  • 'Crime et châtiment' de Dostoievski
  • 'Kite runner' de Khaled Hosseini
  • 'La joueuse de go" de Shan Sa
  • 'Le quatrième mur' 'Profession du père' de Sorj Chalandon
  • 'Les enfants de Minuit' de Salman Rushdie
  • 'Sombre dimanche' & "L'art de perdre" d'Alice Zeniter
  • 'Sous le soleil des Scorta' et 'Eldorado' de Laurent Gaudé
  • "1984" de George Orwell
  • "Au Zénith" de Dong Thuong Huong
  • "Candide" de Voltaire
  • "En attendant Godot" de Samuel Beckett
  • "Fanrenheit 451" de Bradbury
  • "L'écume des jours" de Boris Vian
  • "L'insoutenable légéreté de l'être", de Milan Kundera
  • "L'œuvre au noir" de Marguerite Yourcenar
  • "L'ombre du vent" de Carlos Ruis Zafon
  • "La métamorphose" de Kafka
  • "La vie devant soi" de Romain Gary
  • "Le Hussard sur le toit" et "Les âmes fortes" de Jean Giono
  • "Le parfum" de Patrick Suskind
  • "Le Portrait de Dorian Gray" d'Oscar Wilde
  • "Le rouge et le noir" de Stendhal
  • "Les Cavaliers" de Joseph Kessel
  • "Les Déferlantes" de Claudie Gallay
  • "Les Raisins de la Colère" de John Steinbeck
  • "Malevil" de Robert Merle
  • "Mr Vertigo" de Paul Auster
  • "Sur la route" de Jack Kerouac
  • à suivre
  • L'univers de Haruki Murakami
  • Les contes d'Alessandra Barrico
  • Les polars de Fréd Vargas
  • Les romans de Sepulveda
  • Les romans de Yasunari Kawabata

Grand Canyon

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