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Liste par auteurs & titres dans Kronik list

mardi 16 janvier 2018

311: "L'étranger" d'Albert Camus

Genre : une référence de la littérature

Histoire
Habitant d'Alger pendant la période de l'Algérie française, le narrateur Meursault reçoit un télégramme qui l'avertit de la mort de sa mère. Il prend le bus pour rejoindre l'enterrement au village Marengo.
"Aujourd'hui maman est morte, ou peut-être hier, je ne sais pas"


Impressions
Je m'apprêtais à lire "Meursault, contre-enquête" de Kamel Daoud. Mais je me rendu compte que si je ne relisais pas 'L'Etranger', je n'allais pas apprécier à sa juste valeur le roman de Daoud qui y fait -Cf. 4ième page- un "hommage en forme de contrepoint".
Dont acte.

Roman le plus connu de la tétralogie de "le cycle de l'Absurde" d'Albert Camus. Deuxième roman francophone le plus lu dans le monde après "Le Petit Prince" de St Exupéry. Largement commenté, disséqué, analysé; je n'en rajouterai pas.
Je me contenterai de dire que je l'ai relu avec surprise, me souvenant de la première partie et très peu du deuxième volet qui décrit le jugement et l'emprisonnement.

Condamné plus pour son indifférence aux normes de la société que pour son crime. Quel personnage énigmatique... Comme cette lecture, inconfortable, à l'écriture sobre et je dois reconnaître assez raide en terme de plaisir brut. Mais cette sobriété austère sert le discours sur l'absurdité de la vie, l'irrationnel de nos actions, le décalage vécu par l''étranger" et son environnement humain.

"Et c’était comme quatre coups brefs que je frappais sur la porte du malheur." 

Un incontournable de la littérature. Une piqure de rappel avant la lecture de "Meursault, contre-enquête".

lundi 15 janvier 2018

310: 'Bonneville' de Laurent Saulnier

Genre : dingo et déjanté (ce qui n'est pas esthétique pour une voiture...)

Histoire
Seule cette Pontiac Bonneville 1969 couleur crème que son père a achetée offre un espace imaginaire de rêve et d'évasion pour le narrateur. Voyageur nocturne au volant de ce vaisseau des routes hors d'état de rouler. Et ce n'est pas avec son emploi à la station-service d'une autoroute qu'il pourra se payer les réparations pour partir avec la belle des ateliers de Detroit...
Impressions
Qui est le personnage principal ? La Pontiac ou le narrateur ?
L'ambiance est curieuse. A la fois légère, presque poétique lors de ces voyages immobiles à bord de l'américaine. Et puis vraiment violente, noire, sanglante.
Cet homme est décalé, vit dans sa tête, regarde comme un observateur ses gestes et c'est terrifiant.
"Personne ne pourrait deviner combien de kilomètres j’ai accumulés comme ça, des kilomètres qui n’existent nulle part, juste derrière mes yeux, à travers des paysages que j’inventais au fur et à mesure. "




Le rythme est assez lent, l'écriture plutôt neutre, traitant de ce sujet très original d'une manière un peu molle. Le dernier tiers du roman accélère heureusement un peu, l'engrenage est bien huilé, et on est impatient d'en connaître le dénouement.

Roman énigmatique. Décalé. Sombre.

309: 'Au fond des bois' de Karin Slaughter

Genre : promenons nous à Macon (Georgie, Etats-Unis)

Histoire
Lena et son mari Jared sont tous les deux flics. Ils sont sauvagement agressés chez eux. Un des 2 agresseurs est tué par elle, l'autre épargné de peu d'un coup de marteau fatidique. Une enquête est lancée et très vite l'intrigue s'entremêle avec une seconde investigation, autour d'un réseau de proxénétisme, drogue et pédophilie...

Impressions
"Slaughter" signifie massacre, tuerie, abattage... Quel nom - surement un pseudo- pour une femme écrivant des thrillers assez sanglants !
C'est le premier roman de cette auteure que je lis, septième volume d'une série avec Will Trent comme héros récurrent. Je n'ai donc pas commencé par le premier opus, et c'est peut-être un tort.

Histoire de couples complexes, avec l'ex-mari flic de la médecin Sara mort en mission lors d'une intervention avec Lena, d'où des tensions fortes entre les protagonistes du roman.
On pédale un peu dans les liens entre eux, avec quelques personnages annexes comme la mère acariâtre de Jared, qui ne peut pas supporter l'épouse de son fils ...
En résumé les personnages présentent de l'épaisseur psychologique, pas toujours passionnantes mais présente.

La construction du thriller est plus intéressante. En parallèle du fil linéaire de l'enquête sur l'insaisissable Big Whitley, l'auteure nous distille en flash-back les épisodes de préparation et mise en œuvre de l'intervention musclée dans la maison du fond des bois. Cette structure donne un rythme soutenu au récit et le rend attrayant.

Les milieux policiers, des trafiquants et médical semblent être fort bien documentés. L'auteure en remercie d'ailleurs certains. Elle utilise par exemple cette compétition entre le Georgia Bureau of Investigation et la police locale pour ajouter du piment et des rebondissements.

Thriller efficace sur le sol américain. Du sang, de l'amour, des rebondissements, du suspense, les ingrédients sont de la partie et cela prend plutôt bien. Pas de grand message philosophique ou politique à attendre.

mardi 26 décembre 2017

308: 'Article 353' de Tanguy Viel

Genre : appartement avec vue sur mer bretonne

Histoire
Martial Kermeur explique son geste devant un juge d'instruction. Il est accusé d'avoir jeté à la mer le promoteur immobilier Antoine Lazenec.




Impressions
Plus qu'un face à face, c'est un roman confidence d'un accusé avec une écoute plutôt passive du juge, une séance de psy. Ce dernier prend la parole qu'à certains moments, la tension étant presque palpable.
"Peut-être même, la lumière, c'est vous, j'ai dit au juge, peut-être vous aimantez mes souvenirs et vous les faites tourner en moi comme des anneaux autour de Saturne."



Question fondamentale du doit-on se faire soi-même justice. Martial sali, volé, bafoué, ruiné, abandonné, une victime d'un homme malsain, immoral mais intouchable...

"Et quel cerveau......quel cerveau il nous faut, à nous autres les gens normaux, pour admettre qu’il existe sur terre une catégorie de personnes comme ça, dépourvues de cette chose que vous et moi, j’ai dit au juge, je suis sûr qu’on partage, quelque chose qui normalement nous empêche ou nous menace,quelque chose –une conscience peut-être, et qui naît assez vite pourvu qu’on ait dans la tête ce miroir mal fixé qui fait que même Adam s’est couvert d’une feuille de vigne, quelque chose qui nous entrave, oui, mais peut-être aussi, nous honore. Et le fait est que certains en sont dépourvus, de cette chose-là, comme d’autres naissent avec un bras en moins, certains naissent atrophiés de, je ne sais pas, de...
Et le juge a dit : D’humanité ? 
Oui, peut-être au fond c’est ça, d’humanité."

Les paroles sont justes, simples et elles peuvent peut-être changer le cours de l'avenir de l'inculpé...

Roman huit-clos récit-plaidoyer extrêmement bien construit. Histoire de vie bouleversante.

307: 'Marx et la poupée' de Maryam Madjidi

Genre : 3 naissances d'une iranienne en EXIL en France

Histoire
Maryam est dans le ventre de sa mère quand celle-ci participe aux mouvements communistes d'étudiants iraniens se battant contre les partisans de Khomeiny lors de la révolution de 1979. 

Impressions
Récit avec de tous les genres, découpé en 3 parties, 3 naissances:
- de la naissance à ses 6 ans en Iran, 
- l'exil en France pour rejoindre le père déjà parti,
- la réconciliation avec son pays d'accueil.

Du roman, de la fiction, du récit, de la poésie. C'est relevé comme un repas iranien.
Un témoignage fort auto-biographique. Qui m'a fait souvent penser à Persepolis, cette formidable bande dessinée de Marjane Satrapi.
Malgré la construction non linéaire et non chronologique du récit, l'auteure nous emporte dans ses inquiétudes, ses joies, dans le chemin de cette jeune femme exilée qui se construira progressivement.

" Je déterre les morts en écrivant. C'est donc ça mon écriture ? Le travail d'un fossoyeur à l'envers ? "

Très beau roman à la fois par la force de son témoignage mais aussi de son écriture. Un vrai talent de conteuse.

jeudi 21 décembre 2017

306: 'La Vie aux aguets' de William Boyd

Genre : ne faites confiance à personne ...

Histoire
La mère de Ruth Gilmartin annonce brutalement à sa fille qu'elle est une émigrée russe ex-espionne au compte ses Services Secrets Britanniques.

Impressions
Récit palpitant, par cette double intrigue qui se dénoue progressivement à la fois dans le passé de Eva Delectorskaya, et dans le présent de Ruth qui est sollicité par sa mère pour régler ses comptes avec un mystérieux Lucas. Alternance temporelle qui met beaucoup de piment dans l'intrigue. Les secrets d'Eva sont distillés au compte goutte, 
Cette histoire d'espionnage teintée d'amour et de trahison est tissée sur fond d'Histoire, celle où les Anglais derrière Churchill ont mis en oeuvre tous les moyens possibles de lobbying et manipulations pour faire entrer les Etats-Unis dans la guerre contre Hitler.

"- 'Ne faites confiance à personne', répliqua-t-il sans solennité mais avec une assurance et une sorte de certitude pratique, comme s'il déclarait : 'Aujourd'hui, c'est vendredi.' 'Ne faites confiance à personne, jamais', répéta-t-il en prenant une cigarette qu'il alluma, pensif, surpris lui-même de sa lucidité aurait-on dit. 'Peut-être est-ce la seule règle dont vous avez besoin. Peut-être que toutes les autres règles dont je vous parlerai ne sont-elles que les dérivés de celle-là. 'La seule et unique loi.' "

Roman d'espionnage, d'amour et de trahison. William Boyd est un excellent faiseur d'histoires.

305: 'Eloge des femmes mûres' de Stefan Wizinczey

Genre : simili de déclinaison Hongroise de Kundera ?

Histoire
Andras Vajda, professeur de philosophie dans le Michigan, retrace son initiation aux plaisirs charnels depuis ses expériences dans sa Hongrie natale, à ses séjours en Autriche  et Italie avant de rejoindre le continent américain. Avide de découvrir le corps féminin dès sa préadolescence, il témoigne de son attirance pour les femmes plus matures.

Impressions
Récit initiatique sur fond de chamboulements historiques.
Ce fut un grand succès public semble-t-il. 
Stephen Vizinczey s'inspire sans doute de sa propre vie, étant lui même un poète et philosophe hongrois émigré au Canada.

"Les jeunes garçons gâchent souvent leurs meilleures années-et leur personnalité-en croyant à tort qu'il faut être un dur dans sa prime jeunesse pour devenir un homme. Ils font partie d'une équipe de foot pour devenir adulte alors qu'en fait, une route de campagne déserte, le vide les aideraient davantage à appréhender le monde et leur propre personne."

Le ton est assez neutre, factuel, voire empreint d'auto-dérision que j'ai appréciée. Cette initiation érotico-sexuelle est décrite avec sensualité et souvent humour. Pas de vulgarité, un respect mutuel est de rigueur.
Certains épisodes du début enfreignent la moralité, son rôle de proxénète dans un camp américain jouxtant un camp de réfugié(e)s est discutable. La suite apporte à Andras plus de culture et de la maturité dans ses rapports aux femmes. Le récit tourne cependant à une sérialisation d'expériences sans liens évidents qui au bout d'une centaine de pages ont failli me lasser.

C'est le décor historique qui évite au roman de se transformer en un catalogue, nous transportant de l'arrivée en Hongrie des américains pendant la deuxième guerre mondiale à son exil de sa Hongrie natale pour fuir la dictature russe. Cette dimension politique donne de la profondeur à l'histoire et au personnage.
Et puis comme Milan Kundera, Stefan Wizinczey émaille son roman de réflexions d'ordre philosophique.

"Les citoyens des grandes nations ont tendance à croire que les victoires sont éternelles ; les Hongrois, eux, s'intéressent surtout au déclin du pouvoir, à la chute inévitable des vainqueurs et à la renaissance des vaincus. C'est pourquoi peu d'entre nous ont jamais imaginé que les Russes resteraient pour de bon ; on se demandait seulement quand ils partiraient et comment."

"La dictature est une leçon ininterrompue qui vous enseigne que vos sentiments,vos pensées et vos désirs n'ont pas le moindre poids,que vous n'avez pas d'existence propre,et que vous devez vivre comme d'autres en ont décidé à votre place."

Récit non édifiant mais un agréable moment de lecture, surtout pour cette fresque de la Hongrie que je connais très mal.

Les livres qui m'ont marqué... (pas tous chroniqués)

  • 'Beloved' & 'Jazz' de Toni Morrison
  • 'Charlotte' de David Foenkinos
  • 'Crime et châtiment' de Dostoievski
  • 'Kite runner' de Khaled Hosseini
  • 'La joueuse de go" de Shan Sa
  • 'Le quatrième mur' 'Profession du père' de Sorj Chalandon
  • 'Les enfants de Minuit' de Salman Rushdie
  • 'Sombre dimanche' & "L'art de perdre" d'Alice Zeniter
  • 'Sous le soleil des Scorta' et 'Eldorado' de Laurent Gaudé
  • "1984" de George Orwell
  • "Au Zénith" de Dong Thuong Huong
  • "Candide" de Voltaire
  • "En attendant Godot" de Samuel Beckett
  • "Fanrenheit 451" de Bradbury
  • "L'écume des jours" de Boris Vian
  • "L'insoutenable légéreté de l'être", de Milan Kundera
  • "L'œuvre au noir" de Marguerite Yourcenar
  • "L'ombre du vent" de Carlos Ruis Zafon
  • "La métamorphose" de Kafka
  • "La vie devant soi" de Romain Gary
  • "Le Hussard sur le toit" et "Les âmes fortes" de Jean Giono
  • "Le parfum" de Patrick Suskind
  • "Le Portrait de Dorian Gray" d'Oscar Wilde
  • "Le rouge et le noir" de Stendhal
  • "Les Cavaliers" de Joseph Kessel
  • "Les Déferlantes" de Claudie Gallay
  • "Les Raisins de la Colère" de John Steinbeck
  • "Malevil" de Robert Merle
  • "Mr Vertigo" de Paul Auster
  • "Sur la route" de Jack Kerouac
  • à suivre
  • L'univers de Haruki Murakami
  • Les contes d'Alessandra Barrico
  • Les polars de Fréd Vargas
  • Les romans de Sepulveda
  • Les romans de Yasunari Kawabata

Grand Canyon

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