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Liste par auteurs & titres dans Kronik list

lundi 27 juillet 2026

641: 'La guerre des mots' de Barbara CASSIN

 Genre : considérations sur le Novlangue de Trump et Poutine

Histoire
Autrice: 'Trump et Poutine inventent chacun leur novlangue. Et moi, j'ai peur qu'un jour on ne puisse plus dire : ceci est un mensonge. B.C.'

Impressions


Barbara Cassin est une philosophe et académicienne de renom.

A propos de Trump:
"Les analyses linguistiques des moteurs de recherche calculent que son lexique dans ses discours publics correspond à celui d’un élève de cinquième aux États-Unis, soit environ 11-12 ans, avec une grammaire encore plus élémentaire, proche du niveau des 9-10 ans. Elles estiment que le vocabulaire actif utilisé par Donald Trump se situe entre 2 000 et 3 000 mots, un nombre très bas. La répétition de quelques mots sert de toile de fond ou d’horizon, comme on voudra. Dans un même discours on peut trouver : people, great, stupid, good, bad, win, fake… Les insultes sont fréquentes et variées, mais le président est « content », « pas content » !

Une auto-critique de l'Europe très pertinente
'Il existe peut-être une autre composante de la sidération pour nous Européens, et qui n'est pas à notre avantage ni à celui de nos hommes et femmes politiques. Il est sidérant pour nous de constater que Poutine comme Trump, pourtant si imprévisible dans l'instant, comme en premier lieu Hitler lui-même, font effectivement ce qu'ils disent qu'ils feront. Ils ont fait, ils font ce qu'ils annoncent vouloir faire, dans Mein Kampf comme dans le discours électoral de Trump, comme dans les annonces programmatiques de Poutine. C'est sidérant pour nous qui sommes accoutumés aux promesses politiques qui n'engagent que ceux qui les croient. Inutile et attristant d'en esquisser le catalogue, celui des promesses et celui des promesses de tenir les promesses. Mais eux disent ce qu'ils vont faire et voilà qu'ils font en effet ce qu'ils ont dit ! Ils performent pour de bon, y compris pour les droits de douane.
Nous, on pense qu'ils le disent mais que comme d'habitude, ce sont là paroles paroles paroles, démagogie, vantardise, menaces et chantages, mais pendant ce temps, ils le font, et on n'y croit toujours pas, on reste incrédule.'

"Le Washington Post du 1er août 2018 verse au compte de Trump 4 229 fake news en 558 jours (depuis son élection), qui provoquent en réponse de la part des experts un « nous n’avons pas connaissance de cela », soit plus de 7 « contre-vérités et mensonges » par jour en moyenne, avec un pic de 79 le 5 juillet 2018. Durant son premier mandat, entre 2017 et 2021, le journal en a identifié 30 573, soit une moyenne de 20 par jour. On n’a pas encore la moyenne journalière du deuxième mandat… "

Mais au final, on n'apprend au final pas grand chose, et l'éclairage par des grands principes de la philosophie ne m'a pas convaincu.
Il manque une ligne directrice, c'est un livre énervé, un écrit à chaud pour partager ses angoisses, que je partage d'ailleurs.



Un essai express trop fourre-tout qui manque de rigueur dans sa construction.

jeudi 16 juillet 2026

640: 'Solak' de Carole Hinault

Genre : Grand Nuit noire dans un univers blanc

Histoire
Sur la presqu’île de Solak, au nord du cercle polaire arctique, trois hommes cohabitent tant bien que mal. Grizzly est un scientifique idéaliste qui effectue des observations climatologiques ; Roq et Piotr sont deux militaires au passé trouble, en charge de la surveillance du territoire et de son drapeau. Une tension s’installe lorsqu’arrive la recrue, un jeune soldat énigmatique, hélitreuillé juste avant l’hiver arctique et sa grande nuit. 

Impressions

Récit très court (120 pages), avec une langue et une atmosphère uniques.
La langue, c'est celle de Piotr, le militaire au passé obscur, qui habitant ce bout du monde depuis 20 longues années, est 'chef' des 2 autres militaires. Sa fonction est de veiller… sur le drapeau national, planté là, en plein milieu d'un nulle part hostile au possible pour le commun des mortels.


Magistral
Caroline Hinault, agrégée de lettres modernes, enseigne la littérature à Rennes


mardi 16 juin 2026

639: "Autour du Monde' de Laurent MAUVIGNIER

Genre : tsunami de tranches de vies

Histoire
Tranches de vies de quatorze personnages le jour du séisme et du tsunami catastrophiques au Japon, le 11 mars 2011.

Impressions

Même si tous les yeux se tournent vers les images de la catastrophes qui tournent en boucle sur les téléviseurs, dans les médias, la vie continue de par le monde, avec ses moments de bonheur, ses crises, avec sa banalité. 
Le temps s'écoule comme le récit de ces quatorze personnages qui se succèdent sans coupure, sans numérotation de chapitre. Seule une photographie indique le changement de décor la nouvelle histoire peut commencer. L’originalité et la finesse des transitions entre les histoires est remarquable.
En revanche hors la temporalité, il n'existe aucun lien entre des fresques. Le seul point commun est que tous voyagent. Et clairement certaines histoires enchantent par leur profondeur, leur poésie, tandis que d'autres sont parfois très décevantes et plates.


Elles narrent:
- la rencontre d'une fille tatouée au Japon et une issue mortelle; 
- le sauvetage par un passager solitaire de la vie d’un vieil homme sur un paquebot en mer du Nord et, malgré le geste reconnu par la fille du sauvé, le retour dans la solitude ;
- la nage avec des dauphins aux Bahamas, peut-être la seule note positive du roman;
- un rendez pour faire l’amour à Moscou et, à regret, devoir repartir seul;
-  le travail d'un Philippin dans un hôtel à Dubaï, homme invisible des clients;
-  un morceau de bravoure idiot lors d'un safari en Tanzanie, ;
- une escapade amoureuse à Rome ;
-  le croisement de pirates sanguinaires dans le Golfe d’Aden ;
- une tentative de deux vieux italiens  de gagner au casino en Slovénie ;
- un trajet en stop jusqu’en Floride pour retrouver son frère..

Au final je n'ai pas été emportée par la vague romanesque. C'est trop long et inégal.

Voyage dans un monde globalisé et connecté mais où on est souvent terriblement seul(e). C'est amer, et assez inégal selon les récits.

jeudi 4 juin 2026

638: 'L'Été de Cristal' de Philip Kerr

Genre : enquête berlinoise en pleine montée du nazisme

Histoire
Premier tome d'une trilogie où le lecteur découvre Bernie Gunthern, vétéran du front turc, ancien de la police devenu détective privé, spécialisé dans la recherche des personnes disparues.

Dans ce tome, Hermann Six, le puissant industriel qui engage Bernie, ne cherche pas à trouver sa fille : celle-ci a été assassinée chez elle, ainsi que son mari. Non, ce qui intéresse Herr Six, ce sont les bijoux qui ont disparu du coffre-fort.

  
A la veille des Jeux Olympiques, tandis que les S.A. se chargent de rendre la ville « accueillante » aux touristes attendus, Bernie se met en chasse. Et cet été là, l'ordre nouveau qui règne sur l'Allemagne va se charger de faire voler en éclats le peu d'illusions qui lui reste.



Impressions
Premier tome d'une trilogie,  best seller;

Une enquête à Berlin en 1936 en plein montée des nazis au pouvoir. 







Une ville en effervescence lors de ces JO.
Des JO qui seront organisés de manière millimétriques pour honorer Hitler qui vient d’obtenir les pleins pouvoirs. Le nazisme s’installe et dans son sillon toute sa brutalité.
 




Un cadre pour un policier pas coutumier que le cynisme de Bernie permet de relativiser et 


Pas u

samedi 30 mai 2026

637: 'Chaudun, la montagne brisée' de Luc Bronner

Genre : village à vendre

Histoire
Au fond d'une vallée des Hautes-Alpes, les restes d'un  village, des blocs de pierre brisés, presque rien : ci-gît Chaudun, village maudit qui fut vendu en 1895 par ses habitants à l'administration des Eaux et Forêts. Trop d'hommes et de femmes, trop de bêtes à nourrir. 


Extrait du journal "L'Illustration" du samedi 24 août 1895 :
« L'administration des Forêts vient d'acheter pour le service du reboisement la commune de Chaudun (Hautes-Alpes). Toutes les propriétés communales et privées, comprenant une superficie de 2 026 hectares, ont été vendues à l'État pour le prix de 186 000 francs environ. La commune de Chaudun comprenait 98 habitants vivant du produit de leurs pâturages ; mais depuis quelques années les montagnes déboisées avaient perdu une partie de leurs prairies où l'on faisait paître un trop grand nombre de moutons. L'altitude de Chaudun est à 1 400 mètres, et son éloignement de Gap (19 kilomètres), ne permettant pas aux habitants de se créer de nouvelles ressources pour remplacer celles que leur donnaient les pâturages, la commune avait elle-même demandé à être acheté par l'État. Les formalités exigées pour cette opération ont duré plus de quatre ans. Les photographies que nous reproduisons représentent des vues de Chaudun, de la commission chargée d'acheter les propriétés ; nous y voyons le dernier maire de Chaudun, assis sous la cloche de l'église, dont la construction remonte au quinzième siècle. »

Impressions
Un roman-reportage très journalistique qui retrace avec minutie les étapes de la fin d'un village de montagne. C'est le résultat d'une enquête documentaire énorme, relevant dans les archives les questionnaires inquisitoriaux des évêques à l'égard des malheureux curés du village, les délibérations des conseils municipaux, les courriers adressés au ministre de l'agriculture...

Sur la base de ces documents et des 5 photographies de villageois, l'auteur recompose le parcours de certains habitants et surtout celui de la jeune Félicie Marin, décédée à 17 ans le 30 avril 1877, et dont subsiste une partie de la tombe.




La lecture plaisante et instructive, pour son  réel intérêt historique.
C'est très, voire trop détaillé, et très éloigné d'un roman à rebondissements.

J'ai aimé cette lecture. Il faut que j'admette que cette lecture m'a plu car j'avais besoin d'une pause hors de la modernité, vers la nature, pour y chercher plus de sérénité. Cette histoire de gens du 19ième siècle m'a accueilli comme une parenthèse mentale, parfois rafraîchissante avec ses flocons de neige, parfois rude avec ces vies misérables, parfois végétale à travers ces galeries de fleurs et arbres.


Pas 

dimanche 3 mai 2026

636: 'Reine Rouge' de Juan Gómez-Jurado

Genre : ¿Dónde está Carla Ortiz ?

Histoire
Premier tome d'une trilogie où le lecteur découvre Antonia Scott, une personne très spéciale. Elle n'est pas policière mais elle a résolu des dizaines d'affaires criminelles avant de tout arrêter à la suite d'un accident. Depuis, elle se terre dans un appartement vide, jusqu'à ce que l'inspecteur Jon Gutiérrez lui fasse reprendre du service.

Impressions
Un polar animé par un duo improbable, Jon, le flic gentiment mis sur la touche après avoir 'sérieusement merdé', et Antonia, une femme mystérieuse aux capacités cognitives particulièrement développées.

Un polar qui se passe à Madrid, avec des lieux recensés par un blogueur:
  • 7, calle Melancolia, Madrid, Espagne
  • Commissariat quartier Lavapiez, Madrid, Espagne
  • Quartier Finca, Madrid, Espagne
  • Commissariat à Bilbao, Espagne
  • HLA Moncloe University hospital, Madrid, Espagne
  • Café près du rond-point Embaradores, Madrid, Espagne
  • Hôtel Las Letras, Madrid, Espagne
  • Appartement calle de Serrano, Madrid, Espagne
  • Café calle Cedaceros, Madrid, Espagne
  • Parc du Retiro porte O'Donnell devant la casa Arabe, Madrid, Espagne

  • Angle des rues Hermosilla et general Pardinas, Madrid, Espagne
  • Paseo de Recoletos, Madrid, Espagne


Un duo improbable, un cadre sympathique, voilà des ingrédients qui portent la promesse d'un super polar.
Hélas la trame narrative s'embrouille, s'égare dans des rebondissements improbables. Il manque une ligne directrice, trop de sujets abordés.
Et au final de nombreux sujets m'interrogent tels que:

- Comment cette surdouée intellectuelle n'a pas anticipé que son fils allait être enlevé ? Alors qu'elle discerne de nombreux indices ? C'est vraiment un classique joué dans de nombreux polars mais là dans ce contexte c'est difficilement acceptable.

- Quel est le motif du ou de la criminel(le) ? Honnêtement je n'ai pas envie pour ce type de lecture de passer du temps à extraire les éléments éparpillés dans le texte. Et au final je n'ai pas saisi le mobile profond. En particulier quel lien existe-t-il entre les références aux textes bibliques et les mises en scène des crimes ?

- Que devient le journaliste revanchard à la fin du récit ? Il disparait du radar..

Ceci dit, le décor et les personnages cités comme prometteurs font effet le job. J'ai eu du plaisir à suivre leurs pérégrinations, après avoir déposé le cerveau pour ne pas trop tenter d'y trouver de la vraisemblance. Le rythme est enlevé et ce type de lecture 'lave' la tête.

Pas une grande originalité et de nombreuses invraisemblances, mais une pause lecture agréable

mardi 28 avril 2026

635: 'Attaquer la terre et le soleil' de Mathieu Belezi

Genre : de la rude besogne et des bains de sang

Histoire
Destin d'une poignée de colons et de soldats pris dans l'enfer oublié de la colonisation algérienne, au dix-neuvième siècle.
Impressions
Une voix de femme colon en écho à la voix d'un soldat, tous les deux souffrant de la folie et de l'enfer de la colonisation.

Séraphine Jouhaud, une femme colon venue de Marseille avec son mari, leurs trois enfants, sa soeur et son beau-frère. Des familles françaises venues peupler une colonie agricole vendue comme une terre promise par l'État, mais qui n'est finalement qu'un lopin de terre peu fertile, entouré de palissades qui les préservent d'une population hostile.

D'autre part, un soldat anonyme suivant aveuglement les ordres d'un capitaine sanguinaire venu apporter une prétendue « civilisation » aux autochtones, en imposant sa vision de la « pacification » à coups de baïonnettes, massacrant, pillant, violant et brûlant village après village.

D'un côté, la peur et la souffrance, avec le choléra, le paludisme, la famine... Une désillusion par rapport aux promesses d'un jour meilleur qui a du leur être vendu, séduits par la propagande officielle...

De l'autre, la cruauté des soldats, qui transpercent les corps des civils, qui violent, qui pillent..

Roman rare qui fait partager la vie des premiers colons poussés par la France à traverser la Méditerranée.
Sans fards, une peinture hyper- réaliste.

Grand roman sur la folie humaine 
Prix littéraire du journal le Monde et le Prix du Livre Inter 2023

Les livres qui m'ont marqué... (pas tous chroniqués)

  • 'Beloved' & 'Jazz' de Toni Morrison
  • 'Charlotte' de David Foenkinos
  • 'Crime et châtiment' de Dostoievski
  • 'Kite runner' de Khaled Hosseini
  • 'La joueuse de go" de Shan Sa
  • 'Le quatrième mur' 'Profession du père' de Sorj Chalandon
  • 'Les enfants de Minuit' de Salman Rushdie
  • 'Sombre dimanche' & "L'art de perdre" d'Alice Zeniter
  • 'Sous le soleil des Scorta' et 'Eldorado' de Laurent Gaudé
  • "1984" de George Orwell
  • "Au Zénith" de Dong Thuong Huong
  • "Candide" de Voltaire
  • "En attendant Godot" de Samuel Beckett
  • "Fanrenheit 451" de Bradbury
  • "L'écume des jours" de Boris Vian
  • "L'insoutenable légéreté de l'être", de Milan Kundera
  • "L'œuvre au noir" de Marguerite Yourcenar
  • "L'ombre du vent" de Carlos Ruis Zafon
  • "La métamorphose" de Kafka
  • "La vie devant soi" de Romain Gary
  • "Le Hussard sur le toit" et "Les âmes fortes" de Jean Giono
  • "Le parfum" de Patrick Suskind
  • "Le Portrait de Dorian Gray" d'Oscar Wilde
  • "Le rouge et le noir" de Stendhal
  • "Les Cavaliers" de Joseph Kessel
  • "Les Déferlantes" de Claudie Gallay
  • "Les Raisins de la Colère" de John Steinbeck
  • "Malevil" de Robert Merle
  • "Mr Vertigo" de Paul Auster
  • "Sur la route" de Jack Kerouac
  • à suivre
  • L'univers de Haruki Murakami
  • Les contes d'Alessandra Barrico
  • Les polars de Fréd Vargas
  • Les romans de Sepulveda
  • Les romans de Yasunari Kawabata

Grand Canyon

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