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Liste par auteurs & titres dans Kronik list

samedi 29 octobre 2011

79: "Le goût des pépins de pomme" de Katharina Hagena

Genre : roman au féminin sur le souvenir

Histoire

En Allemagne du Nord, trois générations de femmes:
1- la grand-mère Bertha et sa soeur Anna, partie trop jeune.
2- les trois filles de Bertha et de Hinnerk Lünschen, Inga, Harriet et Christa,
3- Iris, la fille de Christa et aussi la narratrice.
        Bertha a légué sa maison à sa petite-fille. Après l'enterrement, Iris a décidé de rester le temps de régler la succession, mais bien peu s'en faut pour qu'elle prolonge son séjour...

Impressions

    Roman très délicat, où la narratrice plonge dans ses souvenirs comme elle plonge dans le lac proche de cette maison qui est désormais sienne.

    Le fil du passé se dénoue, avec ses instants de tendresse, de bonheur mais aussi de cruauté et de disparitions des êtres chers. Ces récits de tranches de vie se nourrissent de l'exploration des pièces de la maison et du jardin, que l'auteure excelle à décrire: on savoure les odeurs du verger ou frissonne, assis sur les dalles froides du perron.

    Livre qui mérite sa place actuelle au top des ventes. Mélancolique et tendre mais pas à l'eau de rose, riche en scènes humoristiques comme lors des moments vécus avec Max, l'avoué en charge de la succession.

Pas un chef d'œuvre mais un très beau roman.

vendredi 28 octobre 2011

78: "La Maldonne des Sleepings" de Tonino Benacquista

Genre : pour insomniaques en voyage ferroviaire


Histoire
Antoine, un "couchettiste" (à traduire, un responsable d'un wagon couchette en 2ième classe) du Paris - Venise se retrouve encombré d'un clandestin qui attire la convoitise et les ennuis.

Impressions
Un polar qui se lit facilement, sans prétention. De l'humour, un héros bourru aux coups de gueule et des situations abracadabrantes attestent de la signature de Tonino Benacquista.
L'auteur a effectivement été "couchettiste", d'où l'aspect très documenté de ce récit ferroviaire.

Un livre pour se détendre mais beaucoup moins captivant que "Saga". A lire sur le Paris-Venise, mais méfiez-vous des faux médecins...

La suite des tribulations d'Antoine, "Trois carrés rouges sur fond noir" a été primée en 1990 (notamment pas les Galeries Lafayette). A suivre.

jeudi 27 octobre 2011

77: "Le Général de l'armée morte" d'Ismaïl Kadaré

Genre : rapatriement d'ossements à déterrer dans une Albanie pluvieuse et boueuse


Histoire

Un général italien accompagné d'un prêtre ont pour mission de ramener les cadavres de leurs compatriotes morts en Albanie lors de la deuxième guerre mondiale.

Pour replacer le contexte historique qui m'était personnellement flou.
L'Albanie a été envahie par l'Italie fasciste en avril 1939. En 1943, l'Allemagne occupera à son tour le pays.
Grâce à la résistance menée par le communiste Enver Hodja contre l'occupation italienne puis allemande, l'Albanie s’est libérée par ses propres moyens dès 1944. Après des élections remportées par le Front démocratique, mouvement où les communistes sont dominants, l’Assemblée constituante déclare la République populaire d’Albanie en janvier 1946. Ce roman prend place environ vingt ans après la guerre.

Impressions

Cohabitent plusieurs formes littéraires, comme les dialogues (savoureux), les journaux intimes et les contes. La narration est rigoureuse, épurée.

Ambiance lugubre, accentuée par une météo hivernale, de pluie, de boue, de froid, comme si ce pays ne bénéficiait pas du climat méditerranéen. Des listes sans fin de noms à cocher. Un énigmatique colonel Z hante les récits les plus cruels. L'absurde de cette quête se traduit par des mésaventures, de petites anicroches tragi-comiques, où se mêlent horreur et beauté, drame et humour. Des petites mésaventures qui feront progressivement perdre de sa superbe au général.

"[...] odieuse besogne"
"Tout le reste n'est qu'une chronique monotone".
"J'ai l'impression de m'être introduit dans le royaume du calcium".
"J'ai l'impression que nous errons dans ce pays comme une tumeur mobile. [...] Il y a dans notre travail quelque chose de bizarre et de maléfique."


Un exil pour ce général en mal de son pays, comme une suite à l'œuvre d'Albert Camus de ma chronique précédente...
De nombreuses critiques du Net mettent en avant dans ce roman la description avec force et une grande humanité de l'Albanie. J'avoue ne pas avoir été réceptif à cet aspect du récit. J'ai plus été happé par l'ambiance surréaliste, cet univers flottant et englué à la fois, sans repère temporel, une quête à la dérive.

Une lecture à ne pas conseiller si vous n'avez pas le moral.
Une narration lente, nécessaire au sujet, mais qui manque à mon goût de rythme.
Un grand roman mais dont la monotonie m'a quelque peu déçu.

Ce roman a été porté à l’écran par Luciano Tovoli en 1983, avec Marcello Mastroianni, Michel Piccoli, Anouk Aimée.

Un des 100 livres du XXième siècle recensés au printemps 1999 dans le cadre d'une opération organisée par la Fnac et Le Monde. J'enchaîne avec "La modification" de Michel Butor.

samedi 17 septembre 2011

76: "L'exil et le royaume" d'Albert Camus

Genre : 6 nouvelles sur l’homme face à sa solitude


Histoire
Bien que très différentes par leurs styles et leurs atmosphères, elles se rejoignent à travers le thème de la solitude, soit par l'éloignement de son pays, soit issue de l’incompréhension de l’entourage.

''La femme adultère''
En Afrique du Nord, un commerçant français, Marcel, doit surpasser l’inconfort des rapports entre les colons et les autochtones pour gagner sa vie. Le racisme est latent, traduit par des remarques dites sous un ton débonnaire
« Doucement le matin, et pas trop vite le soir », dit Marcel.

Sa femme l’accompagne dans la tournée des marchands arabes des hauts plateaux et du Sud. Elle le suit « voilà tout, contente de sentir que quelqu’un avait besoin d’elle. »
« Surtout, elle aimait être aimée, et il l’avait submergée d’assiduités. A lui faire sentir si souvent qu’elle existait pour lui, il la faisait exister réellement. »
« Elle attendait, mais elle ne savait pas quoi. Elle sentait seulement sa solitude, et le froid qui la pénétrait, et un poids plus lourd à l’endroit du cœur.
« Et son malaise, son besoin de départ augmentaient. »

Une histoire déroutante, inquiétante.

''Le renégat ou un esprit confus''
« Prisonnier de son royaume, la ville stérile sculptée dans une montagne de sel », le narrateur a renié son passé et sa culture pour se convertir à la religion cruelle et violente de ses maîtres. Accablé par la chaleur qui monte et le soleil qui « frappe comme un marteau sur toutes les pierres », à travers un monologue intérieur, il délire en attendant l'arrivée d'un missionnaire.
Déjà cette torpeur régnait dans la nouvelle précédente ; « Le plus dur était l’été où la chaleur tuait jusqu’à la douce sensation de l’ennui. »
Une nouvelle dure et cruelle.

''Les muets''
« Une grève de colère » dans un atelier de tonnellerie vient d’échouer, « la colère et l’impuissance font parfois si mal qu’on ne peut pas crier. »
Très humain et ... d'actualité.

''L’hôte''
Deux hommes progressent « lentement dans la neige, entre les pierres, sur l’immense étendue du haut plateau désert ».
Ils rejoignent l’instituteur Daru. L’un des 2 visiteurs part et Daru se voit encombré d’un hôte dont il est maître du destin.
Un dénouement terrible.

''Jonas''
« Gilbert Jonas, artiste peintre, croyait en son étoile. » Mais devant son succès artistique, jusqu’à quelles limites, supportera-t-il d’être envahi de visiteurs souvent intéressés ?
La nouvelle la plus légère mais que j'ai le moins appréciée.

''La pierre qui pousse''
Après le désert et les ateliers, le recueil s’achève dans la forêt brésilienne. Un ingénieur rejoint le village Iguape pour construire une digue qui protègera les bas quartiers des inondations. Il est loin de l’Europe, « Ici, l’exil ou la solitude, au milieu de ces fous languissants. ». Mais très vite accepté par les pauvres, il est invité à « la cérémonie de danses, dans les cases ».
Une rencontre très riche, forte en émotions. J'ai retrouvé l'atmosphère tropical de certains romans de Sepulveda.

Impressions

Dernière œuvre de Camus publiée de son vivant (1957).
Un sens extraordinaire de l’écriture, un recueil de petits bijoux ciselés, profonds.

Une analyse assez poussée sur ce lien

dimanche 21 août 2011

75: « La Délicatesse » de David Foenkinos

Genre : carte du Tendre chez Ikea


Histoire
Une femme perd l'être aimé et recherche à reconquérir le bonheur.

Où en est mon ego ? (en référence à la dernière chronique...)
Bien que je ne vive pas aux confins de la Chartreuse dans le Vercors, ce roman est le premier de cet auteur que je lis, auteur semble-t-il à la mode et d’actualité: 'La Délicatesse' est adapté au cinéma en cette fin 2011 (réalisation par David Foenkinos lui-même et de son frère), avec à l'affiche Audrey Tautou et François Damiens, et son dernier ouvrage 'Les Souvenirs', est présenté à la rentrée littéraire par Gallimard. Cela chauffe pour cet auteur.



Selon le site « Evene », l'écrivain est apprécié pour ses textes empreints de légèreté et d'humour.
En effet ce sont là les qualités que je retiendrai de cette lecture, un agréable moment, porté par une écriture simple, rythmée, et en effet légère et humoristique (qui repose de l’ambiance noire et mortifère des ‘Oliviers du Négus ‘’). Ainsi j'ai par exemple apprécié ces chapitres "digression" où surgissent une liste d'actions ou une recette de cuisine. D’où semble-t-il un engouement contemporain pour ce roman (et ce romancier).
Y chercher plus expose le lecteur à la déception (à l'image de quelques critiques acerbes lues sur le Net). La tournure de cette histoire avec ce vilain canard made in IKEA est difficilement crédible. Pas de leçons profondes à retenir et à méditer sur les rapports humains et amoureux. Mais ce roman parvient à faire sourire et réfléchir sur l'amour avec des dialogues et des situations savoureuse et délicates.

74: « Tout à l’ego » de Tonino Benaquista

Genre : Recueil de 10 nouvelles à l’ego mis en question




Histoire
Ces dix nouvelles mettent en scène des personnages bien ordinaires, confrontés à des situations inattendues et souvent embarrassantes. Ainsi :

- Comment régir si un événement fortuit vous ouvre la boîte noire de l’inconscient, ce tout-à-l’égout de notre égo ?
« J’ai relu "Les Portes de La Perception" d’Aldous Huxley. Ce type-là devait être accro à la boîte noire, comme moi. »
« L’opium ne m’a procuré strictement aucun effet, la relecture de "Tintin et le lotus bleu" aurait été plus efficace. »

- Que faire quand Tonton casse sa pipe en léguant à son neveu une dernière volonté énigmatique : il veut être "enterré près de la volière. " ? Alors le neveu enquête…
« Et il répondait : « Vous savez bien que le vendredi c’est le jour de la volière. » Il devait être colombophile ou un truc comme ça, y a des amateurs, ça devait s’envoyer des messages dans les pattes des pigeons, allez savoir. »

- Et si un jour votre épouse que vous connaissez mieux qu’elle même depuis 12 ans (et que vous trompez …), se mettait à vous surprendre et à mettre en doute votre moral au point de vous pousser à faire une psychothérapie ? Un tel transfert de personnalité entraîne nécessairement des bouleversements majeurs au sein du couple… La chute est croustillante.

- Qui soupçonne les répercussions que peut engendrer une cassette coincée dans un magnétoscope ?
« C’est cette maudite cassette qui est à l’origine de tous nos malheurs. ».
(Voilà un thème qui certes vieillira mal dans les générations à venir qui devront consulter les archéologues pour savoir ce qu’est une cassette vidéo…)
Bobinages est un récit savoureux.

- Le long titre de la nouvelle Si par un jour d’été un sédentaire cache une courte histoire de jeu de chat et souris entre une call-girl et un paparazzo. Surprenant, surtout le cruel dénouement !

- Opportune est une nouvelle flash (10 pages) et efficace sur l’infidélité maladive…



Qu'en pense mon ego ?

Les événements qui viennent détraquer le quotidien des "héros" conduisent à une remise en question de soi, que les concernés gèrent le plus souvent maladroitement, et ainsi empirent leur position.

Certaines nouvelles sont inégales, et j’ai ainsi moins aimé La Pétition qui est une farce rocambolesque, au rythme –trop- échevelé, trop décousue. C’est justement une des plus longues.
Mais pour l'ensemble de ce recueil, l’écriture efficace favorise une lecture fluide et réjouissante.
Ces récits sont rythmés, légers, parfois burlesques, et souvent parsemés d’humour.

En quatrième page de couverture,
« On a beau être notre pire ennemi, on se préfère, c’est toute l’histoire. »

lundi 8 août 2011

73: "La ballade de l'impossible" de Haruki Murakami

Genre : amours possibles et impossibles

Histoire

Avoir vingt ans en 1968 au Japon. Watanabe, étudiant à Kyoto croise Naoki, l’ancienne petite amie de Kizuki. Kizuki était aussi le meilleur ami de Watanabe avant de se suicider à 18 ans. Une histoire d’amour est-elle possible entre ces 2 adolescents alors que Naoki semble encore très fragilisée par la disparition de Kizuki ?

Impressions

Écriture aérienne, fluide, souvent poétique, parfois érotique. (Cette année, ce roman s’est vu retiré de la liste de lecture d’été du lycée de Williamston dans l’Etat du New Jersey aux USA, après que plusieurs parents se soient plaints de l’érotisme de l’histoire...)

Le temps s’écoule, coule, les personnages évoluent comme en apesanteur, détachés du réel quotidien, étrangers aux événements tels que les agitations estudiantines de ces années.

A l’image de Watanabe, étrange héros, qui étudie la dramaturgie sans semble-t-il être vraiment intéressé, et qui se réfugie dans la lecture et la solitude. L’environnement, le décor importe finalement peu, c’est plus dans la caverne des sentiments et de l’intellect, dans les profondeurs de soi que se déroule cette « ballade ».
        L’amitié, les blessures émotionnelles, la difficulté de vivre en société, l'impossible ou non communication entre les hommes, la fragilité mentale et la notion de normalité, la question de l’impasse de la vie qui conduirait au suicide… Une grande variété de thèmes est abordée. Une ballade initiatique, où se côtoient la mort et l’espoir, l’amour et la passion.

        Un roman déstabilisant, où le mal-être est là, sous-jacent, qui guette. Une atmosphère singulière règne, ambiance qui peut rebuter certains lecteurs.

Je me suis personnellement laissé entièrement entraîner par Murakami dans son univers singulier, teinté d’une mélancolie poignante, comme la chanson des Beatles « Norwegian song » (titre original). 

Un roman qu’un libraire de Vienne (en Isère, pas en Autriche !) m’a conseillé : il m’avait prévenu que ce roman plaisait ou pas. J’ai personnellement été complètement séduit. Un roman marquant que j'ajouterai peut-être à ma liste de coups de cœur.

Pour informations, (issues du Web) - 
- Ce roman est paru en 1987 au Japon et a été vendu à plus de 4 millions et demi, et 8 millions si l’on compte les éditions poche, exemplaires, traduit dans 36 langues. 
 - Né à Kôbe en 1949, Haruki Murakami étudia la tragédie grecque, ouvrit un club de jazz à Tôkyô avant de se consacrer à l'écriture. Ne supportant pas le conformisme de la société japonaise, il s'expatrie en Grèce, en Italie, puis aux États-Unis. Traducteur de Scott Fitzgerald et Raymond Carver, il rencontre le succès dès son premier roman Ecoute le chant du vent (1979, non encore traduit en français). Aujourd'hui, il enseigne la littérature japonaise à Princeton.

Les livres qui m'ont marqué... (pas tous chroniqués)

  • 'Beloved' & 'Jazz' de Toni Morrison
  • 'Charlotte' de David Foenkinos
  • 'Crime et châtiment' de Dostoievski
  • 'Kite runner' de Khaled Hosseini
  • 'La joueuse de go" de Shan Sa
  • 'Le quatrième mur' 'Profession du père' de Sorj Chalandon
  • 'Les enfants de Minuit' de Salman Rushdie
  • 'Sombre dimanche' & "L'art de perdre" d'Alice Zeniter
  • 'Sous le soleil des Scorta' et 'Eldorado' de Laurent Gaudé
  • "1984" de George Orwell
  • "Au Zénith" de Dong Thuong Huong
  • "Candide" de Voltaire
  • "En attendant Godot" de Samuel Beckett
  • "Fanrenheit 451" de Bradbury
  • "L'écume des jours" de Boris Vian
  • "L'insoutenable légéreté de l'être", de Milan Kundera
  • "L'œuvre au noir" de Marguerite Yourcenar
  • "L'ombre du vent" de Carlos Ruis Zafon
  • "La métamorphose" de Kafka
  • "La vie devant soi" de Romain Gary
  • "Le Hussard sur le toit" et "Les âmes fortes" de Jean Giono
  • "Le parfum" de Patrick Suskind
  • "Le Portrait de Dorian Gray" d'Oscar Wilde
  • "Le rouge et le noir" de Stendhal
  • "Les Cavaliers" de Joseph Kessel
  • "Les Déferlantes" de Claudie Gallay
  • "Les Raisins de la Colère" de John Steinbeck
  • "Malevil" de Robert Merle
  • "Mr Vertigo" de Paul Auster
  • "Sur la route" de Jack Kerouac
  • à suivre
  • L'univers de Haruki Murakami
  • Les contes d'Alessandra Barrico
  • Les polars de Fréd Vargas
  • Les romans de Sepulveda
  • Les romans de Yasunari Kawabata

Grand Canyon

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