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Liste par auteurs & titres dans Kronik list

samedi 8 mai 2010

24ième chronique: "Les Diamants de la guillotine" de Pierre Combescot

Genre: fresque historique.

L'histoire
Ce roman relate l'Histoire avec un grand H, les dernières années de l'Ancien Régime avant d'être renversé par la Révolution. Ce sont aussi les histoires avec des petits "h" qui ont toutes un rapport avec l'affaire du collier de la reine Marie-Antoinette. Cette arnaque impliqua en premier chef la Reine à qui les joailliers demandèrent à tort leur dû, et la principale victime de la "farce", le prince Louis de Rohan (ambassadeur avant de devenir cardinal puis Grand Aumônier de France). Autour gravite tout un essaim d'escrocs, d'espions, de femmes de petite vertu, de philosophes, d'aventuriers, d'abbés...
L'escroquerie est dirigée par la comtesse Jeanne de La Motte Valois, une aventurière prête à tout pour retrouver la position sociale à laquelle pourrait prétendre une descendante des Valois. La ficelle de l'arnaque est tellement grosse qu'elle semble tirée d'une comédie de Molière, et pourtant l'auteur montre avec élégance et brio l'aveuglement du prince de Rohan par son amour secret pour la souveraine.
De là à soutenir que cet événement précipita la chute de la noblesse, il n'y a qu'un pas que L'auteur semble franchir. Romance ou histoire, je laisse aux historiens le soin de débattre.
J'ai trouvé sur le net un interview très instructif de Pierre Combescot sur ce roman: lien vers INA

Mon avis
Certaines scènes sont drôles, le rythme est enlevé, le détail des scènes fait preuve d'une érudition remarquable. L'auteur décrit la cour et ses arrière-cours avec de tels précisions qu'il donne l'impression d'y avoir vécu.
En comparaison avec le roman de Jean Teulé, La Montespan, le langage est soutenu, les mœurs légères de l'époque sont décrits sans insistance (même si par exemple est raconté le peu d'intérêt du roi pour l'acte -il préfère la chasse, la gastronomie et la serrurerie- et la nécessité de lui expliquer la méthode...).

J'ai cependant dû m'accrocher à 2 ou 3 reprises pour poursuivre la lecture de ce roman.
Sans doute d'abord parce que le roman regorge de mots dont je connais pas le sens, pour beaucoup relatifs à des objets, vêtements, fonctions de cette époque. Au bout des 4 premières pages je dénombrais déjà 10 mots inconnus (cela s'est ensuite calmé)...
Ensuite, je pense que c'est surtout le foisonnement de personnages et de détails, comme en particulier les liens de noblesse qui les unissent, qui m'a un peu rebuté. Incontestablement, je ne suis pas un aficionado des arbres généalogiques des rois de France et d'Europe. (un arbre généalogique est inséré en fin d'ouvrage).

Au final un sentiment mitigé. Les critiques -souvent très élogieuses- trouvées sur le net font souvent référence à "Marie-Antoinette" de Stefan Zweig. Je vais m'empresser de le lire.

23ième chronique: "La mort de ma mère", de Xavier Houssin

Genre: chagrin nécrologique.


L'histoire
Œuvre biographique, Xavier Houssin raconte la fin de la vie de sa mère qui s’achève dans une chambre d’hôpital où son fils unique veillera à son chevet jusqu'au dernier souffle. Au récit du présent relativement prosaïque et banal –Samu, hôpital, funérailles…- s’insère la réminiscence des événements passés. Des souvenirs qui peignent un lien fusionnel entre l’auteur et sa mère à travers une histoire assez originale, où en particulier transparaît le portrait d’une femme de caractère, professeur de maths, qui s’est engagée dans l’armée et est partie pour l’Indochine où elle a rencontré un officier, François, le père de l’auteur.

Mon avis
L’écriture est juste, simple, sans lyrisme, les souvenirs de cette famille du Nord ont personnellement fait vibrer quelques fibres de mes origines, et le chagrin traduit dans cette centaine de pages a inévitablement ravivé mes propres tristesses ressenties vis-à-vis des proches disparus.
Maintenant chacun d’entre nous aurait matière à raconter sa douleur éprouvée à l’occasion de la mort d’un membre de sa famille ou d'un ami. Pour beaucoup sûrement avec une plume moins habile, mais au final, la singularité de l’écriture et du témoignage de l’auteur n’ont pas justifié à mon goût la publication publique de son message d’amour.

Avis donc partagé entre un sentiment de banalité et un témoignage émouvant.

22ième chronique: "La Danse de Rachel" de Monique Zerdoun

Genre: Chronique entre 1924 et 1960 de la communauté juive algérienne.


L'histoire
D’abord, un grand étonnement quant à l’étendue de ce que le résumé dévoile. Si c’est l’intrigue qui apporte sa valeur à ce roman, ses mailles principales sont exposées… Avec du recul, c’est donc plus la narration du quotidien, l’évolution de Rachel qui constitue la matière de ce roman.
Alors, pour ne pas trop en dire mais tout de même attiser la curiosité du lecteur. « La Danse de Rachel » dépeint la communauté juive d’une ville algérienne Aïn-el-Kelma ; petite ville du Constantinois, entre 1924 et 1960, à travers l’histoire de Rachel. Elle et son mari Ezran s’aiment d’un amour profond mais elle ne peut lui offrir de descendance. Sa stérilité va l’amener à progressivement s’assumer, à s’extirper de ceux qui pensent pour elle jusqu’à concevoir et mettre en œuvre sa solution iconoclaste qui sauvegardera son couple.

Mon avis
C’est un roman savoureux, où autour du couple gravitent la famille et le voisinage, souvent très envahissants, des personnages hauts en couleur, à l’image par exemple de l’ « enfant hirondelle » Nessim surnommé « petit-pot-en-or », Saliha, l’employée de la maison qui s’enfuira un jour avec El-Turkey, le bourrelier turque alors qu’elle était promise à un sage qui lui a dit :
« Sache que je suis scellé à cette salle d’étude. Tu vois ce nid, là, dans l’angle, les hirondelles vont et viennent chaque année, et lui, vide ou occupé il est toujours là. Comme moi. »
9ième livre du concours Alice, un de ceux qui m'ont apporté le plus de plaisir à lire.

lundi 26 avril 2010

21ième chronique: "Le Touriste" de Olen Steinhauer

Genre: Thriller touristique ;) En bref Un touriste, c'est un agent secret sans identité ni domicile fixe, souvent chargé de basses besognes en marge de la loi. Notre héros, Milo Weaver, a quitté cette vie de touriste de la CIA pour tenter d'échapper à un mal être chronique et des tendances suicidaires qui le rongent. Désormais vivant à Brook-lin avec une femme et sa fille, il travaille au siège de la CIA à New York. Mais soupçonné du meurtre d'un tueur à gages en prison, il est manipulé et chargé de démontrer la trahison d'une ancienne amie, elle aussi "touriste". Milo se retrouve contraint de repartir sur le terrain afin de prouver son innocence et de dénouer les ficelles d'un complot impliquant la CIA. L’intrigue est habilement construite, malgré ses invraisemblances, où intérêts géopolitiques mêlant le Soudan, la Chine et les États-Unis prévalent sur la loi et les hommes. Le thriller est bien rythmé, ponctué d'humour, de trahisons, de menaces, les personnages sont attachants avec une véritable épaisseur, et cette aventure d'espionnage nous transforme à notre tour en parfaits touristes voyageant à travers l’Europe et les Etats-Unis, titre du roman obligé ! Ce roman est loin des clichés de la super Amérique garante du bien, les personnages ne sont pas caricaturaux, il ne se produit pas un rebondissement à chaque fin de chapitre, et le héros est loin du super-héros sûr de lui et au contraire est suicidaire... Cependant j'ai eu un peu de difficulté à entrer dans le récit, la traduction française n'est pas excellente, et il est clair que j'ai été moins happé par le suspens que lors de la lecture de la trilogie Millenium ou de l'affaire Pelican. Peut-être est-il préférable de le lire en Anglais ? Ce sera éventuellement le cas pour la suite qui semble être programmée...

20ième chronique: "Mari et femme" de Régis de Sa Moreira

Genre: "Prends ma place"


En bref
C’est une métamorphose constatée brutalement un matin, où mari et femme se retrouvent chacun dans le corps de l’autre….
C’est alors l’urgence d’assurer le quotidien de l’autre,
... professionnel, le métier d’agent d’écrivains pour la femme, le romancier en panne et homme au foyer pour l’homme,
... familial, les visites des parents et des beaux-parents…
C’est aussi l’exploration du corps de l’autre, de sa sexualité, de ses atouts et de ses faiblesses…
Et tous ces efforts alors que ce couple était en instance de divorce.


Quelques situations cocasses, des quiproquos, mais cependant cet événement incongru n’est pas exploité en comédie hollywoodienne ou en drame kafkaïen. Le ton est donné par la narration directe par l’homme à la deuxième personne du singulier, s’exprimant à travers des phrases souvent concises, écrites dans un langage simple, et très souvent décomposées par de fréquents retours à la ligne.
« Ta femme t’a déjà fait remarquer que tu pourrais apprendre à te maquiller tout seul, (…) mais elle ne sait pas que c’est toujours elle que tu regardes, la façon qu’elle a d’embellir sans le savoir ton visage à toi. (…)
Tu te plais.
Ta femme en toi te plaît. »

« Un enfant.
Tu attends un enfant.
Tu es le premier homme sur Terre à attendre un enfant.
A ceci près que tu es une femme.
Ta femme. »


Je reconnais ne pas avoir été sensible à la poésie que certain(e)s blogueurs(ses) ont décelée dans ce roman. C’est un récit dont la lecture m'a un peu perturbé au début (il faut d’abord comprendre la situation, et l’usage de la deuxième personne brouille les pistes).
Et puis une fois le sujet et l’écriture apprivoisés, il se lit vite et facilement. L’exercice de style est réussi mais n’amène ni à la réflexion, ni au rêve, ni à l’évasion poétique.
7ième ouvrage du concours Alice InterCE. Divertissant mais pas mon favori.

jeudi 8 avril 2010

Un haut lieu de la culture... Orlando

Hucayan Harbor, des maisons à louer qui changent du Motel 6...

Outside


Inside



Un dimanche d'adaptation au jet-lag au Universal studio








Le spectacle culinaire du restaurant Kobe

dimanche 4 avril 2010

19ième chronique: « The Pelican Brief », de John Grisham

Thriller politico-écolo-financier-judiciaire.

En bref
Deux magistrats de la Cour Suprême sont assassinés. Un double crime professionnel, aucun indice, le FBI et la CIA piétinent. Mais une jeune étudiante en droit, Darby Shaw, brillante, riche et belle (de préférence, ce qui est toujours mieux que sotte, pauvre et vilaine…) fait sa propre enquête et aboutit à la rédaction d’un mémoire, «L'affaire Pélican».
Ce mémoire qui est transmis du FBI à la Maison Blanche devient un dossier explosif dans les deux sens du terme, puisque Darby échappe de peu à l’explosion de la voiture où son ami professeur de droit succombe.
Commence alors une partie de cache-cache haletante où Darby, choquée et endeuillée, poursuit son investigation, aidée de plus en plus par un journaliste du Washington Post, tandis que pèse sans relâche la menace de tueurs à l’affut.

Un thriller taillé pour le cinéma, puisque les droits du livre ont été achetés avant même sa sortie.
(Dans le film -que je n’ai pas vu- Julia Roberts joue le rôle de Darby Shaw, Denzel Washington celui du journaliste du Washington Post )


Un bon thriller qui se lit bien en anglais, dont j’ai fortement apprécié l’intrigue mêlant intérêts politiques au plus haut niveau américain, milieu des avocats, défense de l’écologie et le milieu du pétrole. C’était le premier roman de Grisham que je lisais et il est fort probable que ses autres best-sellers sont très similaires. A voir.
En plus de l’intrigue, j’ai également particulièrement apprécié la construction de la relation qui s’établit progressivement entre l’héroïne et le journaliste.
Maintenant, sachant que ce roman était destiné à une adaptation américaine, je vous laisse deviner s'il s’achève par une « happy end » ou non et comment les 2 protagonistes de l’affaire s’envolent tels des pélicans...

Les livres qui m'ont marqué... (pas tous chroniqués)

  • 'Beloved' & 'Jazz' de Toni Morrison
  • 'Charlotte' de David Foenkinos
  • 'Crime et châtiment' de Dostoievski
  • 'Kite runner' de Khaled Hosseini
  • 'La joueuse de go" de Shan Sa
  • 'Le quatrième mur' 'Profession du père' de Sorj Chalandon
  • 'Les enfants de Minuit' de Salman Rushdie
  • 'Sombre dimanche' & "L'art de perdre" d'Alice Zeniter
  • 'Sous le soleil des Scorta' et 'Eldorado' de Laurent Gaudé
  • "1984" de George Orwell
  • "Au Zénith" de Dong Thuong Huong
  • "Candide" de Voltaire
  • "En attendant Godot" de Samuel Beckett
  • "Fanrenheit 451" de Bradbury
  • "L'écume des jours" de Boris Vian
  • "L'insoutenable légéreté de l'être", de Milan Kundera
  • "L'œuvre au noir" de Marguerite Yourcenar
  • "L'ombre du vent" de Carlos Ruis Zafon
  • "La métamorphose" de Kafka
  • "La vie devant soi" de Romain Gary
  • "Le Hussard sur le toit" et "Les âmes fortes" de Jean Giono
  • "Le parfum" de Patrick Suskind
  • "Le Portrait de Dorian Gray" d'Oscar Wilde
  • "Le rouge et le noir" de Stendhal
  • "Les Cavaliers" de Joseph Kessel
  • "Les Déferlantes" de Claudie Gallay
  • "Les Raisins de la Colère" de John Steinbeck
  • "Malevil" de Robert Merle
  • "Mr Vertigo" de Paul Auster
  • "Sur la route" de Jack Kerouac
  • à suivre
  • L'univers de Haruki Murakami
  • Les contes d'Alessandra Barrico
  • Les polars de Fréd Vargas
  • Les romans de Sepulveda
  • Les romans de Yasunari Kawabata

Grand Canyon

Grand Canyon