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Liste par auteurs & titres dans Kronik list

jeudi 28 octobre 2010

41 & 42ièmes kroniks "miroir": "L'apparition" de Didier Van Cauwelaert / "La disparition" de Georges Perec

Genre du "Ap" : modernité rationnelle face à l'inexplicable

Propos du "Dis" : Imbroglio d'actions dignes d'Ubu, tout ça pour voir Anton Voyl qui a - dit-on ? - disparu





L'histoire de l'Apparition
Le scénario est ficelé autour du miracle de la Vierge de Guadalupe, un fait réel. En 1531, la Vierge est apparue à Juan Diego, un indien des faubourgs de Mexico: elle lui a donné des instructions pour que l’évêque fasse construire une église sur le lieu de son APPARITION et a laissé une image d’elle même imprimée miraculeusement sur la "tilma", une tunique aztèque en fibres d'agave. La canonisation de Juan est envisagée par le Vatican.
Nathalie Krentz, une ophtalmologiste française renommée, est sollicitée par le Vatican pour expertiser sur place les yeux de l'image sacrée.




Synopsis du roman Disparition

Un roman confus, où vont ci ou là cinq à six individus discourant, communiquant, affrontant situations sans significations de facto. La (soi-disant) motivation: Anton Voyl a disparu. La justification "profundis" : la disparition d'un inconnu, rond, "portant au mitan un trait droit, soit, si l'on voulait, d'un signal assimilant à l'indication formulant la prohibition d'un parcours."

Où part son latin ? Disparu itou pour sûr, à parcourir illico presto locutions, discours non sans brio, citations ou inventions, tout sans ajout du signal disparu...

"nous aurons compris la loi qui guida la composition du discours, nous irons admirant qu'usant d'un corpus amoindri, d'un vocabulariat aussi soumis à la scission, à l'omission, à l'imparfait, la scription ait pu s'accomplir jusqu'au bout."

Pour illustrations:
"Chacun ... se mit sur son vingt huit plus trois."
"Vision ... qui nous poula la chair."
"Douglas s'aussitôt livra tout d'un bloc à la passion du chant."
"Tout allait à vau l'iau".




Et alors pour l'"Apparition" ?
Ce bout de tissu recèle un trésor d'énigmes toutes plus étonnantes les unes que les autres. Comme le Linceul de Turin, l'image de Guadalupe a été soumise à une rigoureuse enquête scientifique, et les résultats sont étonnants (Auscultez par exemple ce site).



Bien sûr, pour Nathalie, l'objet de son étude réside dans ces personnages imprimés dans les pupilles de la Vierge, un personnage moustachu, les mains jointes comme en prière dans l'oeil gauche, et dans l'oeil droit un homme barbu, Juan Diego, reconnaissable à son chapeau pointu...




Intrigues vaticanes, corruption et piété mexicaine, énigme mystérieuse, échanges paranormaux entre Nathalie et l'âme errante de Juan, voilà une histoire bien déconcertante, qui ouvrira les yeux à notre ophtalmologiste sur sa propre personne...


Quid nunc du "Disparition" ?
Perdant par son intrigant propos, mais attachant, subtil, "ludicatif", un roman à part, hors normalisation.
A parcourir.



Deux titres choisis en écho lexical, mais sans réelle relation littéraire.

Un roman fiction brodé autour d'une énigme religieuse et scientifique, prétexte à la narration d'une remise en cause personnelle dans ce monde actuel du 20ième siècle.
Une lecture facile et fluide.

De l'autre, un exercice de style époustouflant (un lipogramme pour briller en société...), à l'image de la production de ce groupe littéraire "L'Oulipo", OUvroir de LIttérature POtentielle. Ce mouvement réunit depuis 1960 des écrivains comme Perec, Raymond Queneau,Italo Calvino et des mathématiciens comme Jacques Roubaud.
Une lecture alambiquée exigeante, voire fatigante, mais subtile, brillante.

Et en définitive, pour cette fois, un exercice de lectures croisées complètement hasardeux...
Mais que c'est difficile d'écrire une chronique sans "e"...
Mais tant ardu un opus avec omission, disparition du ...

dimanche 10 octobre 2010

40ième: "L'Homme Squelette" de Tony Hillerman

Genre : Chasse aux diamants et à ... un bras d’une victime d’un crash aérien dans le Grand Canyon.


Avant-dernier roman de Tony Hillerman en pays navajo avant son décès en 2008 à l’âge de 83 ans.
L'histoire
Billy Tuve, un jeune Hopi un peu attardé, a voulu placer en gage, contre 20 dollars, un diamant qui en vaut au moins 20 000. Il est aussitôt soupçonné de complicité dans le braquage récent d’une bijouterie. Cependant Tuve prétend que ce diamant lui a été donné en échange d’une pelle( !) par un vieux Shaman vivant au fond du Grand Canyon.
La police tribale enquête sous l’impulsion de Cow-Boy Dashee convaincu de l’innocence de Tuve, son cousin. Mais cette chasse au « distributeur » de diamants n’intéresse pas seulement les navajos, ces pierres précieuses pouvant provenir des restes d’une catastrophe aérienne survenue une cinquantaine d’années auparavant.
(En 1956 une collision entre 2 avions au-dessus du Grand Canyon a fait 70 victimes)

Et alors ?
Comme l’auteur, le cours du temps s’est poursuivi et les personnages ont vieilli, Leaphorn étant retraité, Chee et Bernie allant se marier.
Aussi même si ce roman ne présente sans doute pas l’intrigue la plus passionnante, on retrouve avec plaisir les héros de cette saga policière navajo. Un lecteur s’est amusé à établir un tableau récapitulatif des apparitions de Joe Lephorn et de Jim Chee d’année en année de parutions des épisodes.
Lien: http://michel.balmont.free.fr/pedago/polar/hillerman.html



L’autre attrait de ce roman est de non seulement nous plonger dans le passé et les mythes indiens, mais aussi dans le Grand Canyon, sans doute le véritable héros de cet épisode.

jeudi 23 septembre 2010

39ième Kronik: « Le meilleur de nos fils », Donna Leon

Genre : polar noir


L'histoire
Le charme de Venise, la loi du silence au sein de l'académie militaire, un élève mort par pendaison, officiellement un suicide.
Le commissaire Brunetti, l’Hercule Poirot de l’auteure –une américaine qui vit à Venise-, enquête sur la mort sordide de ce fils d’ancien député, l’intègre dottor Moro, dont les enquêtes sur les abus de pouvoir et de financements illégaux n’ont assurément pas dû lui procurer que des amis...


Et alors ?
Ambiance désenchantée, contaminée par cette enquête qui évoque le malaise des jeunes, la douleur d’un père frappé par la mort de son fils, le fascisme régnant chez les militaires, le rapport des classes entre les biens nés et les autres, la corruption des milieux politiques.
En contrepoint de cette enquête, le commissaire se réfugie à la maison pour se régaler des bons petits plats de Paola, sa femme, enseignante d’Anglais, à qui il confie ses états d’âme et expose ses doutes.
C’est un polar à l’opposé d’un thriller format « Da Vinci Code ». Pas de rebondissements en chaîne, au contraire une enquête qui piétine. Un personnage principal fatigué, troublé par la mort d’un garçon qui a l’âge de son fils. Et un dénouement qui justifie le qualificatif de polar noir.

A la fois une histoire attachante et désabusée.

mardi 21 septembre 2010

Chronique 38: "Je, François Villon" de Jean Teulé

Genre : boucherie - charcuterie moyenâgeuse

L'histoire
La vie de François Villon, poète orphelin écorché au propre comme au figuré...
D'actes irrévérencieux d'étudiants potaches, il passera très vite à un quotidien de violences.

Et alors ?
C'est rare, mais je n'ai pas pu en terminer la lecture. Cette succession d'actes brutaux de plus en plus violents m'a amené jusqu'à l'écœurement. Que ces scènes gores et malsaines (Pour se faire accepter par une bande de criminels, il leur offre sa fiancée qui se fait violer) ne soient justifiées ou non par la réalité biographique m'est vite devenu indifférent. Ce crescendo dans l'horreur m'a fait craquer.

Non. Clairement un livre que je ne recommande pas. Si poésie il y a, elle est maculée de sang, entrailles, cerveau dégoulinant et autres ingrédients de films d'horreur.

mercredi 1 septembre 2010

Chronique 37: "Un objet en souffrance" de Didier Van Cauwelaert

Genre : Fable traitant de la paternité et de la destinée (petite ou grande) dans notre société du 20ième siècle


L'histoire
A nouveau une rencontre « improbable » entre 2 hommes. François, un homme d’affaires à la Tapie, riche, célibataire, impitoyable, qui manipule les entreprises, l’argent, les politiques et les femmes avec un cynisme désabusé. Simon un vendeur de jouets dans un grand magasin proche de la faillite.
Le premier ne désire pas s’encombrer quotidiennement des contraintes d’une vie familiale et en particulier d’un enfant ; il vit par procuration à travers son frère et sa famille qu’il visite comme on se rend à un musée. Mais sa vie trépidante de requin de la finance sans scrupules commence à le lasser.
Le second désire un enfant avec sa femme Adrienne mais, déclarée stérile, elle doit recourir à la procréation assistée avec un donneur anonyme. Simon est désespéré, à tendance suicidaire héritée de son père noyé dans la Blèche
Ces 2 hommes à la dérive se rencontrent et comme pour « Un aller Simple », se déroule le fil d’un renversement de situation.

Et alors ?
Fable à ranger dans les comédies dramatiques. Derrière les scènes de farce se cache le drame d’enfances bafouées, de désillusions sur son rôle dans la vie, les amitiés.
Qui est cet objet en souffrance ? A l’apparition du thème de la procréation assistée, je m’attendais à identifier cet « objet » avec Adrien, le bébé assisté. A la fin de la lecture de ce roman –dont la chute est d’ailleurs assez tirée par les cheveux- j’hésite encore entre ce fils et les 2 pères qui tous les 3 se révèlent être des handicapés sociaux … en souffrance.

Une lecture agréable mais assez déroutante, tant par la gravité des sujets évoqués que par l’invraisemblance de l’histoire.

dimanche 29 août 2010

Petite ballade à VTT depuis St-Nizier (Isère)

Pour changer des chroniquettes littéraires, un petit conseil pour les vtt-istes en famille. Une jolie ballade décrite dans le guide "52 Balades en famille à vélo autour de Grenoble", d'Eric Merlen aux éditions Didier Richard.



Parcours sur le balcon de St Nizier.

Un dénivelé raisonnable (245m), avec quelques poussées de VTT pour les moins aguerris (en fin de parcours, sur la portion de GR), mais pas de longues montées bavantes.
Des passages caillouteux tout à fait négociables sans poser pied à terre.
Des points de vue très sympas sur les 3 Pucelles et le Moucherotte, et la vallée de Grenoble (on a même vu le sommet du Mont-Blanc).
Nous avons bouclé à 3 (2 quarantenaires sur VTT préhistoriques et une jeune sportive de 12 ans sur VTT rutilant avec amortisseurs avants) ce parcours en moins des 1h30 annoncés, et sans forcer.

A vos pédales en famille !

lundi 23 août 2010

Chronique(tte) 36: "Mariages" de Jacques A. Bertrand

Genre : 17 récits-nouvelles autour du mariage

Un fil conducteur clairement énoncé permet à l'auteur de peindre le mariage sous diverses formes et à de multiples couples latitude-longitude.
C'est parfois drôle et léger, d'autres fois plus sérieux et profond, souvent sensuel et toujours agréable et fluide à lire.

L'exercice de style de cette succession de courtes chroniques est assez réussi.
Cela reste un livre vite lu qui ne m'a pas laissé des anecdotes ou passages marquants en souvenir.

Les livres qui m'ont marqué... (pas tous chroniqués)

  • 'Beloved' & 'Jazz' de Toni Morrison
  • 'Charlotte' de David Foenkinos
  • 'Crime et châtiment' de Dostoievski
  • 'Kite runner' de Khaled Hosseini
  • 'La joueuse de go" de Shan Sa
  • 'Le quatrième mur' 'Profession du père' de Sorj Chalandon
  • 'Les enfants de Minuit' de Salman Rushdie
  • 'Sombre dimanche' & "L'art de perdre" d'Alice Zeniter
  • 'Sous le soleil des Scorta' et 'Eldorado' de Laurent Gaudé
  • "1984" de George Orwell
  • "Au Zénith" de Dong Thuong Huong
  • "Candide" de Voltaire
  • "En attendant Godot" de Samuel Beckett
  • "Fanrenheit 451" de Bradbury
  • "L'écume des jours" de Boris Vian
  • "L'insoutenable légéreté de l'être", de Milan Kundera
  • "L'œuvre au noir" de Marguerite Yourcenar
  • "L'ombre du vent" de Carlos Ruis Zafon
  • "La métamorphose" de Kafka
  • "La vie devant soi" de Romain Gary
  • "Le Hussard sur le toit" et "Les âmes fortes" de Jean Giono
  • "Le parfum" de Patrick Suskind
  • "Le Portrait de Dorian Gray" d'Oscar Wilde
  • "Le rouge et le noir" de Stendhal
  • "Les Cavaliers" de Joseph Kessel
  • "Les Déferlantes" de Claudie Gallay
  • "Les Raisins de la Colère" de John Steinbeck
  • "Malevil" de Robert Merle
  • "Mr Vertigo" de Paul Auster
  • "Sur la route" de Jack Kerouac
  • à suivre
  • L'univers de Haruki Murakami
  • Les contes d'Alessandra Barrico
  • Les polars de Fréd Vargas
  • Les romans de Sepulveda
  • Les romans de Yasunari Kawabata

Grand Canyon

Grand Canyon