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Liste par auteurs & titres dans Kronik list

lundi 14 juillet 2014

157: "Les évaporés" de Thomas B. Reverdy

Genre : entre rêve et réalité au Pays du Soleil Levant

Histoire
'Johatsu', évaporé, personne partie sans donner d'explication.

Yukiko part de San Francisco dans son pays natal pour retrouver son père Kaze soudainement disparu. Son ex petit copain, Richard B., l'accompagne. 
Au Japon le pays se reconstruit après la catastrophe de Fukushima.

Impressions
Ce serait difficile de ranger ce roman dans une catégorie.
Un polar, incontestablement.
Une (triste) histoire d'amour, aussi,
C'est finalement plus d'un roman sur la quête de soi que je le qualifierai.

Pages de poésie et tableaux du Japon dévasté et meurtri alternent. L'auteur nous emmène partager le quotidien des japonais à Tokyo ou à Kyoto, mais aussi un milieu moins connu de la pègre et de la population favorisée.

 Un roman mystérieux au charme évanescent, évaporé. J'ai beaucoup aimé ce voyage littéraire subtil !

samedi 31 mai 2014

156: "Sobibor" de Jean Molla


Genre : Antigone anorexique

Histoire
Emma, 17 ans, souffre d'anorexie.
Sa grand-mère tant aimée, est souffrante. Elle crie pendant la nuit d'énigmatiques phrases où le nom "Sobibor" est prononcé. Mais quel lien avec sa famille ?
Emma va chercher à lever les voiles du passé, quitte à sacrifier l'honorabilité de sa famille.

Impressions
Après "Felicidad", voilà encore un récit extraordinaire que Jean Molla nous conte.
Cet auteur réussit le tour de force d'aborder au sein de la même histoire le malaise de l'adolescence, de l'anorexie, et via les secrets de famille, le poids des horreurs nazies. 


Le camp d'extermination de Sobibór était un camp d'extermination nazi, situé au sud-est de l'actuelle Pologne, dans la voïvodie de Lublin, district de Włodawa, à l’orée d'une forêt de pins clairsemée, à 12 km au sud du village de Sobibór, au lieu-dit Stara Kolonia Sobibór. De mai 1942 à l'été 1943, les autorités allemandes y firent assassiner environ 250 000 Juifs. Comme les camps d'extermination de Bełżec et Treblinka, Sobibor entra en fonction dans le cadre de l'Opération Reinhard.

Un grand roman que nous devrions tous lire pour ne pas oublier.

155: "Le Dernier Lapon" d'Olivier Truc

Genre : policier ethnologique

Histoire
Kautokeino, Laponie.
Les rennes se nourrissent des lichens.
Les Samis tentent de conserver leurs coutumes dans cette région polaire couvrant le nord de la Norvège, Finlande et Suède.
Un des éleveurs est assassiné, un tambour sacré est dérobé.
Klemet et Nina, de la police des rennes, sont impliqués dans l'enquête.

Impressions
Excellent polar dans une région reculée que connaît bien l'auteur, correspondant du Monde à Stockholm.
Un polar ethnologique qui décrit les coutumes des Samis mais aussi le contexte local complexe.
Une transposition de l'univers Navajo des grands romans de Tony Hillerman à un monde de chamans, de déserts où l'eau manque à des contrées froides et de courtes périodes d'ensoleillement.

Un polar écrit avec brio. A quand un nouvel épisode pour suivre les enquêtes de Klemet et Nina ? Cela ne semble pas d'actualité, dommage.

dimanche 4 mai 2014

154: "La peste" d'Albert Camus

Genre : bubons existentialistes

Histoire
Oran. 1940. Algérie coloniale française.
Un rat, puis 2, puis une multitude meurent d'une mystérieuse maladie. Puis arrivent les premières victimes humaines, décimées par cette maladie que les oranais peineront à appeler par son nom.
La ville est fermée, l'exil des pestiférés commence.
Dans ce microcosme les personnalités s'affirment et se révèlent.


Impressions
La peste brune, le nazisme. Nombreuses sont les analogies avec les années d'occupation allemande en France et de la résistance. Il en est ainsi de l’aveuglement et du refus des populations à admettre le fléau qui s'abat sur la ville. Ils rappellent inévitablement le refus de croire en les horreurs du nazisme. Mais surtout le traitement des cadavres remémore les camps de concentration.

"... Un peu plus tard cependant, on fut obligé de chercher ailleurs et de prendre encore du large. Un arrêté préfectoral expropria les occupants des concessions à perpétuité et l’on achemina vers le four crématoire tous les restes exhumés. Il fallut bientôt conduire les morts de la peste eux-mêmes à la crémation. "


Un récit riche en portraits épais, profonds: Bernard Rieux ce médecin humaniste bien sûr, mais aussi Joseph Grand cet employé de mairie obsédé par la recherche de la phrase parfaite, Jean Tarrou qui tient son journal quotidien auquel le narrateur se réfère dans ce récit, Raymond Rambert ce journaliste parisien qui veut rejoindre son épouse aimée, Joseph Cottard seul à se réjouir de la peste, le père Paneloux ce jésuite dont les prêches évolueront face aux événements...

Et tous réagissent avec leur propre individualité face à ce mal abstrait et absurde qui s'abat sur les hommes.
  • Athée, Rieux croit en l'homme; il agit et lutte contre la souffrance avec son savoir et énergie de médecin solidaire. Stéréotype de l'homme parfait.
  • Tarrou, non réconcilié avec la vie, trouve un sens à sa vie grâce à la peste.
  • Grand et Rambert donnent un sens à leur recherche, à leur existence, l’un par l’art et l’autre par l’amour.
  • Cottard, symbolisant la collaboration, trouve son salut dans la peste.


Un classique. Grand moment.

dimanche 13 avril 2014

153: "Des impatientes" de Sylvain Pattieu

Genre : regard sur la banlieue puis le monde du travail avec Bintou et Alima

Histoire
Actions, rébellions, espoirs de deux lycéennes noires de banlieue du début du 21ième siècle.


Impressions 
Vocabulaire, grammaire et expression orale des jeunes de banlieues, je dois  calmer mon IMPATIENCE pour ne pas abandonner ce roman qualifié de 'social' après ma lecture précédente. Le contraste des styles écrits est vertigineux.
Je m'accroche, espérant "grâce à ce livre, progresser en citoyenneté et en humanité. Beau programme." selon un blog littéraire.

A suivre ...

Je sors de cette lecture plus emballé qu'en première approche, un changement de lieu et de vocabulaire s'opérant à la moitié du récit. Et l'auteur multiplie les styles de narration, peut-être un peu trop.

L'histoire a pour fil conducteur les actions et espoirs extrêmes des 2 héroïnes impatientes, 2 jeunes femmes que tout sépare sauf leur couleur de peau noire. En second plan, 2 hommes, Kevin au lycée puis Aziz dans le magasin de meubles, observateurs envoutés mais au comportement lâche vis à vis des 2 rebelles.
Ce roman comporte 2 parties distinctes, la première peignant le monde des lycées de banlieue difficile, la seconde  consacrée aux rouages de l'entreprise. J'ai plus apprécié le récit sis dans ce grand magasin parisien 'Décora', plus animé et riche en rapports sociaux.

Est-ce que ce roman cherche à donner à une réponse à:
"Peut-on en étant issu de l'immigration et vivant dans un quartier difficile s'inventer un autre destin ?"

Si on se réfère à l'expérience d'Aziz, ce sur-diplômé obligé d'accepter des contrats de vigile faute de mieux, le message n'est pas encourageant...


En résumé, je reste perplexe sur ma progression en citoyenneté et humanité  après cette lecture. Un roman social intéressant mais pas un moment de lecture inoubliable.

dimanche 6 avril 2014

152: "L'élégance des veuves" d'Alice Ferney

Genre : l'élégance de l'écriture

Histoire
Peinture d'une descendance familiale où les femmes jouent un rôle central.



Impressions 

Écriture aussi élégante que le sont les veuves du titre.
C'est une histoire triste et dure, celle de ces femmes du début du 20ième siècle qui enfantent jusqu'à 10 filles et garçons en mettant en danger leur vie, leur santé, puis qui endurent la perte d'un mari, d'un fils, d'une fille, la solitude. Portrait d'un autre temps, grave, d'abnégation, de souffrance.
En revanche les amateurs de sensations s'ennuieront à la lecture de cette succession assez linéaire de naissances et autres événements moins plaisants de la vie.

Dentellière de l'écriture.
"Elle avait couvé sa mort sans y songer, elle la traversa avec la même sérénité. Ce ne fut pas une agonie crispée et terrifiante, mais un évanouissement doux, une fuite lente, quelque chose de simple et paisible comme un mouvement de fleuve, un courant inexorable qui l'entraînait : elle fondait d'épuisement, se diluait dans son sang, ce sang sauvage qui courait, fluide insaisissable parti rejoindre l'eau et la terre et tout ce qui n'était pas Mathilde. Par moments elle fermait les yeux sur ce frémissement liquide et chaud à l'orée de son ventre. Elle était déjà renoncement et humilité : son corps lui échappait, mais elle avait toujours vu qu'il n'en faisait qu'à sa tête. Et maintenant elle écoutait ses chuchotis de machine lassée, ses bruissements d'organes, son silence et ses respirations, tout cela qui n'était pas éternel et allait s'interrompre, en ce jour, elle le savait."

En résumé, une peinture courte (moins de 150 pages) et finement écrite des femmes du début du 20ième siècle.

jeudi 3 avril 2014

151: 'Obscura' de Regis Descott

Genre : Edourd Manet

Histoire
1885
Une enquête pour démasquer l'auteur de ces mises en scènes macabres inspirées de tableaux de Manet, un peintre à scandales...
Une course éperdue d'un jeune médecin, pour sauver ses contemporains parisiens souvent atteints de maladies vénériennes et pulmonaires, mais aussi une course contre la montre pour s'extirper d'un piège qui touche son entourage...




Impressions 
Thriller étonnant et très touffu de par ses nombreuses références : à la peinture (Manet au premier chef évidemment), à la médecine aliéniste (Charcot) et légiste (parfois sans doute trop cru), à la société de cette fin de 19ième siècle (les bordels).
Cette richesse déstabilise la lecture parfois.

On peut s'interroger sur le message du roman: un polar sans l'être complètement, une peinture sociale du 19-20ième mais pas seulement, un roman sur la peinture ... ?



L'écriture est particulièrement habile à  nous faire ressentir les couleurs et l'atmosphère viciée de ce Paris de fin de siècle.

En conclusion, un polar où je ne m'y suis pas ennuyé mais pas un roman majeur.
(Un blogueur recommande de lire Claude Izner, avec des polars à la même époque. Je note dans mes tablettes).

Les livres qui m'ont marqué... (pas tous chroniqués)

  • 'Beloved' & 'Jazz' de Toni Morrison
  • 'Charlotte' de David Foenkinos
  • 'Crime et châtiment' de Dostoievski
  • 'Kite runner' de Khaled Hosseini
  • 'La joueuse de go" de Shan Sa
  • 'Le quatrième mur' 'Profession du père' de Sorj Chalandon
  • 'Les enfants de Minuit' de Salman Rushdie
  • 'Sombre dimanche' & "L'art de perdre" d'Alice Zeniter
  • 'Sous le soleil des Scorta' et 'Eldorado' de Laurent Gaudé
  • "1984" de George Orwell
  • "Au Zénith" de Dong Thuong Huong
  • "Candide" de Voltaire
  • "En attendant Godot" de Samuel Beckett
  • "Fanrenheit 451" de Bradbury
  • "L'écume des jours" de Boris Vian
  • "L'insoutenable légéreté de l'être", de Milan Kundera
  • "L'œuvre au noir" de Marguerite Yourcenar
  • "L'ombre du vent" de Carlos Ruis Zafon
  • "La métamorphose" de Kafka
  • "La vie devant soi" de Romain Gary
  • "Le Hussard sur le toit" et "Les âmes fortes" de Jean Giono
  • "Le parfum" de Patrick Suskind
  • "Le Portrait de Dorian Gray" d'Oscar Wilde
  • "Le rouge et le noir" de Stendhal
  • "Les Cavaliers" de Joseph Kessel
  • "Les Déferlantes" de Claudie Gallay
  • "Les Raisins de la Colère" de John Steinbeck
  • "Malevil" de Robert Merle
  • "Mr Vertigo" de Paul Auster
  • "Sur la route" de Jack Kerouac
  • à suivre
  • L'univers de Haruki Murakami
  • Les contes d'Alessandra Barrico
  • Les polars de Fréd Vargas
  • Les romans de Sepulveda
  • Les romans de Yasunari Kawabata

Grand Canyon

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