Genre : la plume et les pinceaux de Xavier Coste pour adapter en BD le roman de Henri Bosco
Un blog calepin pour y noter mes impressions de lectures et de voyages ou de randonnées à travers quelques clichés photographiques.
dimanche 23 août 2026
646: ' L’Enfant et la Rivière' de Xavier Coste et Henri Bosco
Histoire
la plume et les pinceaux de Xavier Coste pour adapter en BD le roman de Henri Bosco
La Provence, écrasée par le soleil et qui malgré tout attriste le protagoniste principal, le jeune Pascalet. Son unique distraction ? les visites de Bargabot, un braconnier qui apporte régulièrement du poisson à ses parents, du poisson justement pêché dans la rivière interdite. De quoi définitivement attiser sa curiosité...
Un roman poétique absolument sublimé par l'univers graphique de Xavier Coste.
Poésie des mots, beauté des paysages, mystère, aventure, c'est magnifique.
« Le plus difficile a été de trouver le ton de cette adaptation. Le texte de Henri Bosco est remarquablement écrit mais certains aspects du roman paraissent un peu datés aujourd’hui, je voulais donc le moderniser mais sans le dénaturer."
Gros coup de cœur. Un graphisme
dimanche 16 août 2026
645: 'La Forêt de flammes et d'ombres' d'Akira Mizubayashi
Genre : a
Histoire
Théo
Impressions
Un roman
Un
jeudi 13 août 2026
mardi 11 août 2026
642: 'Pour mourir, le monde' de Yan LESPOUX
Genre : aventure
Histoire
Trois héros ordinaires dans une tempête d'aventures.
Impressions
Yann Lespoux est historien
Marie : sur la côte landaise, pour échapper aux autorités qui la recherchent, elle s'est réfugiée dans une communauté de pilleurs d'épaves sous la coupe d'un homme brutal. La jeune fille à peine sortie de l'adolescence refuse pourtant de baisser la tête.
Diogo: au Brésil, orphelin engagé dans la guérilla portugaise qui tente de reprendre Salvador de Bahia aux Hollandais.
Fernando: à Goa, engagé de force dans l'armée portugaise, il met tout en oeuvre pour échapper à sa condition.
Un
lundi 27 juillet 2026
641: 'La guerre des mots' de Barbara CASSIN
Genre : considérations sur le Novlangue de Trump et Poutine
Histoire
Autrice: 'Trump et Poutine inventent chacun leur novlangue. Et moi, j'ai peur qu'un jour on ne puisse plus dire : ceci est un mensonge. B.C.'
Impressions
Barbara Cassin est une philologue, helléniste et philosophe française, directrice de recherche émérite au CNRS et membre de l’Académie française depuis 2018. Spécialiste des sophistes et des présocratiques, elle explore le pouvoir des mots, la traduction et les « intraduisibles », notamment dans le Vocabulaire européen des philosophies.
De l'appropriation du langage
"ils s'approprient concrètement la possibilité même de la performance. Le langage est à eux, la possibilité de discourir leur appartient, qu'ils tweetent tous les matins ou tiennent un long discours en conférence de presse."
De la sidération
"Asséner l'évidemment faux et avoir l'air d'y croire vraiment produit la sidération."
Pour l'Europe
"[...] il y va d'une complète remise en cause de tous ses usages, forgés par des siècles de civilité: rhétorique et politesse."
Le discours de Vance à Munich représente un point culminant de la réécriture de la réalité, accusant l'Europe d'intimider, de désinformer et de censure la voix du peuple, et qui sans fard exprime son soutien aux partis d'extrême droite.
'De plus en plus, partout en Europe, les gens votent pour des dirigeants politiques qui permettent de mettre fin à une immigration incontrôlée."
A propos du lexique de Trump:
"Les analyses linguistiques des moteurs de recherche calculent que son lexique dans ses discours publics correspond à celui d’un élève de cinquième aux États-Unis, soit environ 11-12 ans, avec une grammaire encore plus élémentaire, proche du niveau des 9-10 ans. Elles estiment que le vocabulaire actif utilisé par Donald Trump se situe entre 2 000 et 3 000 mots, un nombre très bas. La répétition de quelques mots sert de toile de fond ou d’horizon, comme on voudra. Dans un même discours on peut trouver : people, great, stupid, good, bad, win, fake… Les insultes sont fréquentes et variées, mais le président est « content », « pas content » !
Une auto-critique de l'Europe très pertinente
'Il existe peut-être une autre composante de la sidération pour nous Européens, et qui n'est pas à notre avantage ni à celui de nos hommes et femmes politiques. Il est sidérant pour nous de constater que Poutine comme Trump, pourtant si imprévisible dans l'instant, comme en premier lieu Hitler lui-même, font effectivement ce qu'ils disent qu'ils feront. Ils ont fait, ils font ce qu'ils annoncent vouloir faire, dans Mein Kampf comme dans le discours électoral de Trump, comme dans les annonces programmatiques de Poutine. C'est sidérant pour nous qui sommes accoutumés aux promesses politiques qui n'engagent que ceux qui les croient. Inutile et attristant d'en esquisser le catalogue, celui des promesses et celui des promesses de tenir les promesses. Mais eux disent ce qu'ils vont faire et voilà qu'ils font en effet ce qu'ils ont dit ! Ils performent pour de bon, y compris pour les droits de douane.
Nous, on pense qu'ils le disent mais que comme d'habitude, ce sont là paroles paroles paroles, démagogie, vantardise, menaces et chantages, mais pendant ce temps, ils le font, et on n'y croit toujours pas, on reste incrédule.'
"C'est sidérant pour nous qui somme accoutumés aux promesse politiques qui n'engagent que ceux qui les croient."
Les fake news devenus courants du langage
"Le Washington Post du 1er août 2018 verse au compte de Trump 4 229 fake news en 558 jours (depuis son élection), qui provoquent en réponse de la part des experts un « nous n’avons pas connaissance de cela », soit plus de 7 « contre-vérités et mensonges » par jour en moyenne, avec un pic de 79 le 5 juillet 2018. Durant son premier mandat, entre 2017 et 2021, le journal en a identifié 30 573, soit une moyenne de 20 par jour. On n’a pas encore la moyenne journalière du deuxième mandat… "
L'un comme l'autre.
usent de la répétition de slogans
"Ils doivent d'abord se faire se faire écouter. Même aplomb : il faut captiver l'accroche des orateurs [] surprendre asséner, puis répéter et transformer la violence de l'étonnement en norme et en évidence par la répétition, usage, usure."
Maga maga maga
Drill baby drill
Victoire victoire
Sont des exhibitionnistes narcissiques
"Trump sont d'ailleurs des exhibitionnistes de leur corps."
"Trump se relève après la balle qui le rate et l'érafle, poing levé : Fight !"
Poutine se montre torse nu sur un cheval, en maillot de bain dans la mer, puis au bout de sa table immense."
Sont riches et incarnent le destin de leur peuple.
Je suis l'Amérique et je le prouve au monde
Je suis l'Empire russe et je le prouve au monde.
Ecrivent l'histoire autrement.
Détestent l'Europe
Mais au final, on n'apprend au final pas grand chose, et l'éclairage par des grands principes de la philosophie ne m'a pas convaincu.
Il manque une ligne directrice, c'est un livre énervé, un écrit à chaud pour partager ses angoisses, que je partage d'ailleurs.
Un essai express confus.
jeudi 16 juillet 2026
640: 'Solak' de Carole Hinault
Genre : Grand Nuit noire dans un désert blanc
Histoire
Sur la presqu’île de Solak, au nord du cercle polaire arctique, trois hommes cohabitent tant bien que mal. Grizzly est un scientifique idéaliste qui effectue des observations climatologiques ; Roq et Piotr sont deux militaires au passé trouble, en charge de la surveillance du territoire et de son drapeau. Une tension s’installe lorsqu’arrive la recrue, un jeune soldat énigmatique, hélitreuillé juste avant l’hiver arctique et sa grande nuit.
Impressions
Récit très court (120 pages), avec une langue et une atmosphère uniques.
La langue, c'est celle de Piotr, le militaire au passé obscur, qui habitant ce bout du monde depuis 20 longues années, est 'chef' des 2 autres militaires. Sa fonction est de veiller… sur le drapeau national, planté là, en plein milieu d'un nulle part hostile au possible pour le commun des mortels.
« Saleté d'espoir. L'avantage de l'âge, c'est qu'on le fait taire très vite et moi je suis trop vieux pour tout, y compris cette saloperie de froid qui me craquelle la bouche, me couperose tellement la gueule que j'ai l'air d'un lutin de papier mâché roulé dans le sucre glace. »
L'atmosphère, c'est le huis clos d'un morceau de territoire de l'Arctique. Ces quatre hommes sont là pour oublier, son passé, ses peurs, ses crimes...
"On est tous arrivés ici pour la même raison, l'espoir d'amnésie à moins que ce ne soit d'amnistie, c'est le problème des grands mots, à deux lettres près comment savoir ?"
Mais dans ce royaume de la banquise, sans nuits, puis sans jours, on broye du noir. Et on doit supporter la promiscuité des autres, pas moyen de s'évader, les ours et le froid mordant v veillent et tuent.
Magistral.
Caroline Hinault, agrégée de lettres modernes, enseigne la littérature à Rennes
mardi 16 juin 2026
639: "Autour du Monde' de Laurent MAUVIGNIER
Genre : tsunami de tranches de vies
Histoire
Tranches de vies de quatorze personnages le jour du séisme et du tsunami catastrophiques au Japon, le 11 mars 2011.
Impressions
Même si tous les yeux se tournent vers les images de la catastrophes qui tournent en boucle sur les téléviseurs, dans les médias, la vie continue de par le monde, avec ses moments de bonheur, ses crises, avec sa banalité.
Le temps s'écoule comme le récit de ces quatorze personnages qui se succèdent sans coupure, sans numérotation de chapitre. Seule une photographie indique le changement de décor la nouvelle histoire peut commencer. L’originalité et la finesse des transitions entre les histoires est remarquable.
En revanche hors la temporalité, il n'existe aucun lien entre des fresques. Le seul point commun est que tous voyagent. Et clairement certaines histoires enchantent par leur profondeur, leur poésie, tandis que d'autres sont parfois très décevantes et plates.
Elles narrent:
- la rencontre d'une fille tatouée au Japon et une issue mortelle;
- le sauvetage par un passager solitaire de la vie d’un vieil homme sur un paquebot en mer du Nord et, malgré le geste reconnu par la fille du sauvé, le retour dans la solitude ;
- la nage avec des dauphins aux Bahamas, peut-être la seule note positive du roman;
- un rendez pour faire l’amour à Moscou et, à regret, devoir repartir seul;
- le travail d'un Philippin dans un hôtel à Dubaï, homme invisible des clients;
- un morceau de bravoure idiot lors d'un safari en Tanzanie, ;
- une escapade amoureuse à Rome ;
- le croisement de pirates sanguinaires dans le Golfe d’Aden ;
- une tentative de deux vieux italiens de gagner au casino en Slovénie ;
- un trajet en stop jusqu’en Floride pour retrouver son frère..
Au final je n'ai pas été emportée par la vague romanesque. C'est trop long et inégal.
Voyage dans un monde globalisé et connecté mais où on est souvent terriblement seul(e). C'est amer, et assez inégal selon les récits.
jeudi 4 juin 2026
638: 'L'Été de Cristal' de Philip Kerr
Genre : enquête berlinoise en pleine montée du nazisme
Histoire
Premier tome d'une trilogie où le lecteur découvre Bernie Gunthern, vétéran du front turc, ancien de la police devenu détective privé, spécialisé dans la recherche des personnes disparues.
Dans ce tome, Hermann Six, le puissant industriel qui engage Bernie, ne cherche pas à trouver sa fille : celle-ci a été assassinée chez elle, ainsi que son mari. Non, ce qui intéresse Herr Six, ce sont les bijoux qui ont disparu du coffre-fort.
A la veille des Jeux Olympiques, tandis que les S.A. se chargent de rendre la ville « accueillante » aux touristes attendus, Bernie se met en chasse. Et cet été là, l'ordre nouveau qui règne sur l'Allemagne va se charger de faire voler en éclats le peu d'illusions qui lui reste.
Impressions
Premier tome d'une trilogie, best seller;
Une enquête à Berlin en 1936 en plein montée des nazis au pouvoir.
Ce tome se déroule dans une ville en effervescence lors de ces Jeux Olympiques. Ces JO sont organisés de manière millimétriques pour honorer Hitler qui vient d’obtenir les pleins pouvoirs. Le nazisme s’installe et dans son sillon toute sa brutalité.
Hitler veut faire des JO la vitrine de la supériorité aryenne.
Le svastikas côtoient les anneaux olympiques.
Adolf Hitler traverse la Porte de Brandebourg en route pour les cérémonies d’inauguration des Jeux Olympiques. Berlin, Allemagne, 1 août 1936.
Adolf Hitler salue le drapeau olympique à l’ouverture des Jeux Olympiques de Berlin. Allemagne, 1er août 1936.
Un cadre pour un policier pas coutumier dont le cynisme de Bernie permet de relativiser la violence. Les arrestations arbitraires, les enlèvements, les disparitions inquiétantes, autant de motifs d'inquiétudes pour tout allemand qui ne ferait pas preuve de zèle patriotique.
C'est ce caractère historique qui rend ce roman attractif, riche de nombreuses descriptions tant sociétales, qu'historiques de la montée du national socialisme en Allemagne.*
En ce qui concerne l'intrigue, c'est
Pas u
samedi 30 mai 2026
637: 'Chaudun, la montagne brisée' de Luc Bronner
Genre : village à vendre
Histoire
Au fond d'une vallée des Hautes-Alpes, les restes d'un village, des blocs de pierre brisés, presque rien : ci-gît Chaudun, village maudit qui fut vendu en 1895 par ses habitants à l'administration des Eaux et Forêts. Trop d'hommes et de femmes, trop de bêtes à nourrir.
Extrait du journal "L'Illustration" du samedi 24 août 1895 :
« L'administration des Forêts vient d'acheter pour le service du reboisement la commune de Chaudun (Hautes-Alpes). Toutes les propriétés communales et privées, comprenant une superficie de 2 026 hectares, ont été vendues à l'État pour le prix de 186 000 francs environ. La commune de Chaudun comprenait 98 habitants vivant du produit de leurs pâturages ; mais depuis quelques années les montagnes déboisées avaient perdu une partie de leurs prairies où l'on faisait paître un trop grand nombre de moutons. L'altitude de Chaudun est à 1 400 mètres, et son éloignement de Gap (19 kilomètres), ne permettant pas aux habitants de se créer de nouvelles ressources pour remplacer celles que leur donnaient les pâturages, la commune avait elle-même demandé à être acheté par l'État. Les formalités exigées pour cette opération ont duré plus de quatre ans. Les photographies que nous reproduisons représentent des vues de Chaudun, de la commission chargée d'acheter les propriétés ; nous y voyons le dernier maire de Chaudun, assis sous la cloche de l'église, dont la construction remonte au quinzième siècle. »
Impressions
Un roman-reportage très journalistique qui retrace avec minutie les étapes de la fin d'un village de montagne. C'est le résultat d'une enquête documentaire énorme, relevant dans les archives les questionnaires inquisitoriaux des évêques à l'égard des malheureux curés du village, les délibérations des conseils municipaux, les courriers adressés au ministre de l'agriculture...
Sur la base de ces documents et de 5 photographies de villageois, l'auteur recompose le parcours de certains habitants et surtout celui de la jeune Félicie Marin, décédée à 17 ans le 30 avril 1877, et dont subsiste une partie de la tombe.
Mais c'est une lecture instructive, pour son réel intérêt historique. Pour certains lecteurs ou lectrices, c'est trop détaillé, et très éloigné d'un roman à rebondissements.
Personnellement, j'ai apprécié le temps de cette lecture. Ce livre m'a plu car j'avais besoin d'une pause hors de la modernité, un pas de côté vers la nature, même si elle est ici très cruelle. Cette histoire de gens du 19ième siècle m'a accueilli comme une parenthèse mentale, parfois rafraîchissante avec ses flocons de neige, parfois rude avec ces vies misérables, parfois végétale à travers ces galeries de fleurs et arbres.
Témoignage d'un temps passé dans les Hautes-Alpes. L'Homme face à la beauté et la rudesse de la Nature.
Luc Bronner, qui a grandi dans les montagnes des Hautes-Alpes, est directeur des rédactions du journal Le Monde ; marcheur infatigable, il est familier des sentiers alpins depuis l’enfance
dimanche 3 mai 2026
636: 'Reine Rouge' de Juan Gómez-Jurado
Genre : ¿Dónde está Carla Ortiz ?
Histoire
Premier tome d'une trilogie où le lecteur découvre Antonia Scott, une personne très spéciale. Elle n'est pas policière mais elle a résolu des dizaines d'affaires criminelles avant de tout arrêter à la suite d'un accident. Depuis, elle se terre dans un appartement vide, jusqu'à ce que l'inspecteur Jon Gutiérrez lui fasse reprendre du service.
Impressions
Un polar animé par un duo improbable, Jon, le flic gentiment mis sur la touche après avoir 'sérieusement merdé', et Antonia, une femme mystérieuse aux capacités cognitives particulièrement développées.
Un polar qui se passe à Madrid, avec des lieux recensés par un blogueur:
- 7, calle Melancolia, Madrid, Espagne
- Commissariat quartier Lavapiez, Madrid, Espagne
- Quartier Finca, Madrid, Espagne
- Commissariat à Bilbao, Espagne
- HLA Moncloe University hospital, Madrid, Espagne
- Café près du rond-point Embaradores, Madrid, Espagne
- Hôtel Las Letras, Madrid, Espagne
- Appartement calle de Serrano, Madrid, Espagne
- Café calle Cedaceros, Madrid, Espagne
- Parc du Retiro porte O'Donnell devant la casa Arabe, Madrid, Espagne
- Angle des rues Hermosilla et general Pardinas, Madrid, Espagne
- Paseo de Recoletos, Madrid, Espagne
Un duo improbable, un cadre sympathique, voilà des ingrédients qui portent la promesse d'un super polar.
Hélas la trame narrative s'embrouille, s'égare dans des rebondissements improbables. Il manque une ligne directrice, trop de sujets abordés.
Et au final de nombreux sujets m'interrogent tels que:
- Comment cette surdouée intellectuelle n'a pas anticipé que son fils allait être enlevé ? Alors qu'elle discerne de nombreux indices ? C'est vraiment un classique joué dans de nombreux polars mais là dans ce contexte c'est difficilement acceptable.
- Quel est le motif du ou de la criminel(le) ? Honnêtement je n'ai pas envie pour ce type de lecture de passer du temps à extraire les éléments éparpillés dans le texte. Et au final je n'ai pas saisi le mobile profond. En particulier quel lien existe-t-il entre les références aux textes bibliques et les mises en scène des crimes ?
- Que devient le journaliste revanchard à la fin du récit ? Il disparait du radar..
Ceci dit, le décor et les personnages cités comme prometteurs font effet le job. J'ai eu du plaisir à suivre leurs pérégrinations, après avoir déposé le cerveau pour ne pas trop tenter d'y trouver de la vraisemblance. Le rythme est enlevé et ce type de lecture 'lave' la tête.
Pas une grande originalité et de nombreuses invraisemblances, mais une pause lecture agréable
mardi 28 avril 2026
635: 'Attaquer la terre et le soleil' de Mathieu Belezi
Genre : de la rude besogne et des bains de sang
Histoire
Destin d'une poignée de colons et de soldats pris dans l'enfer oublié de la colonisation algérienne, au dix-neuvième siècle.
Impressions
Une voix de femme colon en écho à la voix d'un soldat, tous les deux souffrant de la folie et de l'enfer de la colonisation.
Séraphine Jouhaud, une femme colon venue de Marseille avec son mari, leurs trois enfants, sa soeur et son beau-frère. Des familles françaises venues peupler une colonie agricole vendue comme une terre promise par l'État, mais qui n'est finalement qu'un lopin de terre peu fertile, entouré de palissades qui les préservent d'une population hostile.
D'autre part, un soldat anonyme suivant aveuglement les ordres d'un capitaine sanguinaire venu apporter une prétendue « civilisation » aux autochtones, en imposant sa vision de la « pacification » à coups de baïonnettes, massacrant, pillant, violant et brûlant village après village.
D'un côté, la peur et la souffrance, avec le choléra, le paludisme, la famine... Une désillusion par rapport aux promesses d'un jour meilleur qui a du leur être vendu, séduits par la propagande officielle...
De l'autre, la cruauté des soldats, qui transpercent les corps des civils, qui violent, qui pillent..
Roman rare qui fait partager la vie des premiers colons poussés par la France à traverser la Méditerranée.
Sans fards, une peinture hyper- réaliste.
Grand roman sur la folie humaine
Prix littéraire du journal le Monde et le Prix du Livre Inter 2023
samedi 25 avril 2026
634: ' Le Grand Détournement' de Matthieu ARON et Caroline MICHEL-AGUIRRE
Genre : essai
Histoire
Sous le
Impressions
Une enquête qui recense des chiffres qui donnent le tournis, ou la nausée.
Quelques chiffres
La dette publique va atteindre 118 % du PIB en 2026. Soit le niveau le plus haut depuis la deuxième guerre mondiale, avant cela le premier conflit mondial, et précédemment la Révolution française.
En 2025
Budget de l'état = 484 milliards d'euros
Patrimoine cumulé des 500 plus grandes fortunes de France = 1128 milliards
Entre 2017 et 2023
Le patrimoine boursier des 5 familles les plus riches a progressé de 400%
Le salaire net a augmenté de 8%
5 familles les plus riches
Arnault (LVMH), Hermès, Wertheiumer (Chanel), Bettencourt (L'Oréal) Saadé (CMA-CGM)
En 2024, les entreprises du CAC 40 ont distribué 98,2 milliars d'euros à leurs actionnaires
En 1980 l'état détenait 50% des parts des grandes entreprises industrielles
En 2023, l'état possédait 2,5 % du CAC
En 2025, moins de 10% des Français détiennent des actions.
94% d'entre eux perçoivent moins de 100 euros par an.
Dans le bas de la pyramide, les 'ptits riches' 360000 personnes, cadres supérieurs, médecins, avocats, petits chefs d'entreprise, hauts fonctionnaires, gagnent de 130 000 à 600 000 euros par an. Leurs revenus sont essentiellement issus de leurs revenus. Ils sont taxés fortement et contribuent le plus largement, ce sont les 'dindons de la farce fiscale.
En intermédiaire, 40 000 multimillionnaires possèdent moins de 5 millions d'euros.
Au sommet, 3000 à 4000 foyers -minimum de 30 millions d'euros de patrimoines- captent à eux seuls plus de la moitié des dividendes distribués avant de les placer dans des holdings ou des structures patrimoniales, souvent optimisées, parfois à l'étranger. Ces flux échappent à l'impôt et à la statistique.
Pendant le confinement COVID
En mars 2020, le monde se confinait, l'économie réelle entrait en hibernation, et la BCE a injecté 3000 milliards d'euros pour garantir le financement des entreprises et a acheté 1000 milliards d'euros en titres afin de contenir la hausse des taux d'intérêt.
Fabuleux appel d'air qui a fait augmenter de 86% la fortune des milliardaires français entre mars 2020 et fin 2021 (les 5 premiers ont doublé leur patrimoine)
En France le 'quoi qu'il en coûte' a coûté 260 milliards d'euros d'aides publiques versées directement aux entreprises entre 2020 et 2022.
Des 145 milliards d'euros en PGE (prêts garantis par l'Etat), 38 milliards restaient à rembourser fin 2024.
Les 49 grandes entreprises françaises ont obtenue 16 à 17 milliards d'euros en prêt, à condition de ne pas verser de dividendes ni racheter des actions pendant le prêt, ce que 6 d'entre elles n'ont pas respecté selon la Cour des comptes. Sans sanctions.
Enquête
mardi 21 avril 2026
633: 'L'extrême droite, nouvelle génération' de Nicolas Massol et Marylou Magal
Genre : enquête journalistique au cœur de la jeunesse identitaire
Histoire
Une enquête sur les jeunes militants d'extrême droite et leur milieu depuis les années 2010. De Jordan Bardella à Pierre-Romain Thionnet en passant par Stanislas Rigault et Pierre Gentillet, ils sont dispersés dans différents partis politiques, médias ou associations mais partagent la même obsession de l'identité.
Impressions
Cet ouvrage retrace l'avènement progressif la nouvelle génération de militants de droite et d'extrême droite à partir des années 2010.
Des militants comme Jordan Bardella, Marion Maréchal, Sarah Knafo...
En 2020, l’hebdomadaire Valeurs Actuelles dont le directeur de publication est Geoffroy Lejeune, a publié jeudi une « politique-fiction » dépeignant la députée LFI Danièle Obono en esclave, suscitant une vague de condamnations unanimes dans la classe politique, allant jusqu’au président de la République, et entraînant l’ouverture d’une enquête préliminaire pour « injures à caractère raciste ».


Lors de la campagne présidentielle, Stanislas Rigault, le 27 mars dernier, était à la tête de Génération Z, le très actif mouvement de jeunesse soutenant Éric Zemmour.
Pierre Gentillet, cofondateur de la Cocarde étudiante et grand fan de la Russie de Poutine, un ami intime de Jordan Bardella
Pierre-Romain Thionnet était un régulier de la rue des Canettes, où il croisait quelques fois Bardella entre 2015 et 2016. Sans que les relations dépassent le stade du compagnonnage festif. Thionnet était alors secrétaire général de La Cocarde étudiante, syndicat étudiant partisan de « cette union de la Droite tant recherchée »
Une valeur commune : l'identité, le rejet de l’islam et de l’immigration.
Cet ouvrage est articulé autour :
- des moments clés comme la Manif pour tous, Génération identitaire au col de l'Échelle,
- des lieux particuliers (le FNJ, les soirées à la Cave Saint-Germain, l'Institut de formation politique),
- des appareils politiques ou militants (tels que la Cocarde, SOS Chrétiens d'Orient).
Le portrait est vivant, et montre le parcours de jeunes – aucun ne dépasse la quarantaine –, qui partagent les mêmes références culturelles, trinquent ensemble dans des bistrots chics du centre de Paris et qui ont pour objectif commun celui de prendre le pouvoir. Ces jeunes présentent bien malgré un discours radical, xénophobe et islamophobe. Ils ont laissé de côté les activistes violents et les idéologues plus anciens qui sont tout de même croisés tout au long de l’enquête.
Enquête vivante et détaillée sur l'extrême droite par le prisme de sa jeunesse.
Marylou Magal, journaliste à L’Express, et Nicolas Massol, qui officie à Libération sont deux spécialistes de l’extrême droite.
vendredi 10 avril 2026
632: 'Les Evaporés' de Isao Moutte - BD
Genre : "Je ne mettrai plus les chaussons"
Histoire
Partir sans donner d’explication à l'exception de cette phrase manuscrite "Je ne mettrai plus les chaussons". C'est ce que Kaze a fait cette nuit-là, après avoir été licencié du jour au lendemain. Sa fille, Yukiko, qui vit à Paris depuis de nombreuses années, revient au Japon pour tenter de retrouver sa trace et de découvrir les raisons de sa disparition. Elle mènera l’enquête dans un Japon parallèle, celui du quartier des travailleurs pauvres de San’ya, à Tokyo, et des camps de réfugiés de la catastrophe nucléaire de Fukushima, autour de Sendai.
Impressions
Cette BD reprend le thème principal du roman de Thomas Reverdy, à savoir, le phénomène des évaporés au Japon. Les évaporés sont des personnes adultes qui choisissent de tout quitter du jour au lendemain, leur famille, leurs amis, leur travail, leur ville, sans que l'on sache toujours pourquoi. 80000 par an au Japon.
J'avais lu et chroniqué ce roman en juillet 2014 et en dehors d'un ressenti très positif sur cet ouvrage, je n'avais que des souvenirs assez flous sur les détails du récit.
Le thème central tourne autour de la question: peut-on refaire sa vie en effaçant son passé ? Quels sont les dégâts collatéraux sur l'entourage familial ?
Des interrogations bien angoissantes qui se reflètent dans le trait hachuré noir et blanc de ce roman BD. Les pages alternent les plans larges silencieux et les focus sur les différents personnages. Un graphisme assez simple , mais efficace.
La quête menée par Yukiko amène le lecteur à découvrir le quartier de San'ya, caché dans la partie nord-est de Tokyo, un quartier qui regroupe une communauté de travailleurs journaliers, de disparus volontaires et d'accidentés de la vie.
Les trottoirs y sont jonchés de détritus, un paysage émaillé de tentes ou d'habitations de fortune en carton. Des hommes aux visages émaciés discutent, assis à même le sol, devant la devanture défraîchie d'une modeste pension.
Akainu, un jeune garçon rescapé du tsunami de Fukushima, croise le parcours de Kaze: il nous fait découvrir l'ampleur des dégâts. C'est l'occasion pour l'auteir franco-japonais de nous sensibiliser à l'activité dangereuse autour de la centrale nucléaire où des ouvriers interviennent.
Au final c'est un roman - BD sobre et délicat, mettant en scène des destins fracassés au Japon où les laissés-pour-compte et la désolation occupent une place de choix.
Enquête post--Fukushima. Une belle adaptation graphique du roman de Thomas Reverdy.
Isao Moutte est un auteur de bande dessinée franco-japonais né en 1983. Diplômé des Beaux-Arts d’Angoulême, il publie ses premières BD aux éditions Anathème, Armany Jeans (2009) et Hard Money (2011), puis Castagne en 2015 aux éditions The Hoochie Coochie. (Sélection prix Polar SNCF 2016). En 2019, paraît une bande dessinée scénarisée par Thomas Gosselin, La trève, chérie, aux éditions L’employé du moi. Il vit et travaille à Montreuil. Clapas est son premier roman graphique chez Sarbacane.
lundi 23 mars 2026
631: 'Cyberpunk - Le nouveau système totalitaire' d'Asma Mhalla
Genre : 'Le futur est derrière nous', 'la dystopie cyberpunk est là'
Histoire
"Le XXIe siècle ne vous gouvernera pas.
Il vous programmera.
Ceci n''est pas une crise de la démocratie mais le glissement vers un nouveau régime.
Le logiciel totalitaire a muté, il circule désormais dans les réseaux synthétiques. Fluide et total, invisible et normatif, étatique et privé.
Cerveaux en laisse'.
L'auteure écrit depuis le point fixe de l'histoire, le 13 juillet 2024, où Trump brandit le poing après la tentative d'assassinat lors de son meeting en Pennsylvanie.
Evénement qui accélère la collusion entre pouvoir politique et puissances technologiques: Musk tweet son soutien et FD Vance est désigné comme co-listier...
L'alliance entre une frange techno-réactionnaire et un milliardaire démagogue et autoritaire se dessine.
En France en plein crise politique provoquée par la dissolution de l'Assemblée Nationale en juin 2024 fait ressortir le spectre de la xénophobie, de l'agressivité, des relents racistes.
L'auteure tente de qualifier ce qui est en train de se mettre en place, en prenant l'Amérique comme sonde de ce qui se jour au cœur de nos démocraties.
Impressions
A propos du fascisme.
Autrefois, c'est un enfant de systèmes politiques et économiques malades, plus ou démocratiques. La pouvoir a été conquis par un 'homme providentiel'
Aujourd'hui, les leaders politiques fascistes se suivent et se ressemblent, mais ils doivent composer avec des unités technopolitiques systémiques, qui s'insèrent dans le jeu démocratique alors qu'elles n'ont aucun légitimité des urnes et qu'elles tracent un agenda idéologique sans souffrir aucune contradiction.
Cette expression vient de William Gibson, né le 17 mars 1948 à Conway en Caroline du Sud. Cet écrivain américain de science-fiction et l'un des leaders du mouvement cyberpunk. C'est avec Neuromancien qu'il a obtenu un immense succès littéraire en gagnant trois prix littéraires majeurs de la science-fiction : le prix Nebula, le prix Hugo et le prix Philip-K.-Dick.
Les pères de cette littérature sont évidemment George Orwell avec '1984' et Aldous Husley avec 'le Meilleur des Mondes'.
Les mondes décrits sont:
- prisonniers d'une cage technologique
- surpeuplés et sur-pollués dans des mégapoles désenchantées
- gouvernés par un pouvoir ultra-centralisé, monopolisé par des mégacorporations, des états décadents et des techno-surveillants.
[Petite parenthèse...
Alors dans ce cyberblog, je n'ai pas résisté à demandé à l'IA si Damasio était cyberpunk, de par ses récits ultra-connectées et corporatistes.
Et non, Damasio refuse le cyberpunk
Le mythe de la machine : Le cyberpunk historique (façon William Gibson ou Philip K. Dick) mise sur l'hybridation entre l'humain et la machine pour s'émanciper. Damasio estime que cette promesse a échoué et a conduit à l'aliénation numérique.
La critique des GAFAM : Dans son essai Vallée du silicium, il analyse la Silicon Valley comme un système technocratique aliénant qu'il combat, loin de la fascination "cool" des premiers récits cyberpunk.
L'alternative promue par Damasio est le Zoopunk ou Biopunk
Le couple humain-nature : Damasio préfère lier l'humain au vivant et à la nature plutôt qu'au numérique et au robot.
L'émancipation par le corps : Ses personnages luttent par la chair, le cri, le mouvement et la reconnexion sensorielle (le son, la trace) pour échapper à la surveillance totale des entreprises.
Fin de la parenthèse]
Cet ordre nouveau s'articule autour de l'alliance BigTech-BigState. Seuls les BigState Etats-Unis et Chine ont su faire éclore des BigTech, Gafami et BATXH (Baidu, Alibaba, Tencent, Xiaomi et Huawei).
Quelle est la robustesse des limites morales à franchir pour basculer d'une technologie totalisante vers une technologie totalitaire ? Nos existences sont dédoublées entre vie réelle et vie virtuelle, et cette seconde existence tend à absorber la première. Hypermodernité urbaine, monde en multicrise, hyper-présence des interfaces, technologies de contrôle banalisées au nom de la sécurité, sentiment de solitude, saturation cognitive....
Nick Land philosophe britannique
Qui a pris un virage neo-reactionnaire dans les années 2000.
Blogger Curtus Yarvin
Proche de JD Vance
Project 2025
De l'Heritage Fundation
Essai sur la mutation du logiciel totalitaire
630: ' La Part du Fils' de Jean-Luc Coatalem
Genre : cheminement sur les traces du grand-père
Histoire
Sous le régime de Vichy, une lettre de dénonciation aura suffi. Début septembre 1943, Paol, un ex-officier colonial, est arrêté par la Gestapo dans un village du Finistère. Motif : “inconnu”. Il sera conduit à la prison de Brest, incarcéré avec les “terroristes”, interrogé. Puis ce sera l’engrenage des camps nazis, en France et en Allemagne. Rien ne pourra l’en faire revenir. Un silence pèsera longtemps sur la famille....
Impressions
Je connaissais cet auteur, rédacteur en chef du magazine Géo, pour son reportage d'un voyage sous haute surveillance en Corée du Nord, 'Nouilles froides à Pyonyang'.
C'est ici un récit beaucoup plus sensible et intimiste que l'auteur nous livre.
Enquêter sur le passé tû par sa famille de l'histoire du grand-père paternel, Paol, qui est mort à 49 ans en déportation dans le camp nazi de DORA.
Dora fut le camp nazi dédié à la fabrication des V2, ancêtres des fusées américaines, dirigé par Wernher von Braun. 60 000 prisonniers, dont Paol le grand-père de septembre 1944 à février 1945, ont travaillé jusqu'à l'épuisement. Dans les sous-sols humides des grottes
20 000 hommes y ont péri dans des conditions atroces, alors que Von Braun comme des centaines de chercheurs allemands après la guerre, "s'est transformé en honorable citoyen allemand" et sans qui, Buzz Aldrin le reconnaîtra, "conquérir la Lune aurait été impossible".
Prisonniers de Dora dans un atelier de montage
Malgré les tabous et les non dits familiaux, à l’aide d’archives et de témoignages, l’auteur s’emploie à faire revivre sa mémoire au travers son récit.
« Longtemps, je ne sus quasiment rien de Paol hormis ces quelques bribes arrachées. Elles menaient toutes au gouffre de l’Allemagne nazie. Pareils à ces mandarins subalternes de la Chine ancienne, qui ne devaient pas souiller de leurs lèvres le nom illustre de l’empereur, nous laissions du vide entre nos mots dès qu’il s’agissait de lui. Certains paysages et ce prénom feraient défaut ; il y avait des trous dans nos cartes géographiques, dans les itinéraires, les faits. La douleur n’était jamais sujet. »
Sur la famille pèse un silence qui cache une douleur transmise d'une génération à une autre, sans que rien ne puisse la soulager. En particulier, Pierre, fils cadet de Paol et père du narrateur, est muré dans le silence.
Pour reconstruire le passé de Paol -et aussi se reconstruire- l'auteur doit combler les trous:
"Et ce que je ne trouverai pas de la bouche des derniers témoins ou dans les registres déchirés des archives, je l'inventerai, pour qu'il vive".
Au final un récit très personnel pour retrouver la part du fils.
Et au final évidemment un récit qui entre en écho profond avec mon héritage familial personnel...
Récit intime et universel. Double devoir de mémoire. Pour qu'il vive et qu'ils vivent.
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