New !!

Liste par auteurs & titres dans Kronik list

lundi 11 août 2014

160: "99F" de Beigbeider

Genre : sex, cocaine, Pub & best-seller 

Histoire

Cf. Wikipedia
99 francs est un roman à succès provocateur d'inspiration autobiographique de Frédéric Beigbeder, publié en 2000, qui dénonce les dérapages cyniques du monde de la publicité dans la société occidentale  de consommation. Il valut notamment à son auteur d'être renvoyé de son entreprise (Young & Rubicam), pour faute grave.


Octave Paragon, alias de Frédéric Beigbeder, 33 ans, est un créatif dans l'agence de publicité Rosserys & Witchcraft. Son poste surpayé ("si un concepteur demande une faible rémunération, il sera pris pour un rigolo") consiste à concevoir des scénarios de films de 30 secondes et à inventer des slogans, ou plus exactement selon le jargon, une "accroche" ou un "titre".

IL FAUDRAIT ETRE FOU POUR DEPENSER PLUS
DU PAIN, DU VIN, DU BOURSIN
PARCE CE QUE JE LE VAUX BIEN
JUST DO IT,
etc...

Dégouté par son métier, il écrit un livre pour se faire virer, un témoignage sur cet univers mercantile et amoral.

"[…]. Dans ma profession, personne ne souhaite votre bonheur, parce que les gens heureux, ne consomment pas. Votre souffrance dope le commerce. Dans notre jargon, on l’a baptisé « la déception post-achat […] je passe ma vie à vous mentir et on me récompense grassement"

Impressions
D'abord, warning, alerts, Achtung !!

Désabusé, cynique, l'auteur peint un univers sans éthique, vénal, porté sur la drogue, la pornographie, le sexe, qui l'amènera à franchir les limites de la morale.
C'est cru, voire vulgaire, et donc âmes sensibles s'abstenir !!

"tout ce petit monde se baise, s'enc..., se taille des pipes, lèche du sperme"... etc...

Si le lecteur fait abstraction de ce déluge pornographique (ce que de nombreux lecteurs n'ont pas réussi, comme décrit dans leurs blogs), l'auteur raconte sa dérive vers des excès en crescendo, un tableau assez noir sur notes d'humour et de cynisme.
La dénonciation du mercantilisme pur de la publicité n'est pas un scoop, c'est sa description depuis l'intérieur qui est intéressante.

"Ainsi va la grande chaîne du mépris publicitaire : le réalisateur méprise l'agence, l'agence méprise l'annonceur, l'annonceur méprise le public, le public méprise son voisin."

Tout à fait en résonance avec les propos du PDG de TF1 en juillet 2008:
Patrick Le Lay, PDG de TF1, interrogé parmi d’autres patrons dans un livre Les dirigeants face au changement (Editions du Huitième jour) affirme [1] :" Il y a beaucoup de façons de parler de la télévision. Mais dans une perspective ”business”, soyons réaliste : à la base, le métier deTF1, c’est d’aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit (...).
Or pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que lecerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible(...).Rien n’est plus difficile que d’obtenir cette disponibilité. C’est là que se trouve le changement permanent. Il faut chercher en permanence les programmes qui marchent, suivre les modes, surfer sur les tendances, dans un contexte où l’information s’accélère, se multiplie et se banalise. "

Donc rien de stupéfiant, mais un pamphlet dément qui témoigne de l'absurdité de  notre société de consumeris.

Dernière remarque (et combien pertinente !). 
Ouf ! Frédéric Beigbeder n'a pas perdu le sens des affaires. Son roman est désormais intitulé '14.99 euros' pour rester dans le vent. En bonus, il nous fait un rabais de 1.672 francs !


Un best-seller trash écrit par un homme médiatique que je souhaitais découvrir. C'est fait.

lundi 14 juillet 2014

159: 'Nouilles froides à Pyongyang' de Jean-Luc Coatelem

Genre : au pays des Kim ('shi')

Histoire
En 2011, l'auteur, rédacteur en chef adjoint du magazine 'Géo', part en Corée du Nord en prétextant être un organisateur de voyages touristiques.

Impressions
Témoignage de la plus terrible des dictatures au Monde, un enfer à la '1984' où la population meurt de famine et vit endoctrinée sans liberté. En dehors d'une vitrine à la Tintin au Pays des Soviets, l'auteur n'apprend rien et ne nous apprend rien du véritable quotidien en Corée du Nord.


Un récit agréable à lire mais décevant car ne nous apprenant pas grand chose au final. La censure paranoïaque des Kim's accompagnateurs aura rempli sa fonction. 

158: 'Un secret' de Philippe Grimbert

Genre : 'm' et 't' au lieu de 'n' et 'g'

Histoire
Philippe, fils unique à la santé fragile, s'invente un frère pour l'épauler. Et si ce frère avait réellement existé ?

Impressions
Récit court, sobre et poignant. Le secret familial est percé progressivement par Philippe, le libérant d'une chape plomb étouffante.
L'histoire révélée est tragique et sans fioriture, on se prend des coups de poignards dans le ventre.


Un roman apportant une version personnelle et bouleversante de l'holocauste.
Prix Goncourt des Lycéens en 2004, c'est un roman autobiographique sorti en 2004, adapté au cinéma par Claude Miller en 2007.

157: "Les évaporés" de Thomas B. Reverdy

Genre : entre rêve et réalité au Pays du Soleil Levant

Histoire
'Johatsu', évaporé, personne partie sans donner d'explication.

Yukiko part de San Francisco dans son pays natal pour retrouver son père Kaze soudainement disparu. Son ex petit copain, Richard B., l'accompagne. 
Au Japon le pays se reconstruit après la catastrophe de Fukushima.

Impressions
Ce serait difficile de ranger ce roman dans une catégorie.
Un polar, incontestablement.
Une (triste) histoire d'amour, aussi,
C'est finalement plus d'un roman sur la quête de soi que je le qualifierai.

Pages de poésie et tableaux du Japon dévasté et meurtri alternent. L'auteur nous emmène partager le quotidien des japonais à Tokyo ou à Kyoto, mais aussi un milieu moins connu de la pègre et de la population favorisée.

 Un roman mystérieux au charme évanescent, évaporé. J'ai beaucoup aimé ce voyage littéraire subtil !

samedi 31 mai 2014

156: "Sobibor" de Jean Molla


Genre : Antigone anorexique

Histoire
Emma, 17 ans, souffre d'anorexie.
Sa grand-mère tant aimée, est souffrante. Elle crie pendant la nuit d'énigmatiques phrases où le nom "Sobibor" est prononcé. Mais quel lien avec sa famille ?
Emma va chercher à lever les voiles du passé, quitte à sacrifier l'honorabilité de sa famille.

Impressions
Après "Felicidad", voilà encore un récit extraordinaire que Jean Molla nous conte.
Cet auteur réussit le tour de force d'aborder au sein de la même histoire le malaise de l'adolescence, de l'anorexie, et via les secrets de famille, le poids des horreurs nazies. 


Le camp d'extermination de Sobibór était un camp d'extermination nazi, situé au sud-est de l'actuelle Pologne, dans la voïvodie de Lublin, district de Włodawa, à l’orée d'une forêt de pins clairsemée, à 12 km au sud du village de Sobibór, au lieu-dit Stara Kolonia Sobibór. De mai 1942 à l'été 1943, les autorités allemandes y firent assassiner environ 250 000 Juifs. Comme les camps d'extermination de Bełżec et Treblinka, Sobibor entra en fonction dans le cadre de l'Opération Reinhard.

Un grand roman que nous devrions tous lire pour ne pas oublier.

155: "Le Dernier Lapon" d'Olivier Truc

Genre : policier ethnologique

Histoire
Kautokeino, Laponie.
Les rennes se nourrissent des lichens.
Les Samis tentent de conserver leurs coutumes dans cette région polaire couvrant le nord de la Norvège, Finlande et Suède.
Un des éleveurs est assassiné, un tambour sacré est dérobé.
Klemet et Nina, de la police des rennes, sont impliqués dans l'enquête.

Impressions
Excellent polar dans une région reculée que connaît bien l'auteur, correspondant du Monde à Stockholm.
Un polar ethnologique qui décrit les coutumes des Samis mais aussi le contexte local complexe.
Une transposition de l'univers Navajo des grands romans de Tony Hillerman à un monde de chamans, de déserts où l'eau manque à des contrées froides et de courtes périodes d'ensoleillement.

Un polar écrit avec brio. A quand un nouvel épisode pour suivre les enquêtes de Klemet et Nina ? Cela ne semble pas d'actualité, dommage.

dimanche 4 mai 2014

154: "La peste" d'Albert Camus

Genre : bubons existentialistes

Histoire
Oran. 1940. Algérie coloniale française.
Un rat, puis 2, puis une multitude meurent d'une mystérieuse maladie. Puis arrivent les premières victimes humaines, décimées par cette maladie que les oranais peineront à appeler par son nom.
La ville est fermée, l'exil des pestiférés commence.
Dans ce microcosme les personnalités s'affirment et se révèlent.


Impressions
La peste brune, le nazisme. Nombreuses sont les analogies avec les années d'occupation allemande en France et de la résistance. Il en est ainsi de l’aveuglement et du refus des populations à admettre le fléau qui s'abat sur la ville. Ils rappellent inévitablement le refus de croire en les horreurs du nazisme. Mais surtout le traitement des cadavres remémore les camps de concentration.

"... Un peu plus tard cependant, on fut obligé de chercher ailleurs et de prendre encore du large. Un arrêté préfectoral expropria les occupants des concessions à perpétuité et l’on achemina vers le four crématoire tous les restes exhumés. Il fallut bientôt conduire les morts de la peste eux-mêmes à la crémation. "


Un récit riche en portraits épais, profonds: Bernard Rieux ce médecin humaniste bien sûr, mais aussi Joseph Grand cet employé de mairie obsédé par la recherche de la phrase parfaite, Jean Tarrou qui tient son journal quotidien auquel le narrateur se réfère dans ce récit, Raymond Rambert ce journaliste parisien qui veut rejoindre son épouse aimée, Joseph Cottard seul à se réjouir de la peste, le père Paneloux ce jésuite dont les prêches évolueront face aux événements...

Et tous réagissent avec leur propre individualité face à ce mal abstrait et absurde qui s'abat sur les hommes.
  • Athée, Rieux croit en l'homme; il agit et lutte contre la souffrance avec son savoir et énergie de médecin solidaire. Stéréotype de l'homme parfait.
  • Tarrou, non réconcilié avec la vie, trouve un sens à sa vie grâce à la peste.
  • Grand et Rambert donnent un sens à leur recherche, à leur existence, l’un par l’art et l’autre par l’amour.
  • Cottard, symbolisant la collaboration, trouve son salut dans la peste.


Un classique. Grand moment.

Les livres qui m'ont marqué... (pas tous chroniqués)

  • 'Beloved' & 'Jazz' de Toni Morrison
  • 'Charlotte' de David Foenkinos
  • 'Crime et châtiment' de Dostoievski
  • 'Kite runner' de Khaled Hosseini
  • 'La joueuse de go" de Shan Sa
  • 'Le quatrième mur' 'Profession du père' de Sorj Chalandon
  • 'Les enfants de Minuit' de Salman Rushdie
  • 'Sombre dimanche' & "L'art de perdre" d'Alice Zeniter
  • 'Sous le soleil des Scorta' et 'Eldorado' de Laurent Gaudé
  • "1984" de George Orwell
  • "Au Zénith" de Dong Thuong Huong
  • "Candide" de Voltaire
  • "En attendant Godot" de Samuel Beckett
  • "Fanrenheit 451" de Bradbury
  • "L'écume des jours" de Boris Vian
  • "L'insoutenable légéreté de l'être", de Milan Kundera
  • "L'œuvre au noir" de Marguerite Yourcenar
  • "L'ombre du vent" de Carlos Ruis Zafon
  • "La métamorphose" de Kafka
  • "La vie devant soi" de Romain Gary
  • "Le Hussard sur le toit" et "Les âmes fortes" de Jean Giono
  • "Le parfum" de Patrick Suskind
  • "Le Portrait de Dorian Gray" d'Oscar Wilde
  • "Le rouge et le noir" de Stendhal
  • "Les Cavaliers" de Joseph Kessel
  • "Les Déferlantes" de Claudie Gallay
  • "Les Raisins de la Colère" de John Steinbeck
  • "Malevil" de Robert Merle
  • "Mr Vertigo" de Paul Auster
  • "Sur la route" de Jack Kerouac
  • à suivre
  • L'univers de Haruki Murakami
  • Les contes d'Alessandra Barrico
  • Les polars de Fréd Vargas
  • Les romans de Sepulveda
  • Les romans de Yasunari Kawabata

Grand Canyon

Grand Canyon