New !!

Liste par auteurs & titres dans Kronik list

dimanche 15 mars 2026

628: ' Le péril Bolloré' de Marie Bénilde

Genre : 

Histoire
L'extrême droite française dispose aujourd'hui d'un carburant hautement inflammable : un milliardaire acquis à sa cause. En imposant ses vues dans les éditoriaux et émissions de débat, en favorisant sur ses antennes le Rassemblement national, en validant l'expression des idées les plus rances, en quadrillant l'édition dans les diverses maisons du groupe Hachette, Bolloré poursuit son travail de sape de la République. Il lui reste à accomplir son grand dessein : triompher idéologiquement en fusionnant le monde de l'argent et le populisme nationaliste. Dans cet essai, la journaliste Marie Bénilde livre le récit de l'avènement du Bollorisme et étudie toutes ses significations.




Impressions
D'emblée je n'aime pas trop le parti pris du titre, 'Péril' annonce une couleur.
La journaliste autrice est une collaboratrice du Monde diplomatique, et ne cache pas ses amitiés avec la France Insoumise et ses obsessions. Dont acte.

Je hais les populisme nationaliste et n'ignore évidemment pas les acquointance extrême droite de M. Bolloré.
Alors qu'y apprend-on ?

Ses origines d'abord.



Ses affaires africaines



Son empire médiatique 

Ce monsieur possède une force de frappe et d’influence inédite en France.
 Après avoir échoué à racheter TF1, M. Vincent Bolloré a rejoint le cercle restreint des magnats des médias en prenant le contrôle de Vivendi (groupe Canal P
https://multinationales.org/fr/enquetes/le-systeme-bollore/la-machine-de-guerre-mediatique-et-culturelle-de-vincent-bollore

lus), avec lequel il s’offrira les groupes Prisma (Capital, Voici…) et Lagardère (Le Journal du dimanche, Europe 1…). 
Il possède également de de prestigieuses maisons d’édition (Hachette, Fayard, Grasset, Stock, Larousse…), et des agences de communication (Havas) et de sondages (CSA).




Sa croisade idéologique. 





Su

samedi 14 mars 2026

627: 'Ida' de Chloé Cruchaudet - BD

Genre : aventure corset !

Histoire
1887. Ida est une vieille fille trentenaire, hypocondriaque et autoritaire. Elle qui n'était sortie de chez elle que pour visiter l'exposition universelle de 1867 décide  de quittant inopinément sa Suisse natale pour explorer l'Afrique. Ainsi, elle se rend à Tanger où elle fait la rencontre de Fortunée, une Occidentale délurée. Engoncées dans leurs robes à crinoline, les deux femmes sillonnent l'Afrique, le long de la piste Dakar/Niger, et vivent des aventures hautes en émotions.






Impressions
Récit ironique sur le romantisme naïf, le colonialisme et le paternalisme occidental.

Le ton est sérieux au premier abord, mais totalement décalé, irrévérencieux.
L'intransigeance et les préjugés d'Ida semblent à côté de la plaque sur le continent africain, mais sa persévérance à raison de tout.
Le personnage est assez détestable, l'histoire est pétillante et drôle, on en arrive à se réjouir de ses malheurs, sa naïveté la sauve pourtant de situations tragiques.

J'aime le dessin de Chloé Cruchaudet, rond, aux couleurs vives.


Suisses et corsets dans la nature indomptée de l'Afrique.

lundi 2 mars 2026

626: 'Fils de personne' de Jean-François Pasques

Genre : né.e sous 'X'

Histoire
Le cadavre d’un homme est retrouvé dans un bassin du jardin des Tuileries à Paris. Alors qu’il piétine déjà dans une enquête sur la disparition de trois jeunes femmes, le commandant Julien Delestran est chargé de l’affaire.

Impressions
Un polar classique au rythme humain -le commandent ressent de la compassion- et contemplatif -Par exemple dans l'Institut Médico-Légal, 'Ils laissaient traîner un regard dubitatif sur la collection'.
Pas de scènes gores, ni des rebonds à chaque fin de chapitre, ni encore des personnages caricaturaux. 
C'est un récit intimiste centré sur l'humain qui rend les personnages attachants avec en toile de fond la misère. Le commandant doute et confie ses interrogations à sa femme. Son bras droit, la jeune capitaine Beaumont, lui reproche son accueil plutôt hostile d'une nouvelle arrivée dans son service. 

Une occasion de déambuler dans Paris.

D'abord évidemment le lieu de découverte du cadavre, le Jardin des Tuileries.
Delestran s'y attarde devant une statue surprenante, un tigre terrassant un crocodile d'Auguste Nicolas Cain. A priori aucun lien avec l'intrigue ?...



L'auteur nous emmène également dans l'église Notre-Dame-de-l'Assomption, un lieu de culte catholique polonais située place Maurice-Barrès, à l'angle de la rue Saint-Honoré et de la rue Cambon dans le 1er arrondissement de Paris.

L'Institut Médico-Légal de Paris, quai de la Rapée.
'Delestran et Beaumont attendaient le légiste dans la bibliothèque de l'IML. C'était toujours un petit soulagement de se retrouver dans cette grande salle ornée de vitrines d'un autre temps [...]'


Parmi les indices trouvé sur la victime, un livre De Balzac « La peau de chagrin »... Voilà une invitation à un rebond de lecture comme je les aime ! 



Un polar à la papa, sans hectolitre de sang, profondément humain et qui se déguste comme un bon vin.

mardi 24 février 2026

625: "Cap Canaille" de Christophe GAVAT

Genre : barbecue phocéen

Histoire
Ancien du 36, désormais en poste à Marseille, Henri Saint-Donat est confronté à son premier « barbecue », règlement de comptes en vogue parmi les trafiquants de la cité phocéenne, qui consiste à enfermer un corps dans le coffre d’une voiture à laquelle on met le feu.
Flanqué d’équipiers hauts en couleur, le commandant commence l’enquête qui s’annonce difficile, entre la guerre des gangs et les secrets que cache la victime.


Impressions
Je voulais lire un policier sélectionné par le prix du Quai des Orfèvres.
Et voilà que c'est fait.

Après le 'Roman Inachevé" de Franck Thilliez qui se déroulait en grande partie dans la région de Grenoble que je connais bien, c'est le décor marin de Marseille et ses alentours qui accueillent ce roman.

D'abord le repaire des flics, « L'Évêché » en référence à l'ancien palais épiscopal qui abrite le commissariat central de Marseille et la Direction interrégionale de la police judiciaire (DIPJ) 
 
Ensuite le fief des crapules, le quartier de La Cayolle, situé à l'extrême sud de Marseille, une zone connue pour sa précarité et la présence de trafics. Un quartier en bordure du merveilleux massif des Calanques.

A ces deux sites pivots, s'ajoute celui réservé aux règlements de comptes entre malfrats ou avec soi-même quand on n'a pas le moral, la route des Crêtes et son cap Canaille.

"Souffler enfin, couper le téléphone, refuser d'aller vite, ne pas prendre l'autoroute, suivre les chemins de traverse. Savourer le temps et la route des Crêtes, surplomber la mer et le cap Canaille. S'arrêter, stationner sa voiture au plus haut de la falaise, s'avancer au plus près du précipice, humer l'air, la mer et le vide. Et hurler." 
Itinéraire spectaculaire qui serpente le long des falaises calcaires entre Cassis et La Ciotat, et comme dit par le patron de la Police: "Ce n'est pas un endroit pour mourir, commandant."

Voilà pour le décor. Plutôt sympa.

Pour l'intrigue c'est assez bien construit mais très classique, à nouveau avec deux enquêtes qui finissent par n'en faire qu'une, idem au 'Roman inachevé'. Cependant à noter que l'intrigue ici n'est pas du même niveau de complexité que celles de l'univers de M. Thilliez. Sans doute plus réaliste.
Pour donner de l'épaisseur aux personnages principaux, Henri Saint-Donat, son adjoint, le lieutenant Basile Urteguy, et l'impétueuse Lucie Clert, de la maïzena assez maladroite les habille de blessures de l'âme, comme la perte d'un enfant ou une enfance contrariée. Et se dessine en complément une histoire d'amour assez fleur bleue; elle aurait pu être évitée bien que je comprenne le besoin d'enrichir le récit des investigations policières de celui de la vie privée des hommes et des femmes de la brigade.

Bref, un polar agréable et vite lu, mais que j'oublierai sans doute aussi très vite.

Alors pourquoi a-t-il été sélectionné par le jury ? Sans doute parce qu'il est très bien documenté sur les services de Police, les pratiques et les procédures, comme l'illustrent les innombrables acronymes explicités en bas de page. Après vérification, ce niveau de connaissance s'explique indubitablement par le fait que M. Christophe Gavat, est ... commissaire de police.

Enquête fidèle et réaliste du quotidien de la police, dans le décor plaisant de Marseille.
Polar assez classique, avec des personnages attachants mais assez caricaturaux.
A lire sur la Plage des Catalans ?

Prix du Quai des Orfèvres 2021
Né en 1966, Christophe Gavat entre dans la police en 1989. Lieutenant, il est en poste en région parisienne, puis à Lyon, au sein de la sûreté départementale. Il est décoré de la médaille d'honneur pour acte de courage et de dévouement en 1996, à la suite de son action lors d'un braquage de banque au cours duquel un de ses collègues est blessé.

Il réussit le concours de commissaire en 2002 et exerce à Cannes et à Perpignan. Il est nommé chef de l'antenne grenobloise de la police judiciaire en 2010. Après avoir été suspendu de ses fonctions à la suite de sa mise en examen, il est nommé directeur adjoint de la police aux frontières du département de la Guyane en 2012. Après avoir annoncé mettre un terme à sa carrière début 2014, il reprend du service le 15 septembre 2014 au commissariat d'Annecy.

dimanche 15 février 2026

624: 'Trésor Caché' de Pascal QUIGNARD

Genre : cheminement philosophique et poétique 

Histoire
Une femme perd son chat. En l’enterrant dans son jardin, elle met au jour un trésor. Elle voyage. Elle rencontre un homme en Italie. En l’espace d’un an, sa vie est entièrement transformée.

Impressions
Récit autour des thèmes de l'amour, les chats, la faune, la vieillesse, la vie et la mort.

Louise vient d’aborder la cinquantaine. Elle a besoin de la présence des fleuves et de l’eau dont l’écoulement l’apaise. Elle aime à fumer des cigarettes et à accueillir les songes et les rêves qui la visitent nuitamment. Son métier consiste à reprendre et corriger des manuscrits, souvent directement sur l’écran de son petit ordinateur portable blanc qu’elle emporte partout avec elle. Déjà grande et mariée, sa fille Claire habite à Barcelone. 

Elle  se réinvente, bouleverse le sens de sa vie jusque là paisible à Sens dans l'Yonne. La découverte de ces pièces d'or l'incite à voyager, à se faire plaisir, jusqu'à croiser dans l'île de Procida un homme aux multiples facettes, Luigi, Ludwig ou Louis.

Louise aime la solitude et les chats, et Luigi.
L'amour des chats mais aussi des hommes.
La mort des chats mais aussi des hommes qui sont aussi non éternels, à l'image de Luigi qui est atteint d'une maladie grave.
Procida, colorée

L'écriture est ciselée, somptueuse.
Le texte est subtil tout en nuances, un rien énigmatique. 
Les thèmes de la mort et du deuil sont traités avec une grande douceur.
De nombreuses références littéraires, mythologiques, sont présentes, mais surtout la nature y est chantée avec grâce.
'Elle regarda au loin le bas du jardin, la rivière, le ponton, les aulnes, la grille, la petite maison, le pilier de l'auvent au chèvrefeuille, la terre remuée et ratissée et la tombe invisible. Plus loin, au loin, les oiseaux qui voletaient dans les branches des aulnes et du noisetier sur le bord de la rivière. Les bergeronnettes des ruisseaux sur les orties et les iris. Bergeronnettes au ventre vert et aux joues jaunes. Elle rêva.'

Alors que j'ai couru à travers les pages du thriller lu précédemment, c'est ici un roman à déguster, lentement, contemplatif et vibrant de par son écriture subtile et inspirée. Et qui nous touche par ses thèmes partagés par tous les humains.

Une belle rencontre heuristique avec cet auteur que ne j'avais jamais lu avant le roman 'Les solidarités mystérieuses' mais que je connaissais à travers l'adaptation en film de 'Tous Les Matins du Monde', merveilleux film sorti en 1991 avec Guillaume Depardieu et Jean-Pierre Marielle.


Orfèvrerie des mots, poésie et philosophie. Un récit contemplatif, sensible.

samedi 14 février 2026

623: ' Le manuscrit inachevé' de Franck Thuillier

Genre : thriller glauque

Histoire
Aux alentours de Grenoble, une voiture finit sa trajectoire dans un ravin. Dans le coffre, le corps d'une femme, les orbites vides, les mains coupées et rassemblées dans un sac...
Sur la côte d'Opale, le mari de Léane Morgan, écrivaine reine du thriller, subit une agression soudaine.
Dans le vent, le sable et le brouillard, une question parmi d'autres se pose : vers qui et vers quoi se tourner quand l'unique vérité est que tout vous devient étranger ? 

Impressions
Récit relativement complexe, truffé de sous-intrigues.
Selon une structure assez classique finalement où deux enquêtes finissent pas se rejoindre.

Le récit est sanguinolent, trait caractéristique de Franck Thilliez. L'hémoglobine coule à flot au travers d'actes perpétrés dans la souffrance extrême d'un donjon SM, le kidnapping et la torture des victimes, la reconstituions de l'Homme de Vitruve par échantillons humains.... C'est rouge sombre. Heureusement les descriptions ne donnent pas dans le détail.

Dans ce climat étouffant deux personnages donnent un peu d'air, tous les deux reliés par ce fil invisible du thème de la mémoire.
D'un côté Vic le flic hypermnésique: il retient absolument tout, pas un détail, pas un chiffre ne sort de son cerveau qui emmagasine absolument tout. 
De l'autre côté Léane l'écrivaine en quête de vérité sur la disparition de sa fille a occulté beaucoup de choses de son passé.
(Sans compter son mari qui lui a perdu la mémoire suite à une agression...)

L'auteur parsème son roman d'énigmes.
    Le préambule explique qu’il s’agit en réalité d’un manuscrit d’un grand écrivain décédé récemment. Ce manuscrit était incomplet mais son fils, auteur lui aussi, a réussi à résoudre l’énigme et à rédiger le dénouement. Et hop une première énigme.
Le récit débute en expliquant que l'autrice vient de publier un roman intitulé, lui aussi,  Le Manuscrit inachevé. On se retrouve donc à parler d’un roman qui se passe dans un roman qui raconte un roman!

C'est un roman est planté dans deux décors contrasté, les Alpes avec Grenoble et les Bauges et les lors bords de mer avec la côte d'Opale. J'ai découvert par exemple le fort d'Ambleteuse un lieu clé du roman.



S'ajoutent des énigmes dans le texte même.

Par exemple des palindromes sont soulignés
  • p 105 MammaM
  • p122 Senones
  • p122 Senones
  • p194 DVD
  • p202 DVD
  • p203 MammaM
  • p203 DVD
  • p207 DVD
  • p210 DVD
  • p211 DVD
  • p346 MammaM
  • p380 DVD
  • p507 MammaM
Quel en est le sens ??

Autre devinette avec l'incipit qui annonce « Juste un mot en avant : un xiphophore » . 
  • Si on cherche le mot avant Xiphophore dans un dictionnaire, on trouve Xyphopage. Se dit de monstres qui résultent de la réunion de deux individus depuis l’extrémité inférieure du sternum jusqu’à l’ombilic commun (monstre monomphalien).
  • Si on prend chaque première lettre de l'incipit, on lit 'JUMEAUX', clé du roman.
 Autre exemple, la dernière phrase "Chaque être se tut, livré enfin au noir éternel" se décode en 'C'est Léane'.


Un bon thriller qui tient en haleine et 'divertissant' par ses énigmes 

mardi 27 janvier 2026

622: "La Cité aux murs incertains" de Haruki MURAKAMI

Genre : pour les liseurs de rêves

Histoire
Le narrateur de ce roman est un lycéen de 17 ans qui rencontre une camarade, d’un an sa cadette, dont il tombe éperdument amoureux. Par chance, cet amour est réciproque. Un jour, la jeune fille lui confie qu’elle n’est qu’une ombre et que son « vrai moi » se trouve dans une cité entourée de grandes murailles, où les habitants vivent sans ombre et où paissent des licornes. Elle lui parle aussi d’une bibliothèque où l’on lit de vieux rêves. Puis, un jour, la jeune fille disparaît.
Par amour pour elle, il part à sa recherche et entame une sorte de quête identitaire.


Impressions
Avec plaisir je retrouve le monde onirique de Murakami. Univers empreint de poésie, de contemplations. Attention, l'engourdissement dans le froid hivernal souvent présent peut tuer les licornes mais aussi contaminer le lecteur :)
Alors quelle intrigue ?
Avant la parution de ce roman, seules deux informations avaient été dévoilées à la presse dont l'accroche : « Une histoire enfermée commence à avancer tranquillement, comme si de vieux rêves étaient réveillés et dénoués dans une archive isolée. »

En effet le thème de l'enfermement dans un « deuxième monde caché » est prégnant, inscrit dans la veine des thèmes récurrents de l’œuvre de Haruki Murakami. 
Ces mondes peuvent être oniriques, comme dans Chroniques de l’oiseau à ressort (1994-1995), ou encore physiques et nécessitent un point de passage pour y entrer, comme dans 1Q84, Kafka sur le rivage et Le Meurtre du Commandeur. 
Les protagonistes des romans de Haruki Murakami y entrent généralement contre leur volonté, mais y résolvent leurs problèmes:
  1. Les amoureux de jeunesse Tengo et Aomamé se retrouvent dans le monde de l’année 1Q84,
  2. Toru Okada parvient à retrouver sa femme évaporée dans l’étrange chambre 208 dans Chroniques de l’oiseau à ressort
  3. Kafka Tamura rencontre une version plus jeune de Mlle Saeki dans Kafka sur le rivage. 
Dans la Cité aux murs incertains, les personnages choisissent de se rendre dans cette ville mystérieuse. Elle est réservée à celles et ceux qui ne trouvent pas leur place dans le monde contemporain. Bien qu’il soit quasiment impossible d’en sortir, le narrateur parvient à faire des va-et-vient entre ces deux mondes. 
La construction narrative de ces va-et-vientest talentueuse, mêlant les mondes réel et fictionnel avec fluidité.

Un élément assez étonnant est le thème omniprésent du désir inassouvi, proscrivant tout acte charnel. Les personnages sont quasiment asexués, à l'image des Licornes de la Cité.
Rien d'étonnant quand on comprend que les protagonistes de l'histoire sont des ombres, des fantômes. La Cité au murs incertains nous raconte le destin de personnages qui n’arrivent pas à s’ancrer dans le monde, pour divers motifs. Même le narrateur, archétype du héros murakamien, 'flotte', personnage décalé et dépressif. ll est solitaire, aime lire, écoute du jazz et de la musique classique, et trouve du réconfort dans la répétition du quotidien.

J'ai apprécié cette lecture mais je dois reconnaître qu'il peut ennuyer de nombreux lecteurs et lectrices, d'autant plus que je concède que ce n'est pas le meilleur. De plus une critique largement relayée par les réseaux sociaux est qu'il s'agit d'une reprise d'un de ses anciens romans, la Fin des Temps écrit dans les années 80 et paru en France en 2019.
Plus que l'histoire, j'aime me 'plonger' dans un roman de Murakami pour ses lenteurs, ses piétinements, le cours onirique des errements entre différents mondes. Un univers où se côtoient conscience et l'inconscient, où la réalité et l'imaginaire se confondent avec subtilité, où le rêve et la mémoire s'entremêlent délicatement. Cela donne l'impression que tout cela est perméable, miscible, parfaitement logique, possible, malgré son étrangeté.

Pas le meilleur mais ô combien envoutant par ses climats et univers oniriques.

Les livres qui m'ont marqué... (pas tous chroniqués)

  • 'Beloved' & 'Jazz' de Toni Morrison
  • 'Charlotte' de David Foenkinos
  • 'Crime et châtiment' de Dostoievski
  • 'Kite runner' de Khaled Hosseini
  • 'La joueuse de go" de Shan Sa
  • 'Le quatrième mur' 'Profession du père' de Sorj Chalandon
  • 'Les enfants de Minuit' de Salman Rushdie
  • 'Sombre dimanche' & "L'art de perdre" d'Alice Zeniter
  • 'Sous le soleil des Scorta' et 'Eldorado' de Laurent Gaudé
  • "1984" de George Orwell
  • "Au Zénith" de Dong Thuong Huong
  • "Candide" de Voltaire
  • "En attendant Godot" de Samuel Beckett
  • "Fanrenheit 451" de Bradbury
  • "L'écume des jours" de Boris Vian
  • "L'insoutenable légéreté de l'être", de Milan Kundera
  • "L'œuvre au noir" de Marguerite Yourcenar
  • "L'ombre du vent" de Carlos Ruis Zafon
  • "La métamorphose" de Kafka
  • "La vie devant soi" de Romain Gary
  • "Le Hussard sur le toit" et "Les âmes fortes" de Jean Giono
  • "Le parfum" de Patrick Suskind
  • "Le Portrait de Dorian Gray" d'Oscar Wilde
  • "Le rouge et le noir" de Stendhal
  • "Les Cavaliers" de Joseph Kessel
  • "Les Déferlantes" de Claudie Gallay
  • "Les Raisins de la Colère" de John Steinbeck
  • "Malevil" de Robert Merle
  • "Mr Vertigo" de Paul Auster
  • "Sur la route" de Jack Kerouac
  • à suivre
  • L'univers de Haruki Murakami
  • Les contes d'Alessandra Barrico
  • Les polars de Fréd Vargas
  • Les romans de Sepulveda
  • Les romans de Yasunari Kawabata

Grand Canyon

Grand Canyon