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Liste par auteurs & titres dans Kronik list

vendredi 10 avril 2026

632: 'Les Evaporés' de Isao Moutte - BD

Genre : Disparus

Histoire
Sous 
Partir sans donner d’explication, c’est précisément ce que Kaze a fait cette nuit-là, après avoir été licencié du jour au lendemain. Sa fille, Yukiko, qui vit à Paris depuis de nombreuses années, revient au Japon pour tenter de retrouver sa trace et de découvrir les raisons de sa disparition. Elle mènera l’enquête dans un Japon parallèle, celui du quartier des travailleurs pauvres de San’ya, à Tokyo, et des camps de réfugiés de la catastrophe nucléaire de Fukushima, autour de Sendai.



Impressions
Cette BD reprend le thème principal du roman de Thomas Reverdy, à savoir, découvrir le phénomène des évaporés au Japon. Les évaporés sont des personnes adultes qui choisissent de tout quitter du jour au lendemain, leur famille, leurs amis, leur travail, leur ville, sans que l'on sache toujours pourquoi. 80000 par an au Japon.


Enquête 



lundi 23 mars 2026

631: 'Cyberpunk - Le nouveau système totalitaire' d'Asma Mhalla

Genre : essai

Histoire
Sous le


Impressions
Je 

Nick Land philosophe britannique 
Qui a pris un virage neo-reactionnaire dans les années 2000.


Blogger Curtus Yarvin
Proche de JD Vance

Project 2025
De l'Heritage Fundation


Enquête 

630: ' La Part du Fils' de Jean-Luc Coatalem

Genre : cheminement sur les traces du grand-père

Histoire
Sous le régime de Vichy, une lettre de dénonciation aura suffi. Début septembre 1943, Paol, un ex-officier colonial, est arrêté par la Gestapo dans un village du Finistère. Motif : “inconnu”. Il sera conduit à la prison de Brest, incarcéré avec les “terroristes”, interrogé. Puis ce sera l’engrenage des camps nazis, en France et en Allemagne. Rien ne pourra l’en faire revenir. Un silence pèsera longtemps sur la famille....

Impressions
Je connaissais cet auteur, rédacteur en chef du magazine Géo, pour son reportage d'un voyage sous haute surveillance en Corée du Nord, 'Nouilles froides à Pyonyang'.

C'est ici un récit beaucoup plus sensible et intimiste que l'auteur nous livre.
Enquêter sur le passé tû par sa famille de l'histoire du grand-père paternel, Paol, qui est mort à 49 ans en déportation dans le camp nazi de DORA.

Entrée du tunnel du camp de Dora

Un des tunnels de Dora

Dora fut le camp nazi dédié à la fabrication des V2, ancêtres des fusées américaines, dirigé par Wernher von Braun.  60 000 prisonniers, dont Paol le grand-père de septembre 1944 à février 1945, ont travaillé jusqu'à l'épuisement. Dans les sous-sols humides des grottes
20 000 hommes y ont péri dans des conditions atroces, alors que Von Braun comme des centaines de chercheurs allemands après la guerre, "s'est transformé en honorable citoyen allemand" et sans qui, Buzz Aldrin le reconnaîtra, "conquérir la Lune aurait été impossible". 

Prisonniers de Dora dans un atelier de montage 

Malgré les tabous et les non dits familiaux, à l’aide d’archives et de témoignages, l’auteur s’emploie à faire revivre sa mémoire au travers son récit. 

« Longtemps, je ne sus quasiment rien de Paol hormis ces quelques bribes arrachées. Elles menaient toutes au gouffre de l’Allemagne nazie. Pareils à ces mandarins subalternes de la Chine ancienne, qui ne devaient pas souiller de leurs lèvres le nom illustre de l’empereur, nous laissions du vide entre nos mots dès qu’il s’agissait de lui. Certains paysages et ce prénom feraient défaut ; il y avait des trous dans nos cartes géographiques, dans les itinéraires, les faits. La douleur n’était jamais sujet. »

Sur la famille pèse un silence qui cache une douleur transmise d'une génération à une autre, sans que rien ne puisse la soulager. En particulier, Pierre, fils cadet de Paol et père du narrateur, est muré dans le silence.

Pour reconstruire le passé de Paol -et aussi se reconstruire- l'auteur doit combler les trous:
 "Et ce que je ne trouverai pas de la bouche des derniers témoins ou dans les registres déchirés des archives, je l'inventerai, pour qu'il vive".

Au final un récit très personnel pour retrouver la part du fils.
Et au final évidemment un récit qui entre en écho profond avec mon héritage familial personnel...

Récit intime et universel. Double devoir de mémoire. Pour qu'il vive et qu'ils vivent.







samedi 21 mars 2026

629: ' Le crime était signé' de Lionel OLIVIER

Genre : sur fond d'homophobie

Histoire
Açelya Bozkir, une jeune fille de 16 ans d’origine turque est retrouvée morte dans le coffre d’une voiture abandonnée au milieu d’un cimetière. Sur le corps, on retrouve une mèche de cheveux appartenant vraisemblablement au tueur. Lorsqu’il est appelé sur les lieux, Quentin Fergeac, commandant de police à la Brigade Criminelle, s’étonne qu’on lui demande de se pencher, avec son équipe, sur une enquête d’apparence aussi simple. 


Impressions
Troisième roman policier sélectionné par le prix du Quai des Orfèvres que j'enchaine.

Se retrouve le thème du chargé d'enquête endeuillé de la mort de son fils, comme dans de nombreux polars comme Cap Canaille. Je reconnais une certaine lassitude en regard de ce cliché: le chef, ébranlé par le malheur, reste courageux et luttera contre le mal jusqu'à en triompher...

Ce qui est décevant est le côté 'tiré par les cheveux' de la résolution de l'intrigue. Sur des indices nouveaux, balayant toutes les voies d'enquête engagées pendant les deux tiers du roman. Ce qui fait qu'aucune profondeur psychologique sur les tueurs n'a pu être bâtie, on découvre les auteurs du crime, pirouette et basta c'est fini.

Et cependant j'ai lu les 350 pages très vite et avec plaisir... ?

Peut-être parce qu'une atmosphère de convivialité humaine y règne, comme lors de ces repas pris par l'équipe dans des restos conviviaux, peut-être aussi parce que le récit ne manque pas de détachement et d'humour.
"Décidément, vous avez de l'imagination, vous les keufs. Devriez écrire des polars. Ça vous rapporterait plus que votre paie minable."

Enquête réaliste avec une fin un peu bancale. Un bon divertissement.

Prix du Quai des Orfèvres 2016

dimanche 15 mars 2026

628: ' Le péril Bolloré' de Marie Bénilde

Genre : 

Histoire
Résumé par la maison d'édition:
"L'extrême droite française dispose aujourd'hui d'un carburant hautement inflammable : un milliardaire acquis à sa cause. En imposant ses vues dans les éditoriaux et émissions de débat, en favorisant sur ses antennes le Rassemblement national, en validant l'expression des idées les plus rances, en quadrillant l'édition dans les diverses maisons du groupe Hachette, Bolloré poursuit son travail de sape de la République. Il lui reste à accomplir son grand dessein : triompher idéologiquement en fusionnant le monde de l'argent et le populisme nationaliste. Dans cet essai, la journaliste Marie Bénilde livre le récit de l'avènement du Bollorisme et étudie toutes ses significations."




Impressions
D'emblée je n'aime pas trop le parti pris du titre, 'Péril' annonce une couleur.
La journaliste autrice est une collaboratrice du Monde diplomatique, et ne cache pas ses amitiés avec la France Insoumise et ses obsessions. Dont acte.

Je hais les populisme nationaliste et n'ignore évidemment pas les acquointance extrême droite de M. Bolloré.
Alors qu'y apprend-on ?

Ses origines d'abord.
Bretonnes évidemment, et revendiquées.
Il aime se vêtir de costumes traditionnels pour célébrer le groupe Bolloré.


Les 200 ans du groupe Bolloré ont été célébrés jeudi 17 février 2022 par Vincent Bolloré et ses  enfants à la chapelle Notre-Dame-de-Kerdévot à Ergué-Gabéric près de Quimper (Finistère)

Vincent Bolloré se plaît à cultiver une image locale et traditionnelle, celle d’un industriel solidement implanté dans son territoire finistérien, héritier d’une entreprise familiale vénérable qu’il a fait grandir et qu’il transmet à son tour à ses enfants. 
Mais il est n'est pas né en Bretagne, mais à Boulogne Billancourt, a été élève à Janson de Sailly (Paris 16°) et a passé sa vie à Paris. 


Il se plait à raconter ses débuts "sans capital". 
A 30 ans il fait ses débuts dans une banque et poursuis des études de droit en cours du soir.
Mais indéniablement il ne manquait pas de capital relationnel: sa famille fréquente Georges Pompidou, issu de la banque Rothschild, la famille Dassault, Edmon de Rothschild, le baron Empain, ou Edouard de Ribesn patron de la banque Rivaud.
"J'ai eu la chance de naître sans un famille catholique, bretonne, riche et célèbre.'

Fondée en 1882, l'entreprise familiale est spécialisée dans le papier bible pour la Pléïade et du papier OCB, O pour Odet, C pour Cascadec et B pour Bolloré.
Au début des années 1980 la société est lourdement endettée et en 1981 Vincent Bolloré et son frère Michel-Yves la rachète pour 2 francs symboliques grâce à Edmond de Rotschild, propriétaire de la banque dont Vincent est le directeur adjoint fin 70. Edomond de Rotschild fait don de la majorité de ses parts et accorde un prêt de 6 millions de francs.

Une approche  tout à fait à l'image de l'attitude de prédateur qui sera mise en œuvre pour construire un empire financier.
https://multinationales.org/fr/enquetes/le-systeme-bollore/bollore-un-empire-centre-sur-le-luxembourg-bien-plus-que-sur-la-bretagne

L’organigramme de la tête du groupe Bolloré est un joyau d’ingénierie financière : des holdings en cascade, des boucles d’autocontrôle qui s’entrelacent, un enchevêtrement de sociétés aux noms exotiques. Une savante complexité, tout entière au service d’un unique objectif : verrouiller le contrôle de la multinationale par un actionnaire minoritaire. Car, aussi surprenant que cela puisse paraître, Vincent Bolloré et ses proches ne détiennent qu’une part réduite – 13,73 % à fin 2023 – du capital du groupe qui porte leur nom. Ils contrôlent pourtant la majorité des droits de vote et assurent une direction sans partage. Une forme de capitalisme sauvage … sans capital.


Ses affaires africaines



Son empire médiatique 

Ce monsieur possède une force de frappe et d’influence inédite en France.
 Après avoir échoué à racheter TF1, M. Vincent Bolloré a rejoint le cercle restreint des magnats des médias en prenant le contrôle de Vivendi (groupe Canal P
https://multinationales.org/fr/enquetes/le-systeme-bollore/la-machine-de-guerre-mediatique-et-culturelle-de-vincent-bollore

lus), avec lequel il s’offrira les groupes Prisma (Capital, Voici…) et Lagardère (Le Journal du dimanche, Europe 1…). 
Il possède également de de prestigieuses maisons d’édition (Hachette, Fayard, Grasset, Stock, Larousse…), et des agences de communication (Havas) et de sondages (CSA).




Sa croisade idéologique. 





Su

samedi 14 mars 2026

627: 'Ida' de Chloé Cruchaudet - BD

Genre : une aventure corseé/et !

Histoire
1887. Ida est une vieille fille trentenaire, hypocondriaque et autoritaire. Elle qui n'était sortie de chez elle que pour visiter l'exposition universelle de 1867 décide  de quittant inopinément sa Suisse natale pour explorer l'Afrique. Ainsi, elle se rend à Tanger où elle fait la rencontre de Fortunée, une Occidentale délurée. Engoncées dans leurs robes à crinoline, les deux femmes sillonnent l'Afrique, le long de la piste Dakar/Niger, et vivent des aventures hautes en émotions.






Impressions
Récit ironique sur le romantisme naïf, le colonialisme et le paternalisme occidental.

Le ton est sérieux au premier abord, mais totalement décalé, irrévérencieux.
L'intransigeance et les préjugés d'Ida semblent à côté de la plaque sur le continent africain, mais sa persévérance à raison de tout.
Le personnage est assez détestable, l'histoire est pétillante et drôle, on en arrive à se réjouir de ses malheurs, sa naïveté la sauve pourtant de situations tragiques.

J'aime le dessin de Chloé Cruchaudet, rond, aux couleurs vives.


Suissesse et corsets dans la nature indomptée de l'Afrique. Un combo détonnant et gagnant :)

lundi 2 mars 2026

626: 'Fils de personne' de Jean-François Pasques

Genre : né.e sous 'X'

Histoire
Le cadavre d’un homme est retrouvé dans un bassin du jardin des Tuileries à Paris. Alors qu’il piétine déjà dans une enquête sur la disparition de trois jeunes femmes, le commandant Julien Delestran est chargé de l’affaire.

Impressions
Un polar classique marqué par la composante humaine des personnages.

C'est un récit intimiste centré sur l'humain qui rend les personnages attachants avec en toile de fond la misère.
Ainsi le commandent ressent de la compassion pour ses proches, passant par exemple du temps pour interroger sans brusqueries une prostituée qu'il connaît de puis longtemps et qu'il craint d'être menacée. Suite à cette interrogatoire, le commandant rentre chez lui et confie ses doutes à sa femme.
Comme autre exemple, son bras droit, la jeune capitaine Beaumont, lui reproche son accueil plutôt hostile d'une nouvelle arrivée dans son service.

Une autre composante atypique de ce polar est son caractère contemplatif et à vitesse humaine. Pas de scènes gores, ni des rebonds à chaque fin de chapitre, ni encore des personnages caricaturaux.

Par exemple, dans l'Institut Médico-Légal, 'Ils laissaient traîner un regard dubitatif sur la collection'. Moment de pause, pas de précipitation ininterrompue comme dans de nombreux thrillers.
L'Institut Médico-Légal de Paris, quai de la Rapée.
'Delestran et Beaumont attendaient le légiste dans la bibliothèque de l'IML. C'était toujours un petit soulagement de se retrouver dans cette grande salle ornée de vitrines d'un autre temps [...]'
 
Une autre scène est représentative du rythme 'pausé' de l'enquête.

Dans le jardin de Tuileries où le cadavre a été découvert, Delestran s'attarde devant une statue, faisant attendre les autres membres de la police et les gardiens du jardin: un tigre terrassant un crocodile d'Auguste Nicolas Cain.
Et en effet cette statue existe et représente une scène surprenante. Mais a priori elle n'a aucun lien avec l'intrigue ?...


Ce polar représente aussi une occasion de déambuler dans Paris.
L'auteur nous emmène ainsi dans l'église Notre-Dame-de-l'Assomption, un lieu de culte catholique polonais située place Maurice-Barrès, à l'angle de la rue Saint-Honoré et de la rue Cambon dans le 1er arrondissement de Paris.

En synthèse, un bon moment de lecture. 

A noter, parmi les indices trouvés sur la victime, un livre De Balzac « La peau de chagrin »... Voilà une invitation à un rebond de lecture comme je les aime ! 

Un polar à la papa, sans hectolitre de sang, profondément humain et qui se déguste comme un bon vin.

Les livres qui m'ont marqué... (pas tous chroniqués)

  • 'Beloved' & 'Jazz' de Toni Morrison
  • 'Charlotte' de David Foenkinos
  • 'Crime et châtiment' de Dostoievski
  • 'Kite runner' de Khaled Hosseini
  • 'La joueuse de go" de Shan Sa
  • 'Le quatrième mur' 'Profession du père' de Sorj Chalandon
  • 'Les enfants de Minuit' de Salman Rushdie
  • 'Sombre dimanche' & "L'art de perdre" d'Alice Zeniter
  • 'Sous le soleil des Scorta' et 'Eldorado' de Laurent Gaudé
  • "1984" de George Orwell
  • "Au Zénith" de Dong Thuong Huong
  • "Candide" de Voltaire
  • "En attendant Godot" de Samuel Beckett
  • "Fanrenheit 451" de Bradbury
  • "L'écume des jours" de Boris Vian
  • "L'insoutenable légéreté de l'être", de Milan Kundera
  • "L'œuvre au noir" de Marguerite Yourcenar
  • "L'ombre du vent" de Carlos Ruis Zafon
  • "La métamorphose" de Kafka
  • "La vie devant soi" de Romain Gary
  • "Le Hussard sur le toit" et "Les âmes fortes" de Jean Giono
  • "Le parfum" de Patrick Suskind
  • "Le Portrait de Dorian Gray" d'Oscar Wilde
  • "Le rouge et le noir" de Stendhal
  • "Les Cavaliers" de Joseph Kessel
  • "Les Déferlantes" de Claudie Gallay
  • "Les Raisins de la Colère" de John Steinbeck
  • "Malevil" de Robert Merle
  • "Mr Vertigo" de Paul Auster
  • "Sur la route" de Jack Kerouac
  • à suivre
  • L'univers de Haruki Murakami
  • Les contes d'Alessandra Barrico
  • Les polars de Fréd Vargas
  • Les romans de Sepulveda
  • Les romans de Yasunari Kawabata

Grand Canyon

Grand Canyon