Genre :
Histoire
Au fond d'une vallée des Hautes-Alpes, les restes d'un village, des blocs de pierre brisés, presque rien : ci-gît Chaudun, village maudit qui fut vendu en 1895 par ses habitants à l'administration des Eaux et Forêts. Trop d'hommes et de femmes, trop de bêtes à nourrir.
Extrait du journal "L'Illustration" du samedi 24 août 1895 :
« L'administration des Forêts vient d'acheter pour le service du reboisement la commune de Chaudun (Hautes-Alpes). Toutes les propriétés communales et privées, comprenant une superficie de 2 026 hectares, ont été vendues à l'État pour le prix de 186 000 francs environ. La commune de Chaudun comprenait 98 habitants vivant du produit de leurs pâturages ; mais depuis quelques années les montagnes déboisées avaient perdu une partie de leurs prairies où l'on faisait paître un trop grand nombre de moutons. L'altitude de Chaudun est à 1 400 mètres, et son éloignement de Gap (19 kilomètres), ne permettant pas aux habitants de se créer de nouvelles ressources pour remplacer celles que leur donnaient les pâturages, la commune avait elle-même demandé à être acheté par l'État. Les formalités exigées pour cette opération ont duré plus de quatre ans. Les photographies que nous reproduisons représentent des vues de Chaudun, de la commission chargée d'acheter les propriétés ; nous y voyons le dernier maire de Chaudun, assis sous la cloche de l'église, dont la construction remonte au quinzième siècle. »
Impressions
Un roman-reportage très journalistique qui retrace avec minutie les étapes de la fin d'un village de montagne. C'est le résultat d'une enquête documentaire énorme, relevant dans les archives les questionnaires inquisitoriaux des évêques à l'égard des malheureux curés du village, les délibérations des conseils municipaux, les courriers adressés au ministre de l'agriculture...
Sur la base de ces documents et des 5 photographies de villageois, l'auteur recompose le parcours de certains habitants et surtout celui de
La lecture plaisante et instructive, pour son réel intérêt historique.
Maintenant, il faut que j'admette que cette lecture m'a plu car j'avais besoin d'une pause hors de la modernité, vers la nature, pour y chercher plus de sérénité. Cette histoire de gens du 19ième siècle m'a accueilli comme une parenthèse mentale, parfois rafraîchissante avec ses flocons de neige, parfois rude avec ces vies misérables, parfois végétale à travers ces galeries de fleurs et arbres.
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