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Liste par auteurs & titres dans Kronik list

samedi 3 octobre 2026

650: ' Les exportés' de Sonia Devillers

Genre : (Un-Porc)-Export

Histoire
La famille maternelle de Sonia Devillers a quitté la Roumanie communiste en 1961. L'autrice a tardivement découvert la la vérité sur ce départ d'un pays dont nul n'était censé pouvoir s'échapper: sa mère, sa tante, ses grands-parents et son arrière-grand-mère ont été monnayés à tels des marchandises contre des porcs, le comble ultime pour des juifs.
Ce livre en raconte ce passé reconstruit à partir de documents et témoignages, pour combler les faits tus par la famille et les paradoxes de la Roumanie. 

Impressions
Premier livre de cette journaliste

Un roman 

649: 'Montefiore' de Pierre-Henry GOMONT - BD

Genre : vif et sensible

Histoire
    Les enfant de Giorgio, Andrea et Angelo, sont deux frères passionnés des courses de chevaux qui se déroulent autour des grandes places des villes italiennes. 
Leur oncle, Guido est un cavalier reconnu, excellent sur son cheval, les invite à venir passer une partie de l'été aux écuries. Un été pour s'occuper des chevaux d'un élevage prestigieux, les amadouer et les monter, mais aussi découvrir les secrets de leur famille, les Montefiore.



Impressions
C'est la famille qui est au cœur de ce roman graphique.
Comme l'explique Giorgio, le père des 2 enfants Andrea et Angelo, héros de ce récit : le mot « famille » viendrait d’un dialecte primitif du centre de l’Italie, dérivé du mot « famel », qui signifierait « esclave ».
Voilà un message bien dur qu'adresse Giorgio à ses 2 garçons avec lesquels il vit en compagnie de sa femme. Et des conflits familiaux il a une expérience compliquée, ayant coupé depuis longtemps les relations avec la sienne, les Montefiore, des éleveurs de chevaux. L’argent et l’honneur ont cultivé un mauvais ressentiment et vicié les relations.

L'autre sujet de ce roman est la passion des chevaux. Les courses de Palio au cœur de scènes extraordinaires dans ces planches colorées
Gomont excelle à insuffler le mouvement ; ses personnages sont peints avec des jambes allongées et aux pas gigantesques, à la manière des premiers Spirou de Jijé et Franquin. Vitesse, énergie, dynamisme sont exprimés avec maestria aussi bien dans ces courses féroces à cru sur les chevaux mais aussi dans le quotidien des enfants qui courent ou plongent. C'est vif, nerveux, cela claque comme un fouet.

A noter ces intermèdes du passé, dessinés dans des teintes monochromes et froides, accompagnés d’une voix off qui révèle les non-dits de l'histoire familiale. Une manière de donner de l'épaisseur au récit.

Un roman graphique magnifique, impétueuse et sensible. Yes !!

648: 'Soie' d'Alessandro BARRICO

Genre : bruissement d'un voile de soie

Histoire
A Lavilledieu, en 1861, pour sauver les élevages de vers à soie contaminés par une épidémie, Hervé Joncour part au Japon. 
Le Japon: « Une île faite d’îles », refusant depuis des siècles tout contact avec le continent et l’étranger. Une destination fascinante dont il ne reviendra pas indemne.

Impressions
Un court roman d'un grand écrivain italien, pour une fois une relacture de cette pépite, .
Une économie de moyens, une écriture sobre au service d'une musicalité subtile, avec ses respirations, ses adagios et ses vrombrissements.

C'est le contraste entre deux mondes, les monts du Vivarais et le Japon de l'ère Meiji.
Deux mondes éloignés qui nécessitent des voyages longs et périlleux pour les rejoindre.

C'est aussi une histoire d'amour et de guerre, une alchimie merveilleuse qui tisse des fils soyeux impalpables.
Entre l'Hervé et sa femme Hélène, Pénélope qui tisse alors que son mari ullysien s'évade vers la sirène du Japon.
Entre Hervé et cette Geisha énigmatique, des regards croisés et des signes japonais énigmatiques. Des amours impossibles, désirs en ombres, vibrant de sensualité et de désirs.
"Il l'aima pendant des heures, avec des gestes qu'il n'avait jamais faits, se laissant enseigner une lenteur qu'il ne connaissait pas."

C'est le récit d'un héros qui, en dépit des trajets dangereux qu'il affronte sans peur, est passif devant sa vie, détaché comme le lecteur peut aussi l'être finalement à son encontre.
"C’était un de ces hommes qui aiment assister à leur propre vie, considérant comme déplacée toute ambition de la vivre."

Au long de chaque vie s'offrent des vies alternatives mais l'auteur nous met en garde qu'entrevoir ces univers parallèles a un coût et que peut-être l'amour à cultiver est déjà là, à proximité.

Un roman empreint de retenue, de sensualité et de suggestions. A savourer et resavourer.

jeudi 3 septembre 2026

647: 'Les simples' de Yannick Grannec

Genre : une histoire pas simple

Histoire
(quatrième de couverture)
1584, en Provence.
L’abbaye de Notre-Dame du Loup est un havre de paix pour la petite communauté de bénédictines qui y mène une existence vouée à Dieu et à soulager les douleurs de Ses enfants. Ces religieuses doivent leur indépendance inhabituelle à la faveur d’un roi, et leur autonomie au don de leur doyenne, sœur Clémence, une herboriste dont certaines préparations de simples sont prisées jusqu’à la Cour.
Le nouvel évêque de Vence, Jean de Solines, compte s’accaparer cette manne financière. Il dépêche deux vicaires dévoués, dont le jeune et sensible Léon, pour
inspecter l’abbaye. À charge pour eux d’y trouver matière à scandale ou, à défaut... d’en provoquer un. Mais l’évêque, vite dépassé par ses propres intrigues, va allumer un brasier dont il est loin d’imaginer l’ampleur.
Il aurait dû savoir que, lorsqu’on lui entrouvre la porte, le diable se sent partout chez lui. Évêque, abbesse, soigneuse, rebouteuse, seigneur ou souillon, chacun garde une petite part au Malin. Et personne, personne n’est jamais aussi simple qu’il y paraît.


Impressions

Un roman érudit.

Les simples désignaient au Moyen Âge les plantes médicinales utilisées pour soigner.






Un

 
Yannick Grannec vit à St-Paul de Vence. Elle est graphiste et illustratrice de métier.


dimanche 23 août 2026

646: ' L’Enfant et la Rivière' de Xavier Coste et Henri Bosco

Genre : Parcours initiatique d’un enfant sage épris de liberté, entre rêve et réalité

Histoire
la plume et les pinceaux de Xavier Coste pour adapter en BD le roman de Henri Bosco

La Provence, écrasée par le soleil et qui malgré tout attriste le protagoniste principal, le jeune Pascalet. Son unique distraction ? les visites de Bargabot, un braconnier qui apporte régulièrement du poisson à ses parents, du poisson justement pêché dans la rivière interdite. De quoi définitivement attiser sa curiosité...



Impressions
Un roman poétique absolument sublimé par l'univers graphique de Xavier Coste.
Poésie des mots,  beauté des paysages, mystère, aventure, c'est magnifique.
Les aquarelles à dominante de bleu, vert et violet nous transportent dans un univers entre rêve et réalité.





« Le plus difficile a été de trouver le ton de cette adaptation. Le texte de Henri Bosco est remarquablement écrit mais certains aspects du roman paraissent un peu datés aujourd’hui, je voulais donc le moderniser mais sans le dénaturer."

Gros coup de cœur. Un graphisme magistral et magique pour transcrire l'univers onirique de l'enfance.

dimanche 16 août 2026

645: 'La Forêt de flammes et d'ombres' d'Akira Mizubayashi

Genre : guerre et amours

Histoire
Embauché dans un centre de tri postal, Ren Mizuki y rencontre deux autres étudiants qui partagent sa passion pour la culture et l'art européens : Yuki, peintre elle aussi, et Bin, un violoniste promis à une carrière internationale.
En 1945, Ren est appelé en Mandchourie dans l'enfer des combats. Il en rentre mutilé et son destin lui semble funeste et désespéré.
Est-ce que ses deux amis lui apporteront le réconfort et le soutien pour renverser ce destin ?

Impressions
Je retrouve les thèmes récurrents de cet auteur dont le roman 'Âme brisée' m'a tant touché. 
La musique, et en particulier le violon, et son amour pour la culture française.

"La Cavatine commença en sotto voce dans la plus grande douceur. On n’entendit pas le moindre souffle des trois auditeurs pendant toute la Cavatine. Au moment où Bin s’apprêtait à retirer le disque, Yuki lui demanda si elle pouvait réécouter le morceau, il hocha la tête d’un air heureux. Ils se replongèrent dans la Cavatine encore une fois. "

Se retrouve également l'élégance, la pudeur et l'onirisme de son écriture. Même les scènes les plus sensuelles et fortes comme celle où Ren peint avec sa bouche sur le corps de Yuki, restent empreints de réserve.
Le seul personnage un peu démonstratif est la chienne Hanna qui traverse les années au-delà de la durée de vie des Shibas (je n'en "spoile" pas la raison !).

Ce récit appelle évidemment à des références d'autre romans traitant du sujet des 'Gueules cassées. Parmi elles, chroniqués dans Blogging-Pot, 'Au-revoir là-haut' de Pierre Lemaître et 'La chambre des officiers' de Marc Dugain. Sans doute le deuxième s'apparente le plus, partageant le thème de l'amour au-delà du physique défiguré.

C'est finalement l'art pour combattre la barbarie, pour se dresser contre la guerre que je retiens comme principal thème de ce roman. La musique et la peinture peuvent rassembler les hommes au-delà des différences de cultures.

"L’art, c’est ce qui résiste. […] Seul, il résiste à la mort, soit sous la forme d’une œuvre d’art, soit sous la forme d’une lutte des hommes"
"Aya ne se contenta pas de sillonner la France. Elle s'aventura dans d'autres pays d'Europe. A Venise, elle savoura la beauté fulgurante des œuvres de Guardi et de Tiepolo. A La Haye, au Mauritshuis, elle contempla avec ravissement, plus que La Jeune Fille à la perle, la magnifique luminosité de la Vue de Delft de Veermer; au musée du Prado à Madrid, elle fut hypnotisée non seulement par les grands tableaux de Velázquez comme Les Ménines, mais encore et surtout par les peintures noires de Goya dont notamment Le Chien, ce tableau presque abstrait qui représente au milieu d'une surface jaune et marron verdâtre la minuscule tête d'un chien presque entièrement enseveli, comme s'il subissait solitairement la destruction du monde par une catastrophe innommable."

Un roman humain, délicat et sobre. Mais qui manque un peu de flammes pour bouleverser le lecteur.
Cependant à noter que cet auteur, d’origine japonaise, rédige ce roman et tous ses livres en langue française. Remarquable !

644: 'Mourir deux fois' de Maxime Girardeau

 Genre : a

Histoire
Théo




Impressions

Un roman 






Un 

jeudi 13 août 2026

643: 'Cantique du chaos ' de Mathieu Belezi

Genre : apocaliptique

Histoire
Théo



Impressions

Un roman coup de poing



Un 

mardi 11 août 2026

642: 'Pour mourir, le monde' de Yan LESPOUX

Genre : cocktail aventureux de Médoc, Goa et Bahia

Histoire

Un fait historique: en janvier 1627, suite à une tempête dantesque, les sept navires d'une armada portugaise coulèrent au large des côtes du Médoc, dont deux caraques revenant des Indes chargées de toutes les richesses de l'Orient : le plus terrible naufrage de l'histoire de la marine portugaise.

Trois histoires romancées: trois héros ordinaires vont finir par croiser leurs routes dans une tempête d'aventures.
Marie : sur la côte landaise, pour échapper aux autorités qui la recherchent, elle s'est réfugiée dans une communauté de pilleurs d'épaves sous la coupe d'un homme brutal. La jeune fille à peine sortie de l'adolescence refuse pourtant de baisser la tête.
Diogo: au Brésil, orphelin engagé dans la guérilla portugaise qui tente de reprendre Salvador de Bahia aux Hollandais.
Fernando: à Goa, engagé de force dans l'armée portugaise, il met tout en œuvre pour échapper à sa condition.


Impressions
    Yann Lespoux est historien, un universitaire spécialisé dans la civilisation occitane, blogueur réputé de polars et auteur d’un très réussi recueil de nouvelles contemporaines ancrées dans son Médoc natal. Il connaît son sujet.
Mais il parvient à éviter un récit trop savant et monotone, nous embarquant à bord de caravelles, de hourques (voiliers de transport à deux mâts, d'origine néerlandaise). On y attrape le mal de mer, le scorbut, on souffre d'odeurs pestilentielles, boit la tasse en se noyant.

Les 3 héros ordinaires luttent pour leur survie, tuent, se cachent, fuient les nobles injustes, l'inquisition, la famine...
"C'est un équilibre difficile, la peur. Bien proportionnée, elle pousse à la soumission. Mais si elle devient trop forte, elle incite à la rébellion."

Ils se rebellent, parfois jusqu'à faire face à la mort pour aller à l'encontre de leurs destinées de pions balancés par les puissants.
"Je suis un des milliers de bras armés qui maintiennent en vie des empires qui ne le méritent pas. Comme toi et comme lui. Aujourd’hui, je m’en vais avec ma part ou bien je meurs. Mais plus personne n’aura rien de moi que je n’ai décidé moi-même d’offrir"

Le récit est incroyablement immersif. Le lecteur plonge dans l'écume des flots, évite de justesse les boulets de canon, s'embourbe dans les marais du Médoc, inhale les parfums des épices indiens... 
Pour moi qui n'ai pas le pied marin, ce fut une sacrée pérégrination :)

Un roman captivant d'aventures maritimes. Une grand épopée foisonnante.

lundi 27 juillet 2026

641: 'La guerre des mots' de Barbara CASSIN

Genre : considérations sur le Novlangue de Trump et Poutine

Histoire
Autrice: 'Trump et Poutine inventent chacun leur novlangue. Et moi, j'ai peur qu'un jour on ne puisse plus dire : ceci est un mensonge. B.C.'

Impressions
Barbara Cassin est une philologue, helléniste et philosophe française, directrice de recherche émérite au CNRS et membre de l’Académie française depuis 2018. Spécialiste des sophistes et des présocratiques, elle explore le pouvoir des mots, la traduction et les « intraduisibles », notamment dans le Vocabulaire européen des philosophies.

De l'appropriation du langage
"ils s'approprient concrètement la possibilité même de la performance. Le langage est à eux, la possibilité de discourir leur appartient, qu'ils tweetent tous les matins ou tiennent un long discours en conférence de presse."



De la sidération
"Asséner l'évidemment faux et avoir l'air d'y croire vraiment produit la sidération."
Pour l'Europe
"[...] il y va d'une complète remise en cause de tous ses usages, forgés par des siècles de civilité: rhétorique et politesse."

Le discours de Vance à Munich représente un point culminant de la réécriture de la réalité, accusant l'Europe d'intimider, de désinformer et de censure la voix du peuple, et qui sans fard exprime son soutien aux partis d'extrême droite.
'De plus en plus, partout en Europe, les gens votent pour des dirigeants politiques qui permettent de mettre fin à une immigration incontrôlée."


A propos du lexique de Trump:
"Les analyses linguistiques des moteurs de recherche calculent que son lexique dans ses discours publics correspond à celui d’un élève de cinquième aux États-Unis, soit environ 11-12 ans, avec une grammaire encore plus élémentaire, proche du niveau des 9-10 ans. Elles estiment que le vocabulaire actif utilisé par Donald Trump se situe entre 2 000 et 3 000 mots, un nombre très bas. La répétition de quelques mots sert de toile de fond ou d’horizon, comme on voudra. Dans un même discours on peut trouver : people, great, stupid, good, bad, win, fake… Les insultes sont fréquentes et variées, mais le président est « content », « pas content » !

Une auto-critique de l'Europe très pertinente
'Il existe peut-être une autre composante de la sidération pour nous Européens, et qui n'est pas à notre avantage ni à celui de nos hommes et femmes politiques. Il est sidérant pour nous de constater que Poutine comme Trump, pourtant si imprévisible dans l'instant, comme en premier lieu Hitler lui-même, font effectivement ce qu'ils disent qu'ils feront. Ils ont fait, ils font ce qu'ils annoncent vouloir faire, dans Mein Kampf comme dans le discours électoral de Trump, comme dans les annonces programmatiques de Poutine. C'est sidérant pour nous qui sommes accoutumés aux promesses politiques qui n'engagent que ceux qui les croient. Inutile et attristant d'en esquisser le catalogue, celui des promesses et celui des promesses de tenir les promesses. Mais eux disent ce qu'ils vont faire et voilà qu'ils font en effet ce qu'ils ont dit ! Ils performent pour de bon, y compris pour les droits de douane.
Nous, on pense qu'ils le disent mais que comme d'habitude, ce sont là paroles paroles paroles, démagogie, vantardise, menaces et chantages, mais pendant ce temps, ils le font, et on n'y croit toujours pas, on reste incrédule.'
"C'est sidérant pour nous qui somme accoutumés aux promesse politiques qui n'engagent que ceux qui les croient."

Les fake news devenus courants du langage
"Le Washington Post du 1er août 2018 verse au compte de Trump 4 229 fake news en 558 jours (depuis son élection), qui provoquent en réponse de la part des experts un « nous n’avons pas connaissance de cela », soit plus de 7 « contre-vérités et mensonges » par jour en moyenne, avec un pic de 79 le 5 juillet 2018. Durant son premier mandat, entre 2017 et 2021, le journal en a identifié 30 573, soit une moyenne de 20 par jour. On n’a pas encore la moyenne journalière du deuxième mandat… "

L'un comme l'autre:
- Usent de la répétition de slogans
"Ils doivent d'abord se faire se faire écouter. Même aplomb : il faut captiver l'accroche des orateurs [] surprendre asséner, puis répéter et transformer la violence de l'étonnement en norme et en évidence par la répétition, usage, usure."

Maga maga maga
Drill baby drill
Victoire victoire

- Sont des exhibitionnistes narcissiques
"Trump sont d'ailleurs des exhibitionnistes de leur corps."
"Trump se relève après la balle qui le rate et l'érafle, poing levé : Fight !"
Poutine se montre torse nu sur un cheval, en maillot de bain dans la mer, puis au bout de sa table immense."

- Sont riches et incarnent le destin de leur peuple.
Je suis l'Amérique et je le prouve au monde
Je suis l'Empire russe et je le prouve au monde.

- Ecrivent l'histoire autrement.
- Détestent l'Europe

Mais au final, on n'apprend pas grand chose, et l'éclairage par des grands principes de la philosophie ne m'a pas convaincu.
Il manque une ligne directrice, c'est un livre énervé, un écrit à chaud pour partager ses angoisses, que je partage d'ailleurs.

Un essai express confus.

jeudi 16 juillet 2026

640: 'Solak' de Carole Hinault

Genre : Grand Nuit noire dans un désert blanc

Histoire
Sur la presqu’île de Solak, au nord du cercle polaire arctique, trois hommes cohabitent tant bien que mal. Grizzly est un scientifique idéaliste qui effectue des observations climatologiques ; Roq et Piotr sont deux militaires au passé trouble, en charge de la surveillance du territoire et de son drapeau. Une tension s’installe lorsqu’arrive la recrue, un jeune soldat énigmatique, hélitreuillé juste avant l’hiver arctique et sa grande nuit. 

Impressions

Récit très court (120 pages), avec une langue et une atmosphère uniques.
La langue, c'est celle de Piotr, le militaire au passé obscur, qui habitant ce bout du monde depuis 20 longues années, est 'chef' des 2 autres militaires. Sa fonction est de veiller… sur le drapeau national, planté là, en plein milieu d'un nulle part hostile au possible pour le commun des mortels.
« Saleté d'espoir. L'avantage de l'âge, c'est qu'on le fait taire très vite et moi je suis trop vieux pour tout, y compris cette saloperie de froid qui me craquelle la bouche, me couperose tellement la gueule que j'ai l'air d'un lutin de papier mâché roulé dans le sucre glace. »


L'atmosphère, c'est le huis clos d'un morceau de territoire de l'Arctique. Ces quatre hommes sont là pour oublier, son passé, ses peurs, ses crimes...
"On est tous arrivés ici pour la même raison, l'espoir d'amnésie à moins que ce ne soit d'amnistie, c'est le problème des grands mots, à deux lettres près comment savoir ?"
Mais dans ce royaume de la banquise, sans nuits, puis sans jours, on broye du noir. Et on doit supporter la promiscuité des autres, pas moyen de s'évader, les ours et le froid mordant v veillent et tuent.

Magistral.
Caroline Hinault, agrégée de lettres modernes, enseigne la littérature à Rennes


mardi 16 juin 2026

639: "Autour du Monde' de Laurent MAUVIGNIER

Genre : tsunami de tranches de vies

Histoire
Tranches de vies de quatorze personnages le jour du séisme et du tsunami catastrophiques au Japon, le 11 mars 2011.

Impressions

Même si tous les yeux se tournent vers les images de la catastrophes qui tournent en boucle sur les téléviseurs, dans les médias, la vie continue de par le monde, avec ses moments de bonheur, ses crises, avec sa banalité. 
Le temps s'écoule comme le récit de ces quatorze personnages qui se succèdent sans coupure, sans numérotation de chapitre. Seule une photographie indique le changement de décor la nouvelle histoire peut commencer. L’originalité et la finesse des transitions entre les histoires est remarquable.
En revanche hors la temporalité, il n'existe aucun lien entre des fresques. Le seul point commun est que tous voyagent. Et clairement certaines histoires enchantent par leur profondeur, leur poésie, tandis que d'autres sont parfois très décevantes et plates.


Elles narrent:
- la rencontre d'une fille tatouée au Japon et une issue mortelle; 
- le sauvetage par un passager solitaire de la vie d’un vieil homme sur un paquebot en mer du Nord et, malgré le geste reconnu par la fille du sauvé, le retour dans la solitude ;
- la nage avec des dauphins aux Bahamas, peut-être la seule note positive du roman;
- un rendez pour faire l’amour à Moscou et, à regret, devoir repartir seul;
-  le travail d'un Philippin dans un hôtel à Dubaï, homme invisible des clients;
-  un morceau de bravoure idiot lors d'un safari en Tanzanie, ;
- une escapade amoureuse à Rome ;
-  le croisement de pirates sanguinaires dans le Golfe d’Aden ;
- une tentative de deux vieux italiens  de gagner au casino en Slovénie ;
- un trajet en stop jusqu’en Floride pour retrouver son frère..

Au final je n'ai pas été emportée par la vague romanesque. C'est trop long et inégal.

Voyage dans un monde globalisé et connecté mais où on est souvent terriblement seul(e). C'est amer, et assez inégal selon les récits.

jeudi 4 juin 2026

638: 'L'Été de Cristal' de Philip Kerr

Genre : enquête berlinoise en pleine montée du nazisme

Histoire
Premier tome d'une trilogie où le lecteur découvre Bernie Gunthern, vétéran du front turc, ancien de la police devenu détective privé, spécialisé dans la recherche des personnes disparues.

Dans ce tome, Hermann Six, le puissant industriel qui engage Bernie, ne cherche pas à trouver sa fille : celle-ci a été assassinée chez elle, ainsi que son mari. Non, ce qui intéresse Herr Six, ce sont les bijoux qui ont disparu du coffre-fort.

  
A la veille des Jeux Olympiques, tandis que les S.A. se chargent de rendre la ville « accueillante » aux touristes attendus, Bernie se met en chasse. Et cet été là, l'ordre nouveau qui règne sur l'Allemagne va se charger de faire voler en éclats le peu d'illusions qui lui reste.



Impressions
Premier tome d'une trilogie,  best seller;

Une enquête à Berlin en 1936 en plein montée des nazis au pouvoir. 
Ce tome se déroule dans une ville en effervescence lors de ces Jeux Olympiques. Ces JO sont organisés de manière millimétriques pour honorer Hitler qui vient d’obtenir les pleins pouvoirs. Le nazisme s’installe et dans son sillon toute sa brutalité.
Hitler veut faire des JO la vitrine de la supériorité aryenne.

Le salut nazi inonde les stades. Lors d’une cérémonie aux Jeux Olympiques de 1936 , les spectateurs allemands prononcent la phrase adressée à Adolf Hitler,”Wir gehören Dir” [Nous t’appartenons].

 Le svastikas côtoient les anneaux olympiques.

Adolf Hitler et Joseph Goebbels signent des autographes aux membres de l’équipe canadienne de patinage artistique lors des Jeux Olympiques d’hiver. Garmisch-Partenkirchen, Allemagne, février 1936.

Adolf Hitler traverse la Porte de Brandebourg en route pour les cérémonies d’inauguration des Jeux Olympiques. Berlin, Allemagne, 1 août 1936.

Adolf Hitler salue le drapeau olympique à l’ouverture des Jeux Olympiques de Berlin. Allemagne, 1er août 1936.

Un cadre pour un policier pas coutumier dont le cynisme de Bernie permet de relativiser la violence. Les arrestations arbitraires, les enlèvements, les disparitions inquiétantes, autant de motifs d'inquiétudes pour tout allemand qui ne ferait pas preuve de zèle patriotique.
C'est ce caractère historique qui rend ce roman attractif, riche de nombreuses descriptions tant sociétales, qu'historiques de la montée du national socialisme en Allemagne.*
En ce qui concerne l'intrigue, c'est 


Pas u

samedi 30 mai 2026

637: 'Chaudun, la montagne brisée' de Luc Bronner

Genre : village à vendre

Histoire
Au fond d'une vallée des Hautes-Alpes, les restes d'un  village, des blocs de pierre brisés, presque rien : ci-gît Chaudun, village maudit qui fut vendu en 1895 par ses habitants à l'administration des Eaux et Forêts. Trop d'hommes et de femmes, trop de bêtes à nourrir. 


Extrait du journal "L'Illustration" du samedi 24 août 1895 :
« L'administration des Forêts vient d'acheter pour le service du reboisement la commune de Chaudun (Hautes-Alpes). Toutes les propriétés communales et privées, comprenant une superficie de 2 026 hectares, ont été vendues à l'État pour le prix de 186 000 francs environ. La commune de Chaudun comprenait 98 habitants vivant du produit de leurs pâturages ; mais depuis quelques années les montagnes déboisées avaient perdu une partie de leurs prairies où l'on faisait paître un trop grand nombre de moutons. L'altitude de Chaudun est à 1 400 mètres, et son éloignement de Gap (19 kilomètres), ne permettant pas aux habitants de se créer de nouvelles ressources pour remplacer celles que leur donnaient les pâturages, la commune avait elle-même demandé à être acheté par l'État. Les formalités exigées pour cette opération ont duré plus de quatre ans. Les photographies que nous reproduisons représentent des vues de Chaudun, de la commission chargée d'acheter les propriétés ; nous y voyons le dernier maire de Chaudun, assis sous la cloche de l'église, dont la construction remonte au quinzième siècle. »

Impressions
Un roman-reportage très journalistique qui retrace avec minutie les étapes de la fin d'un village de montagne. C'est le résultat d'une enquête documentaire énorme, relevant dans les archives les questionnaires inquisitoriaux des évêques à l'égard des malheureux curés du village, les délibérations des conseils municipaux, les courriers adressés au ministre de l'agriculture...

Sur la base de ces documents et de 5 photographies de villageois, l'auteur recompose le parcours de certains habitants et surtout celui de la jeune Félicie Marin, décédée à 17 ans le 30 avril 1877, et dont subsiste une partie de la tombe.


Mais c'est une lecture instructive, pour son  réel intérêt historique. Pour certains lecteurs ou lectrices, c'est trop détaillé, et très éloigné d'un roman à rebondissements.
Personnellement, j'ai apprécié le temps de cette lecture. Ce livre m'a plu car j'avais besoin d'une pause hors de la modernité, un pas de côté vers la nature, même si elle est ici très cruelle. Cette histoire de gens du 19ième siècle m'a accueilli comme une parenthèse mentale, parfois rafraîchissante avec ses flocons de neige, parfois rude avec ces vies misérables, parfois végétale à travers ces galeries de fleurs et arbres.

Témoignage d'un temps passé dans les Hautes-Alpes. L'Homme face à la beauté et la rudesse de la Nature.
Luc Bronner, qui a grandi dans les montagnes des Hautes-Alpes, est directeur des rédactions du journal Le Monde ; marcheur infatigable, il est familier des sentiers alpins depuis l’enfance

dimanche 3 mai 2026

636: 'Reine Rouge' de Juan Gómez-Jurado

Genre : ¿Dónde está Carla Ortiz ?

Histoire
Premier tome d'une trilogie où le lecteur découvre Antonia Scott, une personne très spéciale. Elle n'est pas policière mais elle a résolu des dizaines d'affaires criminelles avant de tout arrêter à la suite d'un accident. Depuis, elle se terre dans un appartement vide, jusqu'à ce que l'inspecteur Jon Gutiérrez lui fasse reprendre du service.

Impressions
Un polar animé par un duo improbable, Jon, le flic gentiment mis sur la touche après avoir 'sérieusement merdé', et Antonia, une femme mystérieuse aux capacités cognitives particulièrement développées.

Un polar qui se passe à Madrid, avec des lieux recensés par un blogueur:
  • 7, calle Melancolia, Madrid, Espagne
  • Commissariat quartier Lavapiez, Madrid, Espagne
  • Quartier Finca, Madrid, Espagne
  • Commissariat à Bilbao, Espagne
  • HLA Moncloe University hospital, Madrid, Espagne
  • Café près du rond-point Embaradores, Madrid, Espagne
  • Hôtel Las Letras, Madrid, Espagne
  • Appartement calle de Serrano, Madrid, Espagne
  • Café calle Cedaceros, Madrid, Espagne
  • Parc du Retiro porte O'Donnell devant la casa Arabe, Madrid, Espagne

  • Angle des rues Hermosilla et general Pardinas, Madrid, Espagne
  • Paseo de Recoletos, Madrid, Espagne


Un duo improbable, un cadre sympathique, voilà des ingrédients qui portent la promesse d'un super polar.
Hélas la trame narrative s'embrouille, s'égare dans des rebondissements improbables. Il manque une ligne directrice, trop de sujets abordés.
Et au final de nombreux sujets m'interrogent tels que:

- Comment cette surdouée intellectuelle n'a pas anticipé que son fils allait être enlevé ? Alors qu'elle discerne de nombreux indices ? C'est vraiment un classique joué dans de nombreux polars mais là dans ce contexte c'est difficilement acceptable.

- Quel est le motif du ou de la criminel(le) ? Honnêtement je n'ai pas envie pour ce type de lecture de passer du temps à extraire les éléments éparpillés dans le texte. Et au final je n'ai pas saisi le mobile profond. En particulier quel lien existe-t-il entre les références aux textes bibliques et les mises en scène des crimes ?

- Que devient le journaliste revanchard à la fin du récit ? Il disparait du radar..

Ceci dit, le décor et les personnages cités comme prometteurs font effet le job. J'ai eu du plaisir à suivre leurs pérégrinations, après avoir déposé le cerveau pour ne pas trop tenter d'y trouver de la vraisemblance. Le rythme est enlevé et ce type de lecture 'lave' la tête.

Pas une grande originalité et de nombreuses invraisemblances, mais une pause lecture agréable

mardi 28 avril 2026

635: 'Attaquer la terre et le soleil' de Mathieu Belezi

Genre : de la rude besogne et des bains de sang

Histoire
Destin d'une poignée de colons et de soldats pris dans l'enfer oublié de la colonisation algérienne, au dix-neuvième siècle.
Impressions
Une voix de femme colon en écho à la voix d'un soldat, tous les deux souffrant de la folie et de l'enfer de la colonisation.

Séraphine Jouhaud, une femme colon venue de Marseille avec son mari, leurs trois enfants, sa soeur et son beau-frère. Des familles françaises venues peupler une colonie agricole vendue comme une terre promise par l'État, mais qui n'est finalement qu'un lopin de terre peu fertile, entouré de palissades qui les préservent d'une population hostile.

D'autre part, un soldat anonyme suivant aveuglement les ordres d'un capitaine sanguinaire venu apporter une prétendue « civilisation » aux autochtones, en imposant sa vision de la « pacification » à coups de baïonnettes, massacrant, pillant, violant et brûlant village après village.

D'un côté, la peur et la souffrance, avec le choléra, le paludisme, la famine... Une désillusion par rapport aux promesses d'un jour meilleur qui a du leur être vendu, séduits par la propagande officielle...

De l'autre, la cruauté des soldats, qui transpercent les corps des civils, qui violent, qui pillent..

Roman rare qui fait partager la vie des premiers colons poussés par la France à traverser la Méditerranée.
Sans fards, une peinture hyper- réaliste.

Grand roman sur la folie humaine 
Prix littéraire du journal le Monde et le Prix du Livre Inter 2023

samedi 25 avril 2026

634: ' Le Grand Détournement' de Matthieu ARON et Caroline MICHEL-AGUIRRE

Genre : essai

Histoire
Sous le


Impressions

Une enquête qui recense des chiffres qui donnent le tournis, ou la nausée.

Quelques chiffres

La dette publique va atteindre 118 % du PIB en 2026. Soit le niveau le plus haut depuis la deuxième guerre mondiale, avant cela le premier conflit mondial, et précédemment la Révolution française.

En 2025
Budget de l'état = 484 milliards d'euros
Patrimoine cumulé des 500 plus grandes fortunes de France  = 1128 milliards 

Entre 2017 et 2023
Le patrimoine boursier des 5 familles les plus riches a progressé de 400%
Le salaire net a augmenté de 8%

5 familles les plus riches
Arnault (LVMH), Hermès, Wertheiumer (Chanel), Bettencourt (L'Oréal) Saadé (CMA-CGM)

En 2024, les entreprises du CAC 40 ont distribué 98,2 milliars d'euros à leurs actionnaires
En 1980 l'état détenait 50% des parts des grandes entreprises industrielles
En 2023, l'état possédait 2,5 % du CAC

En 2025, moins de 10% des Français détiennent des actions.
94% d'entre eux perçoivent moins de 100 euros par an.

Dans le bas de la pyramide, les 'ptits riches' 360000 personnes, cadres supérieurs, médecins, avocats, petits chefs d'entreprise, hauts fonctionnaires, gagnent de 130 000 à 600 000 euros par an. Leurs revenus sont essentiellement issus de leurs revenus. Ils sont taxés fortement et contribuent le plus largement, ce sont les 'dindons de la farce fiscale.

En intermédiaire, 40 000 multimillionnaires possèdent moins de 5 millions d'euros.

Au sommet, 3000 à 4000 foyers -minimum de 30 millions d'euros de patrimoines- captent à eux seuls plus de la moitié des dividendes distribués avant de les placer dans des holdings ou des structures patrimoniales, souvent optimisées, parfois à l'étranger. Ces flux échappent à l'impôt et à la statistique.


Pendant le confinement COVID

En mars 2020, le monde se confinait, l'économie réelle entrait en hibernation, et la BCE a injecté 3000 milliards d'euros pour garantir le financement des entreprises et a acheté 1000 milliards d'euros en titres afin de contenir la hausse des taux d'intérêt.
Fabuleux appel d'air qui a fait augmenter de 86% la fortune des milliardaires français entre mars 2020 et fin 2021 (les 5 premiers ont doublé leur patrimoine)
En France le 'quoi qu'il en coûte' a coûté 260 milliards d'euros d'aides publiques versées directement aux entreprises entre 2020 et 2022.
Des 145 milliards d'euros en PGE (prêts garantis par l'Etat), 38 milliards restaient à rembourser fin 2024.
Les 49 grandes entreprises françaises ont obtenue 16 à 17 milliards d'euros en prêt, à condition de ne pas verser de dividendes ni racheter des actions pendant le prêt, ce que 6 d'entre elles n'ont pas respecté selon la Cour des comptes. Sans sanctions.




Enquête 

mardi 21 avril 2026

633: 'L'extrême droite, nouvelle génération' de Nicolas Massol et Marylou Magal

 Genre : enquête journalistique au cœur de la jeunesse identitaire

Histoire
Une enquête sur les jeunes militants d'extrême droite et leur milieu depuis les années 2010. De Jordan Bardella à Pierre-Romain Thionnet en passant par Stanislas Rigault et Pierre Gentillet, ils sont dispersés dans différents partis politiques, médias ou associations mais partagent la même obsession de l'identité.

Impressions
Cet ouvrage retrace l'avènement progressif la nouvelle génération de militants de droite et d'extrême droite à partir des années 2010. 
Des militants comme Jordan Bardella, Marion Maréchal, Sarah Knafo...

Ou moins connus, Geoffroy Lejeune, Stanislas Rigault, Pierre Gentillet ou encore Pierre-Romain Thionnet. 
En 2020, l’hebdomadaire Valeurs Actuelles dont le directeur de publication est Geoffroy Lejeune, a publié jeudi une « politique-fiction » dépeignant la députée LFI Danièle Obono en esclave, suscitant une vague de condamnations unanimes dans la classe politique, allant jusqu’au président de la République, et entraînant l’ouverture d’une enquête préliminaire pour « injures à caractère raciste ».


Lors de la campagne présidentielle, Stanislas Rigault, le 27 mars dernier, était à la tête de Génération Z, le très actif mouvement de jeunesse soutenant Éric Zemmour. 

Pierre Gentillet, cofondateur de la Cocarde étudiante et grand fan de la Russie de Poutine, un ami intime de Jordan Bardella

Pierre-Romain Thionnet était un régulier de la rue des Canettes, où il croisait quelques fois Bardella entre 2015 et 2016. Sans que les relations dépassent le stade du compagnonnage festif. Thionnet était alors secrétaire général de La Cocarde étudiante, syndicat étudiant partisan de « cette union de la Droite tant recherchée »

Une valeur commune : l'identité, le rejet de l’islam et de l’immigration. 
Cet ouvrage est articulé autour :
- des moments clés comme la Manif pour tous, Génération identitaire au col de l'Échelle,
- des lieux particuliers (le FNJ, les soirées à la Cave Saint-Germain, l'Institut de formation politique),
- des appareils politiques ou militants (tels que la Cocarde, SOS Chrétiens d'Orient). 

Le portrait est vivant, et montre le parcours de jeunes – aucun ne dépasse la quarantaine –, qui partagent les mêmes références culturelles, trinquent ensemble dans des bistrots chics du centre de Paris et qui ont pour objectif commun celui de prendre le pouvoir. Ces jeunes présentent bien malgré un discours radical, xénophobe et islamophobe. Ils ont laissé de côté les activistes violents et les idéologues plus anciens qui sont tout de même croisés tout au long de l’enquête.

Enquête vivante et détaillée sur l'extrême droite par le prisme de sa jeunesse.

Marylou Magal, journaliste à L’Express, et Nicolas Massol, qui officie à Libération sont deux spécialistes de l’extrême droite.

Les livres qui m'ont marqué... (pas tous chroniqués)

  • 'Beloved' & 'Jazz' de Toni Morrison
  • 'Charlotte' de David Foenkinos
  • 'Crime et châtiment' de Dostoievski
  • 'Kite runner' de Khaled Hosseini
  • 'La joueuse de go" de Shan Sa
  • 'Le quatrième mur' 'Profession du père' de Sorj Chalandon
  • 'Les enfants de Minuit' de Salman Rushdie
  • 'Sombre dimanche' & "L'art de perdre" d'Alice Zeniter
  • 'Sous le soleil des Scorta' et 'Eldorado' de Laurent Gaudé
  • "1984" de George Orwell
  • "Au Zénith" de Dong Thuong Huong
  • "Candide" de Voltaire
  • "En attendant Godot" de Samuel Beckett
  • "Fanrenheit 451" de Bradbury
  • "L'écume des jours" de Boris Vian
  • "L'insoutenable légéreté de l'être", de Milan Kundera
  • "L'œuvre au noir" de Marguerite Yourcenar
  • "L'ombre du vent" de Carlos Ruis Zafon
  • "La métamorphose" de Kafka
  • "La vie devant soi" de Romain Gary
  • "Le Hussard sur le toit" et "Les âmes fortes" de Jean Giono
  • "Le parfum" de Patrick Suskind
  • "Le Portrait de Dorian Gray" d'Oscar Wilde
  • "Le rouge et le noir" de Stendhal
  • "Les Cavaliers" de Joseph Kessel
  • "Les Déferlantes" de Claudie Gallay
  • "Les Raisins de la Colère" de John Steinbeck
  • "Malevil" de Robert Merle
  • "Mr Vertigo" de Paul Auster
  • "Sur la route" de Jack Kerouac
  • à suivre
  • L'univers de Haruki Murakami
  • Les contes d'Alessandra Barrico
  • Les polars de Fréd Vargas
  • Les romans de Sepulveda
  • Les romans de Yasunari Kawabata

Grand Canyon

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