Genre : peinture de la peinture au 15ème siècle
Histoire
Bruges, 1441.
Arborant un air mystérieux, l'index posé sur les lèvres, Jan Van Eyck avait chuchoté : Petit, il faut savoir se taire, surtout si l'on sait.
Qui pouvait se douter alors que, derrière la recommandation du maître flamand, l'un des plus grands peintres de l'histoire de l'art, se cachait le Grand Secret ?
À travers les brumes de Flandre et la luminosité éclatante de la Toscane, un enfant de treize ans va se retrouver confronté à une effroyable conspiration. Un monde occulte, empli de ténèbres qu'il lui faudra affronter avec l'innocence pour toute arme.
Impressions
Fresque historique dans la Flandre du XVème Siècle (et un peu aussi à Florence).
Et c'est là l'attrait, la valeur ajoutée de ce roman.
Ainsi le lecteur assiste au quotidien de deux artistes prestigieux Lorenzo Ghiberti, à Florence et surtout Jan Van Eyck, à Bruges, côté Flandres, le père de l'enfant Jan, héro du récit.
Jan Van Eyck
L'homme au turban rouge, 1433 (autoportrait présumé de l'artiste)
Au cœur de l'intrigue, il est intéressant de savoir qu'avant Van Eyck, les peintres préparaient eux-mêmes leurs couleurs à base de pigments, des plantes, des minéraux. Ils les écrasaient finement avec du blanc d’œuf pour en faire une pâte. C'était la tempera à l’œuf. La matière séchait très vite ! On devait peindre rapidement et on ne pouvait reprendre une œuvre.
Le peintre flamand Jan Van Eyck aurait inventé ou au moins perfectionné une nouvelle technique picturale au début du XVe siècle : la peinture à l’huile. Il remplace l’œuf par de l’huile. La pâte prend plus de temps à sécher. Il a donc plus de temps et travaille avec plus de précision. Les couleurs à l’huile donnent une grande luminosité aux tableaux et permettent de travailler la transparence des couches.
Lorenzo Ghiberti
En 1401, après avoir emporté de justesse le concours de sélection face à Brunelleschi, le jeune orfèvre Lorenzo Ghiberti (1378-1455), alors âgé de 23 ans et inexpérimenté, est mandaté par la Calimala pour décorer les vantaux de la porte nord du Baptistère de Florence.
23 ans plus tard, nouveau contrat. En 1424, le sculpteur, alors âgé de 46 ans, se voit confier (exceptionnellement, sans concours préalable) la tâche de réaliser également la porte est. Ce n’est qu’en 1452, à 70 ans, qu’il accroche les derniers panneaux de bronze, la construction ayant duré 27 ans !
Un roman donc très érudit, où des personnages historiques interviennent ainsi que les grandes inventions, où les techniques de peinture sont décrites avec détails (couleurs, vernis, pinceaux, matériaux utilisés, etc.). Je ne résiste pas à retranscrire une partie du dialogue entre William Caxton (négociant, diplomate, traducteur et imprimeur anglais. Il est connu pour avoir été le premier à introduire une presse typographique dans son pays.) et Petrus Christus (peintre flamand)...
'La connaissance se répandra à travers le monde. Nul n'en sera privé. Tous, même mes plus humbles, accéderont à l'enrichissement de l'esprit.
[...]
-Croyez-vous vraiment que le vulgaire sera apte à comprendre ce qu'il lira ? Avez-vous bien réfléchi aux conséquences d'une prolifération non sélective du savoir ?"
Ils ne parlent évidemment pas d'Internet mais de l'avènement de l'imprimerie, mais ne pourrait-on pas avoir cette même interrogation ?...
En complément du thème de la peinture et de l'art, ce roman intègre le thème de l'amour filial, la paternité en particulier avec sensibilité et finesse. A noter que les femmes sont quasiment absentes, à l'exception de la mère adoptive de Jan qui s'avère être une marâtre mal aimante et sa mère biologique qui ne fait qu'une apparition fugace à l'issue fatale.
Voici pour le côté face très positif de ce roman.
Côté revers, c'est moins attrayant. L'intrigue policière est peu captivante, assortie de rebondissements improbables. Les ingrédients du roman à suspense sont présents, conspirations, secrets, assassinats, menaces, mais la sauce ne prend vraiment pas.
Il n'est pas incontournable de proposer un page-turner, mais tout de même les ficelles sont un peu grosses et souvent les actions sont rocambolesques, et je ne suis pas du tout senti emporté par l'intrigue.
Rencontres enthousiasmantes avec les grands noms du 15ème siècle, mais la facette enquête n'est pas passionnante.

















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