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Liste par auteurs & titres dans Kronik list

mardi 27 janvier 2026

622: "La Cité aux murs incertains" de Haruki MURAKAMI

Genre : pour les liseurs de rêves

Histoire
Un soir d'été, alors qu'il se promène avec une jeune fille énigmatique, un jeune homme de dix-sept ans entend parler d'une cité lointaine entourée de hauts murs et particulièrement difficile à pénétrer.  Ayant perdu son ombre, il devient sur place liseur de rêves dans une bibliothèque.
Le narrateur de ce roman est un lycéen de 17 ans qui rencontre une camarade, d’un an sa cadette, dont il tombe éperdument amoureux. Par chance, cet amour est réciproque. Un jour, la jeune fille lui confie qu’elle n’est qu’une ombre et que son « vrai moi » se trouve dans une cité entourée de grandes murailles, où les habitants vivent sans ombre et où paissent des licornes. Elle lui parle aussi d’une bibliothèque où l’on lit de vieux rêves. Puis, un jour, la jeune fille disparaît.
Par amour pour elle, il part à sa recherche et entame une sorte de quête identitaire.



Impressions
Avec plaisir je retrouve le monde onirique de Murakami. Univers empreint de poésie, de contemplations. L'engourdissement dans le froid hivernal peut contaminer le lecteur.


La construction narrative est talentueuse, mêlant les mondes réel et fictionnel avec fluidité.



Avant la parution de ce roman, seules deux informations avaient été dévoilées à la presse dont l'accroche : « Une histoire enfermée commence à avancer tranquillement, comme si de vieux rêves étaient réveillés et dénoués dans une archive isolée. »

En effet le thème de l'enfermement dans un « deuxième monde caché » est prégnant, inscrit dans la veine des thèmes récurrents de l’œuvre de Haruki Murakami. 
Ces mondes peuvent être oniriques, comme dans Chroniques de l’oiseau à ressort (1994-1995), ou encore physiques et nécessitent un point de passage pour y entrer, comme dans 1Q84, Kafka sur le rivage et Le Meurtre du Commandeur. 
Les protagonistes des romans de Haruki Murakami y entrent généralement contre leur volonté, mais y résolvent leurs problèmes:
  1. Les amoureux de jeunesse Tengo et Aomamé se retrouvent dans le monde de l’année 1Q84,
  2. Toru Okada parvient à retrouver sa femme évaporée dans l’étrange chambre 208 dans Chroniques de l’oiseau à ressort
  3. Kafka Tamura rencontre une version plus jeune de Mlle Saeki dans Kafka sur le rivage. 

Dans la Cité les personnages de La Cité aux murs incertains choisissent de se rendre dans cette ville mystérieuse, qui est réservée à celles et ceux qui ne trouvent pas leur place dans le monde contemporain. Bien qu’il soit quasiment impossible d’en sortir, le narrateur parvient à faire des va-et-vient entre ces deux mondes. 
.


Un élément assez étonnant est le thème omniprésent du désir inassouvi, proscrivant tout acte charnel. Les personnages sont quasiment asexués, à l'image des Licornes de la Cité.

La Cité au murs incertains nous raconte le destin de personnages qui n’arrivent pas à s’ancrer dans le monde, pour divers motifs. Les protagonistes de l'histoire sont des ombres, des fantômes. Même le narrateur, archétype du héros murakamien, 'flotte', personnage décalé et dépressif. ll est solitaire, aime lire, écoute du jazz et de la musique classique, et trouve du réconfort dans la répétition du quotidien.

J'ai aimé les lenteurs, les piétinements, le cours onirique des errements entre deux mondes.
Un univers où se côtoient conscience et l'inconscient, où la réalité et l'imaginaire se confondent avec subtilité, où le rêve et la mémoire s'entremêlent délicatement. Cela donne l'impression que tout cela est perméable, miscible, parfaitement logique, possible, malgré son étrangeté.


Délicat et envoutant.

lundi 12 janvier 2026

621: 'les solidarités mystérieuses' de Pascal Quignard


G
enre : évanescence des existences

Histoire
Après 30 ans d'absence, Claire/Marie-Claire/Chara (au choix) revient en Bretagne à l'occasion du mariage d'une cousine. Prise à nouveau dans le tourbillon des émotions que lui inspire cette terre entre ciel et mer, elle décide de s'y réinstaller et redécouvre, entre angoisse et bonheur, les lieux et les personnes autrefois aimés, notamment Madame Ladon son ancien professeur de piano ou encore Simon, son premier et seul véritable amour, aujourd'hui maire du petit village de la Clarté, marié et père de famille.

Impressions
    Un roman d'histoires humaines, de destinées écorchées, dans une nature sauvage, celle de la Bretagne. 

Le vent, les vagues, la lande, les falaises, le lichen, le granit, le petit port de pêche, le village à fleur de falaise, les toits d'ardoise, les goélands, les nuages blancs sur la mer grise…

« Pour les bretons, la légende veut que les goules ou les fées aient été des femmes malheureuses. Les fées sont les roches qui pleurent dans les vagues les morts qu'elles démantibulent, qu'elles déchirent. Dès qu'une roche pleure dans sa vague, il faut que l'humain qui a la chance d'être encore de ce monde, s'arrête sur le sentier maritime. Il faut qu'il regarde attentivement la roche qui crie, qu'il la salue, qu'il lui demande son nom. Cela calme peu à peu son cri, ou plutôt sa douleur.
Alors le bruit du ressac se fait moins fort. »

Les destinées des personnages clés se croisent autour du thème de l'amour sous diverses formes:
- L'amour impossible entre un homme marié et une femme revenue dans ses terres de jeunesse,
- l'amour homosexuel à cacher entre deux hommes, l'un d'eux étant religieux qui plus est !
- l'amour maternel délabré et tissé d'incompréhension et d'abandon entre une fille et sa mère qui l'avait abandonnée, 
- l'amour fraternel fondé sur une mystérieuse harmonie très profonde entre un frère et sa sœur.
Avec Marie-Claire au centre de ces tourbillons émotionnels, sauvageonne fantasque que chacun des personnages et le lecteur/lectrice vont tenter de comprendre, de dévoiler, de démystifier sans y parvenir vraiment tout à fait. Le point commun de ces amours est la notion d'abandon; celui de Claire vécu quand elle était enfant, celui qu'elle a fait subir à ses enfants, incapable de les aimer, l'abandon de Simon rompant avec elle puis disparaissant de manière accidentelle, celui de son frère qui est blessé quand Claire est adoptée par son ancienne professeure de piano.

Plage de St Enogat

En 2024

Plage de la Roche-Pelée

C'est aussi un roman qui arpente les paysages sauvages et magnifiques de la Bretagne, parfumés des odeurs d'algues et de sel, de visions de dunes et de falaises.  accompagnent tout le long de notre cheminement littéraire au côté de Claire qui ...
"[...] marchait sans fin mais marcher ne trompait pas sa douleur. Marcher n’effaçait pas le deuil de Simon. Marcher ne console pas. Marcher fait penser. Chaque pas argumente."

Et cette composante doit expliquer en grande partie le fait qu'en dépit des relations humaines tourmentées, le roman est empreint d'une sorte de douceur et de sérénité.

Aquarelle marine célébrant la Bretagne et l'évanescence et la mélancolie des existences. Parangon romanesque.

samedi 10 janvier 2026

620! "Chine, l'âge des ambitions" de Evan OSNOS

Genre : portrait de la Chine contemporaine et complexe

Histoire
Durant les nombreuses années qu'il a passées en Chine, Evan Osnos, lauréat du prix Pulitzer, a été le témoin des profonds changements politiques, économiques et culturels qui s'y sont déroulés. Couronné par le National Book Award 2014, il décrit dans ce récit fascinant la collision entre la montée de l'individualisme et la lutte du Parti communiste pour reprendre le contrôle. 


Impressions
Selon le Guardian, « L'un des meilleurs livres sur les complexités de la Chine moderne. » T

Ce que j'ai particulièrement apprécié réside dans ces rencontres avec des Chinois qui illustrent les différents thèmes abordés par ce portrait.
Ainsi dans 'un choeur de solistes', l'auteur décrit les conséquences du Web en Chine où de très nombreux internautes parviennent à franchir la Grande Muraille électronique pour accéder au monde extérieur. Evan cite Shi Tao envoyé en prison pour avoir dévoilé les instructions de censure adressées aux salles de rédaction par le Département Central de la Propagande. Mais il rencontre Han Han qui n'est pas un dissident, mais à l'image de ses activités doubles d'écrivain, blogueurs et pilote de course, il navigue dans l'ambiguïté et se permet tout de même des critiques du Parti.





V

mercredi 7 janvier 2026

619: 'Retour à Birkenau' de Ginette KOLINKA

Genre : n° 78 599

Histoire
Avec l'aide de la journaliste Marion Ruggieri, Ginette Kolinka  donne un témoignage sur son incarcération dans le camp de concentration et d'extermination d'Auschwitz-Birkenau. Arrêtée par la Gestapo en mars 1944 avec son père, son petit frère et son neveu, elle sera la seule de sa famille à revenir du camp de la mort. 

Impressions
Récit concis, parole empreinte de modestie, sans pathos.
Pas de détails trop longs ni superflus, comme si elle avait voulu nous dire son histoire mais avec l'humilité de celle qui y a survécu, sans s'apitoyer et sans fioriture.

Ginette Kolinka raconte ce qu'elle a vu et connu. 
Les coups, le froid, la haine.
Le corps et la honte de la nudité. 
Les toilettes de ciment et de terre battue. 
La déshumanisation.

"Jusqu'ici nous étions encore des êtres humains.
Nous ne sommes plus rien."

Les victimes des douches au Zyklon B
"Des années après ce premier voyage, pour les 70 ans de la libération d’Auschwitz, un rescapé des Sonderkommandos est là, qui nous raconte : les corps agrippés les uns aux autres, les plus costauds grimpés sur les plus chétifs, contre les murs, qui pensent qu’ils seront sauvés là-haut. Et une fois qu’on a retiré tous les cadavres pour laver le sol : le sang, les excréments, les bouts de peaux déchirés...Et pendant ce temps-là, pendant vingt-cinq minutes, vous en aviez qui jetaient les granules, qui observaient...Non, ce n’est pas possible. Pour moi, c’est trop. Ce n’est pas humain."


Les corps brûlés...
"Marceline avait raison : le bloc 27 n'est pas loin des rails. mais j'ignorais qu'il était aussi près des chambres à gaz. L'endroit était camouflé et nous n'avions pas le droit de nous en approcher. On voyait sortir la fumée. L'odeur, je crois, fait partie des souvenirs communs à tous les déportés : un mélange de chair brûlée, mais ça on ne le savait pas et de crasse."


La faim surtout.
Et, une fois libérée, lors de son premier diagnostic par un médecin...
"Sur la balance, l'aiguille tremble, se stabilise : 26 kilos. J'ai 20 ans.
Je serai malade pendant trois ans, et la nourriture sera ma seule obsession."

Parfois, la fraternité.

Dans le convoi qui l'emmène à Birkenau, se trouvent aussi deux jeunes filles dont elle deviendra l'amie - Simone Jacob et Marceline Rosenberg, plus tard Simone Veil et Marceline Loridan-Ivens. La robe que lui offrit Simone et qui la sauva.

Ce qui est surprenant est pendant très longtemps, Ginette n’a rien dit de ces mois passés à Birkenau en 1944, ni de son passage à Bergen-Belsen ou de son travail à l’usine de Raguhn, en Allemagne. Ni à sa mère, ni à ses sœurs, qui n’ont pas été déportées et qu’elle a retrouvées à Paris à son retour des camps. Elle avait alors 20 ans et pesait 26 kilos. Elle n’a rien dit non plus à son mari, à son fils, à ses amis...

"A cette époque, je n'éprouve pas le besoin de parler, ni à ma famille, ni aux amis. Et quand on me demande comment ça s'est passé là-bas, je réponds : "Si un jour j'ai un enfant et qu3 ça recommence, je l'étrangle de mes propres mains." Et je le pense."

Jusqu’aux années 2000, où l’Union des Déportés d’Auschwitz lui demande de remplacer un de ses membres pour accompagner un groupe scolaire à Birkenau. Depuis elle n’a plus cessé de parler. Dans les lycées, les collèges, les écoles primaires…

Enfin, ce qui m'inquiète le plus est sa conclusion. A l'image de l'amnésie, voire du déni de plus en plus répandu dans nos sociétés malades...
"Moi-même, je le raconte, je le vois, et je me dis que ce n'est pas possible d'avoir survécu à ça. Je vois et je sens.
Mais vous, qu'est-ce que vous voyez ?"

Un témoignage concis et humble. Bouleversant. Ginette Lolinka, passeuse de mémoire est centenaire en 2025; mais qui témoignera de l'inimaginable demain ?

vendredi 26 décembre 2025

618: 'L'enfant de Bruges' de Gilbert Sinoué

Genre : peinture de la peinture au 15ème siècle

Histoire
Bruges, 1441.
Arborant un air mystérieux, l'index posé sur les lèvres, Jan Van Eyck avait chuchoté : Petit, il faut savoir se taire, surtout si l'on sait.
Qui pouvait se douter alors que, derrière la recommandation du maître flamand, l'un des plus grands peintres de l'histoire de l'art, se cachait le Grand Secret ?
À travers les brumes de Flandre et la luminosité éclatante de la Toscane, un enfant de treize ans va se retrouver confronté à une effroyable conspiration. Un monde occulte, empli de ténèbres qu'il lui faudra affronter avec l'innocence pour toute arme.


Impressions
Fresque historique dans la Flandre du XVème Siècle (et un peu aussi à Florence).

Et c'est là l'attrait, la valeur ajoutée de ce roman.
Ainsi le lecteur assiste au quotidien de deux artistes prestigieux Lorenzo Ghiberti, à Florence et surtout Jan Van Eyck, à Bruges, côté Flandres, le père de l'enfant Jan, héro du récit.

Jan Van Eyck
L'homme au turban rouge, 1433 (autoportrait présumé de l'artiste)

Au cœur de l'intrigue, il est intéressant de savoir qu'avant Van Eyck, les peintres préparaient eux-mêmes leurs couleurs à base de pigments, des plantes, des minéraux. Ils les écrasaient finement avec du blanc d’œuf pour en faire une pâte. C'était la tempera à l’œuf. La matière séchait très vite ! On devait peindre rapidement et on ne pouvait reprendre une œuvre.
Le peintre flamand Jan Van Eyck aurait inventé ou au moins perfectionné une nouvelle technique picturale au début du XVe siècle : la peinture à l’huile. Il remplace l’œuf par de l’huile. La pâte prend plus de temps à sécher. Il a donc plus de temps et travaille avec plus de précision. Les couleurs à l’huile donnent une grande luminosité aux tableaux et permettent de travailler la transparence des couches.

Lorenzo Ghiberti
En 1401, après avoir emporté de justesse le concours de sélection face à Brunelleschi, le jeune orfèvre Lorenzo Ghiberti (1378-1455), alors âgé de 23 ans et inexpérimenté, est mandaté par la Calimala pour décorer les vantaux de la porte nord du Baptistère de Florence.

Autoportrait de Lorenzo Ghiberti sur la porte du Nord (1401-1423)

23 ans plus tard, nouveau contrat. En 1424, le sculpteur, alors âgé de 46 ans, se voit confier (exceptionnellement, sans concours préalable) la tâche de réaliser également la porte est. Ce n’est qu’en 1452, à 70 ans, qu’il accroche les derniers panneaux de bronze, la construction ayant duré 27 ans !

Un roman donc très érudit, où des personnages historiques interviennent ainsi que les grandes inventions, où les techniques de peinture sont décrites avec détails (couleurs, vernis, pinceaux, matériaux utilisés, etc.). Je ne résiste pas à retranscrire une partie du dialogue entre William Caxton (négociant, diplomate, traducteur et imprimeur anglais. Il est connu pour avoir été le premier à introduire une presse typographique dans son pays.) et Petrus Christus (peintre flamand)...
'La connaissance se répandra à travers le monde. Nul n'en sera privé. Tous, même mes plus humbles, accéderont à l'enrichissement de l'esprit.
[...]
-Croyez-vous vraiment que le vulgaire sera apte à comprendre ce qu'il lira ? Avez-vous bien réfléchi aux conséquences d'une prolifération non sélective du savoir ?"
Ils ne parlent évidemment pas d'Internet mais de l'avènement de l'imprimerie, mais ne pourrait-on pas avoir cette même interrogation ?...

En complément du thème de la peinture et de l'art,  ce roman intègre le thème de l'amour filial, la paternité en particulier avec sensibilité et finesse. A noter que les femmes sont quasiment absentes, à l'exception de la mère adoptive de Jan qui s'avère être une marâtre mal aimante et sa mère biologique qui ne fait qu'une apparition fugace à l'issue fatale.

Voici pour le côté face très positif de ce roman.

Côté revers, c'est moins attrayant. L'intrigue policière est peu captivante, assortie de rebondissements improbables. Les ingrédients du roman à suspense sont présents, conspirations, secrets, assassinats, menaces, mais la sauce ne prend vraiment pas.
Il n'est pas incontournable de proposer un page-turner, mais tout de même les ficelles sont un peu grosses et souvent les actions sont rocambolesques, et je ne suis pas du tout senti emporté par l'intrigue.

Rencontres enthousiasmantes avec les grands noms du 15ème siècle, mais la facette enquête n'est pas passionnante. 

lundi 22 décembre 2025

617: "Effondrement' de Jared Diamond

Genre : Essai

Histoire
Suite




Impressions
Récit .

8 facteurs environnementaux, processus par lesquels les sociétés anciennes ont causé leur propre perte en endommageant leur environnement:
1- déforestation et restructuration de l'habitat
2- Problèmes liés au sol (érosion, salinisation, perte de fertilité...)
3- gestion de l'eau
4- chasse excessive
5- pêche excessive
6- conséquences de l'introduction d'espèces allogènes parmi les espèces autochtones
7- croissance démographique
8- augmentation de l'impact humain par habitant 

Auxquels s'ajoutent 4 nouveaux facteurs créés par notre monde industriel
1- changement climatique crée par l'être humain
2- émission de produits chimiques toxiques dans l'environnement
3- pénuries d'énergie
4- utilisation maximale de la capacité photosynthétique de la terre.



V

dimanche 23 novembre 2025

616: 'Le syndrome de l'Orangerie' de Grégoire Bouillier

Genre : 

Histoire
En se rendant au musée de l’Orangerie, voici que, devant Les Nymphéas de Monet, l’auteur est pris d’une crise d’angoisse. Contre toute attente, les Grands Panneaux déclenchent chez lui un vrai malaise. 
Les Nymphéas de Monet cacheraient-ils un sombre secret ? Monet y aurait-il enterré quelque chose ou même quelqu’un ? Et pourquoi des nymphéas, d’abord ? Pourquoi Monet peignit-il les fleurs de son jardin jusqu’à l’obsession – au bas mot quatre cents fois pendant trente ans ?

Impressions
C'est une soi-disant enquête par l'agence Bmore & Investigation dirigée par l'auteur qui a au cette crise d'angoisse lors de la visite des 'Nymphéas'.




En réalité c'est un grand délire autour d'une hypothétique secret macabre renfermé par ces œuvres monumentales, prétexte à digressions, des pointes d'humour et des références sorties d'on ne sait où.

"Mais stop ! J'en ai terminé avec les développements personnels et autres digressions à n'en plus finir. A la fin, je me retrouve avec des bouquins de mille pages et c'est un problème pour les lecteurs, c'est un embarras pour les libraires, c'est un repoussoir pour les journalistes et côté ventes, n'en parlons pas."

'De toute façon, time is Monet.
Et ce n'est pas qu'un jeu de mots.'
Claude Monet and Camille Lefèvre, Nymphéas [Water Lilies] Gallery, first room, facing east wall,

Camille Lefèvre, Water Lilies Gallery Floorplan for the Orangerie des Tuileries, January 20, 1922, print, 33 4/5 x 61 in. (86 x 155 cm), Archives des musées nationaux, Paris [CP 64AJ 593]. 

"On dirait des bésicles. Des lorgnons. [...] Même les passages permettant de communiquer d'une salle à l'autres semblent le "nez" d'une monture de lunettes."

Les nuages [Clouds] (detail)

Le matin clair aux saules [Clear Morning with Willows] (detail), 

Dans toutes les digressions de l'auteur, j'ai évidemment retenu certaines références littéraires.
En dehors du délire autour du professeur Tournesol (qui serait un descendant de Rackham Le Rouge....) et des multiples citations d'Edgar Poe (dont Monet avaient les livres dans sa bibliothèque, bibliothèque d'ailleurs non visitable car le bâtiment est habité par un sénateur...), il cite un auteur chilien, Roberto Bolaño, que je ne connaissais pas 
Celui-ci a reçu en 1997 le prix le plus important de son pays, le Prix Herralde en 1998, et le Prix Romulo Gallegos, le plus prestigieux d’Amérique latine, en 1999.




 


V

Les livres qui m'ont marqué... (pas tous chroniqués)

  • 'Beloved' & 'Jazz' de Toni Morrison
  • 'Charlotte' de David Foenkinos
  • 'Crime et châtiment' de Dostoievski
  • 'Kite runner' de Khaled Hosseini
  • 'La joueuse de go" de Shan Sa
  • 'Le quatrième mur' 'Profession du père' de Sorj Chalandon
  • 'Les enfants de Minuit' de Salman Rushdie
  • 'Sombre dimanche' & "L'art de perdre" d'Alice Zeniter
  • 'Sous le soleil des Scorta' et 'Eldorado' de Laurent Gaudé
  • "1984" de George Orwell
  • "Au Zénith" de Dong Thuong Huong
  • "Candide" de Voltaire
  • "En attendant Godot" de Samuel Beckett
  • "Fanrenheit 451" de Bradbury
  • "L'écume des jours" de Boris Vian
  • "L'insoutenable légéreté de l'être", de Milan Kundera
  • "L'œuvre au noir" de Marguerite Yourcenar
  • "L'ombre du vent" de Carlos Ruis Zafon
  • "La métamorphose" de Kafka
  • "La vie devant soi" de Romain Gary
  • "Le Hussard sur le toit" et "Les âmes fortes" de Jean Giono
  • "Le parfum" de Patrick Suskind
  • "Le Portrait de Dorian Gray" d'Oscar Wilde
  • "Le rouge et le noir" de Stendhal
  • "Les Cavaliers" de Joseph Kessel
  • "Les Déferlantes" de Claudie Gallay
  • "Les Raisins de la Colère" de John Steinbeck
  • "Malevil" de Robert Merle
  • "Mr Vertigo" de Paul Auster
  • "Sur la route" de Jack Kerouac
  • à suivre
  • L'univers de Haruki Murakami
  • Les contes d'Alessandra Barrico
  • Les polars de Fréd Vargas
  • Les romans de Sepulveda
  • Les romans de Yasunari Kawabata

Grand Canyon

Grand Canyon