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Liste par auteurs & titres dans Kronik list

vendredi 15 décembre 2017

304: 'Jusqu'au dernier' de Deon Meyer

Genre : flic dans l'Afrique du Sud post-apartheid

Histoire
Mat Joubert, capitaine à la Brigade des Vols et des Homicides au Cap, doit composer avec sa reconstruction psychologique douloureuse suite au décès de sa femme il y a deux ans, et avec l'arrivée d'un nouveau chef, très directif... Sur 'fond' de 2 enquêtes criminelles d'envergure à résoudre sous la pression des dirigeants politiques.

Impressions
Profondeur du portrait psychologique de Mat, c'est le premier roman d'une longue série par cet auteur afrikaner. Et cette première expérience m'a donné envie de retrouver dans d'autres épisodes ce flic et son univers sud-africain.

Et pourtant au début le portrait de plus en plus classique d'un héros policier en détresse, dépressif, suite à une mort brutale de son entourage, m'avait un peu rebuté. Sans compter que son meilleur ami a plongé dans l'alcoolisme et qu'arrive un méchant supérieur qui leur donne un tour de vis en les menaçant de sanctions... N'en rajoutez plus !
Et puis on s'installe dans son fauteuil et dans le roman, car, après tout, des lueurs d'espoir se dessinent et les personnages sont attachants, humains, dans cette Afrique du Sud que l'auteur nous invite à découvrir au quotidien.
Et puis c'est le premier polar que je lis où le flic est sommé de faire un régime (15 kg à perdre !!), de faire du sport et de suivre une psychothérapie par son supérieur.
Et une fois le décors planté, le rythme s'accélère et j'ai bien eu du mal à lâcher ce bouquin qui finit par un dénouement inattendu.

Bon polar, le premier d'un série où on suit autant l'intrigue policière que le régime alimentaire que Mat doit respecter ! 

jeudi 14 décembre 2017

303: 'La conversation amoureuse' d'Alice Ferney


Genre : ambiguïté des rapports amoureux

Histoire
Les hommes se réunissent au club pour regarder un match de boxe tandis que les femmes se réunissent de leur côté pour discuter. Manquent Pauline et Gilles qui ont rendez-vous au restaurant...

Impressions
Autour de cette histoire de séduction entre Gilles et Pauline, gravitent les autres couples en écho.

Plume et peinture des sentiments extrêmement subtiles.

dimanche 10 décembre 2017

302: 'Le crime du comte Neville' d'Amélie NOTHOMB

Genre : tragico-burlesque, mythologie grecque chez les nobles belges

Histoire
La famille Neville est une famille des Ardennes belges, noble, respectable mais ruinée. Henri organise pour la dernière fois la grande réception dans le château familiale qui sera ensuite vendu. Une voyante lui prédit qu'il assassinera un(e) de ses invités...

Impressions
Plume efficace et agréable, la patte de Mme Nothomb.

Apparemment Amélie Nothomb s'inspire d'une nouvelle d'Oscar Wilde, rien que cela. Je ne connais pas l'"original" mais il y a fort à parier que cette version plus récente pâlira devant la comparaison... Et j'en suis déçu, je trouvais justement l'intrigue originale, plus que son développement assez superficiel.

Début original pour planter le décor et attraper le lecteur.
Un développement avec des situations assez déjantées et des dialogues parfois drôles et savoureux.
Une fin un peu télescopée et bâclée.

Recueil distrayant, vite lu, (vite oublié ??). Du Amélie Nothomb pur jus, millésime 2015.

301: 'Giboulées de soleil' de Lenka HORŇÁKOVÁ-CIVADE

Genre : lignée de femmes bâtardes qui assument et revendiquent leur liberté

Histoire
Trois générations de femmes de 1930 à 1980 en Tchécoslovaquie.
Magdalena, Libuse et Eva, mères en fille n'ayant pas de père reconnu.
On pourrait ajouter Marie, la mère de la première de ces femmes.
Face aux pages de l'Histoire qui se tournent, du nazisme, communisme à la chute du Mur, ces femmes font face au destin chacune avec leur personnalité.

"Il faut le préciser, on est des bâtardes de mère en fille, comme certains sont boulangers ou rois. Aujourd'hui, il n'existe plus de boulangers. Ils ont été remplacés par des boulangeries industrielles qui crachent du pain sans âme (...). Les rois n'existent plus non plus et ont été remplacés, eux, par le Parti communiste. Il faut maintenant être communiste de père en fils. L'avantage avec le communisme, c'est que chacun peut l'adopter, alors que normalement il n'y a qu'un seul roi par pays."

Impressions
Belle histoire sur un canevas que j'ai déjà trouvé dans de nombreux romans du concours InterCE...
Par exemple La Saison des Mangues, Les Déchaînés
Les hommes y ont le mauvais rôle, sans doute sûrement souvent mérité. Les seuls 'habilités' se pendent à un chêne ou sont massacrés par un Boiteux violent et détestable.
Et ces femmes que le destin sur fond d'Histoire agitée en Tchécoslovaquie malmène sont belles, déterminées et courageuses.

Le rêve les métamorphose.
"Rêver transforme une femme de presque soixante ans avec un derrière et un foulard sur la tête en une jeune femme belle, les yeux pleins d'étoiles qui s'illuminent plus fort que celles accrochées dans le ciel d'une nuit sans lune."

Elles savent capter les instants de grâce.
"Les moments de grâce sont de cette nature, furtifs, insaisissables. Il faut avoir foi en eux, et en leur existence, si brève qu'elle laisse une trace amère dans tout le corps. Cette sensation, cette nostalgie est bien la preuve de leur existence."

Ecrit en Français par une écrivaine d'origine tchèque (elle vit en France depuis 1991). L'écriture est poétique, fluide et agréable à lire mais est parfois trop simpliste. Cependant on ne peut qu'apprécier cette démarche très volontaire d'écrire son premier roman dans une langue non maternelle.

Un beau roman sur la filiation portée par de magnifiques voix de femmes. 

mardi 28 novembre 2017

300: 'Les soldats de Salamine' de Javier Cercas

Genre : autour du fratricide complexe de la guerre civile d'Espagne


D'abord, petite parenthèse, je note que c'est la 300ième chronique, et que franchement je ne pensais pas que ce projet de blog allait durer et accumuler autant de chroniques !
Belle plateforme en tout cas d'échanges pour moi avec les autres lecteurs, ce pense-bête me permet d'aller dénicher des conseils ou de remémorer mes impressions d'anciennes lectures.

Histoire
Journaliste et écrivain ('bon écrivain mineur' selon Cercas), Rafael Sanchez Mazas fut le leader fondateur de la Phalange, un mouvement d'extrême droite créé en Espagne avant la guerre d'Espagne. La Phalange est déclarée hors-la-loi par le gouvernement républicain en mars 1936: Mazas est arrêté et emprisonné à plusieurs reprises, il est libéré ou s'enfuit, et après de multiples rebondissements est transféré en janvier 1939 au Monastère Santa Maria de Collel (près de Girone) pour y être exécuté. La légende veut qu'il réussit à échapper aux balles du peloton d'exécution et est épargné par un des soldats qui le poursuivent.
Suite à la rencontre avec le fils de cet homme, le narrateur, écrivain et journaliste lui aussi,  se met en tête de recueillir des témoignages et des indices pour transformer cette histoire confuse en une fiction.

Impressions
Livre en 3 parties aux titres sibyllins, que j'ai ressenti comme une sorte de montée en puissance, de message, de personnages, de narration:
1- Les amis de la forêt
2- Les soldats de Salamine
3- Rendez-vous à Stockton

La première partie m'a paru un peu laborieuse, longues explications pour comprendre le chemin intellectuel et physique (le narrateur se déplace beaucoup pour retrouver les témoins) qui l'amène à écrire une version 'fiction-réalité'. C'est la genèse de la deuxième partie.


Le chapitre central constitue une reconstruction par le journaliste de l'histoire vécue par Sanchez, depuis son enfance jusqu'à la fin de sa vie, avec pour axe central évidemment cette rencontre mystérieuse entre le soldat républicain et Mazas.
Pourquoi 'La bataille de Salamine' ? Un épisode des guerres médiques, 480 avant J.C., où la flotte grecque l'emporta sur les Perses pourtant en surnombre. 'cristallisation de la douleur des vaincus qui voient la gloire de leur patrie s’abîmer dans un désastre irrémédiable, tandis qu’émerge la puissance athénienne', peut-on lire dans un texte d'analyse du roman de Cercas.

La dernière partie est plus entraînante avec la découverte de Miralles, un personnage beaucoup plus attachant et fréquentable témoin et acteur de ces épisodes de guerres et de violence. Cette rencontre apporte de l'humanité, de la tendresse.

"Il n'y a pas une seule personne parmi ces gens qui connaisse ce vieux à moitié borgne et arrivé au terme de sa vie, qui fume des cigarettes en cachette et qui à ce moment précis est en train de manger sans sel à quelques kilomètres d'ici; pourtant il n'en est pas une seule qui n'ait une dette envers lui."


L'auteur cherche le sauveur de Mazas, rêverait de le trouver en Miralles un héros romanesque.
"- C’est possible. Mais toutes les guerres sont pleines d’histoires romanesques, n’est-ce pas ?
- Seulement pour celui qui ne les vit pas. Miralles exhala une bouffée de fumée et cracha ce qui devait être un brin de tabac. - Seulement pour celui qui les raconte. Pour celui qui va à la guerre pour la raconter, et non pour la faire."

Le thème de ce roman m'est personnellement inconfortable, nauséeux, malsain, tant d'efforts dévoués à ce personnage à l'idéologie exécrable... Je nourris une haine viscérale des mouvements fascistes et rejoins de prime abord la réaction de la compagne du narrateur. "- Merde ! dit Conchi. Je t'ai déjà dit de ne pas écrire sur un facho. Ces gens foutent en l'air tout ce qu'ils touchent. Ce que tu dois faire, c'est oublier ce livre et en commencer un autre. Pourquoi pas sur Garcia Lorca ?"

Mais ce roman n'est pas une apologie des phalangistes, et de Mazas, mais plus un témoignage sur ces épisodes douloureux où aucun des camps n'a finalement été gagnant (et certainement pas Mazas qui sera rejeté par les siens après son ministère fantoche auprès de Franco). C'est aussi un livre qui veut honorer tous ces anonymes qui se sont battus contre le fascisme.

Et enfin c'est un ouvrage souvent analysé quant à sa structure narrative élaborant une fiction à partir de l'histoire. 

Roman sur les relations complexes entre Histoire, roman, fiction, légendes et mémoire. Témoignage d'années sombres et de la complexité des histoires humaines.
Très belle analyse sur : http://journals.openedition.org/labyrinthe/226 

jeudi 16 novembre 2017

299: 'La Bénédiction inattendue' de Yoko Ogawa

Genre : 7 ballades imaginaires

Histoire
Des errances d'une romancière au destin malheureux d'un champion de natation.

Impressions
Je ne suis pas fan des nouvelles, mais j'ai apprécié le rythme et le style de cette écriture (traduite du japonais...). Une poésie mélancolique règne dans ces 7 petits récits.

Recueil de 7 nouvelles raffinées.

298: 'Insoupçonnable' de Tanguy Viel

Genre : faux frères

Histoire
Lise se marie avec Henri. Henri a un frère, Edouard, Lise un frère Sam. Les 3 hommes jouent au golf. Mais ce quatuor ne se voue pas uniquement de bons sentiments...


Impressions
Beaucoup de fans semblants, de faux enlèvements, c'est assez noir, oppressant.
Cette tension est servie par une écriture intelligemment construite, aux phrases assez longues et ponctuées. 
L'auteur nous plonge dans une intrigue dont le lecteur attend dès le début un dénouement tragique. Le scénario est relativement cousu de fil blanc.
Mais l'écrivain nous positionne en spectateur d'une simili pièce de théâtre avec peu de dialogues, où les rapports psychologiques s'expriment à livre ouvert.
On est dans la salle de cinéma, et le crime ne sera pas presque parfait...

Histoire courte (138p) d'une machination de deux amants envers un homme riche somme toute assez commune. Mais bien écrite et aux peintures psychologiques profondes.

Les livres qui m'ont marqué... (pas tous chroniqués)

  • 'Beloved' & 'Jazz' de Toni Morrison
  • 'Charlotte' de David Foenkinos
  • 'Crime et châtiment' de Dostoievski
  • 'Kite runner' de Khaled Hosseini
  • 'La joueuse de go" de Shan Sa
  • 'Le quatrième mur' 'Profession du père' de Sorj Chalandon
  • 'Les enfants de Minuit' de Salman Rushdie
  • 'Sombre dimanche' & "L'art de perdre" d'Alice Zeniter
  • 'Sous le soleil des Scorta' et 'Eldorado' de Laurent Gaudé
  • "1984" de George Orwell
  • "Au Zénith" de Dong Thuong Huong
  • "Candide" de Voltaire
  • "En attendant Godot" de Samuel Beckett
  • "Fanrenheit 451" de Bradbury
  • "L'écume des jours" de Boris Vian
  • "L'insoutenable légéreté de l'être", de Milan Kundera
  • "L'œuvre au noir" de Marguerite Yourcenar
  • "L'ombre du vent" de Carlos Ruis Zafon
  • "La métamorphose" de Kafka
  • "La vie devant soi" de Romain Gary
  • "Le Hussard sur le toit" et "Les âmes fortes" de Jean Giono
  • "Le parfum" de Patrick Suskind
  • "Le Portrait de Dorian Gray" d'Oscar Wilde
  • "Le rouge et le noir" de Stendhal
  • "Les Cavaliers" de Joseph Kessel
  • "Les Déferlantes" de Claudie Gallay
  • "Les Raisins de la Colère" de John Steinbeck
  • "Malevil" de Robert Merle
  • "Mr Vertigo" de Paul Auster
  • "Sur la route" de Jack Kerouac
  • à suivre
  • L'univers de Haruki Murakami
  • Les contes d'Alessandra Barrico
  • Les polars de Fréd Vargas
  • Les romans de Sepulveda
  • Les romans de Yasunari Kawabata

Grand Canyon

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