Genre : banquier anarchiste ?
Histoire
Béthune, au début des années 1990, George Bataille, un jeune banquier s’inscrit dans une école de commerce et décroche son premier poste à Béthune, dans la succursale de la Banque de France. Protégé par le directeur de la banque, Charles Dereine, il défend les surendettés, découvre le vertige sexuel avec Annabelle, une libraire rimbaldienne, s’engage dans la confrérie des Charitables, collabore avec Emmaüs et rencontre l’amour de sa vie, la dentiste Lilya Mizaki.philosophe défend les surendettés.
Tout un programme !
Impressions
Récit mêlant faits réels dans le premier chapitre et reconstruction romancée d'un personnage qui a existé, celui d'un banquier en révolte contre le système.
L'introduction du roman, sorte de prologue, décrit l'organisation de l'exposition « Dépenses » à "Labanque", anciens locaux de l’ancienne Banque de France à Béthune. Cette exposition constitue le premier volet d’une trilogie d’expositions inspirée par l’œuvre de Georges Bataille.
Pas le dénommé banquier mais le romancier. Écrivain longtemps maudit, Bataille a été encensé à sa mort par une nouvelle génération d'auteurs et de philosophes, dont Philippe Sollers ou Michel Foucault.
Michel Journiac, contrat pour un corps.
Dans l'exposition, les sculptures, vidéos, photographies et installations d’onze artistes contemporains explorent la notion de « dépense » développée dans l'ouvrage La Part maudite de Bataille.
Voilà pour la partie fondée sur le réel, et c'est ensuite l'histoire de ce personnage atypique qui nous est contée.
J'ai retenu quelques moments forts.
1- La visite par le jeune Bataille alors étudiant en philosophie du coffre de la Banque de France à Paris, la Souterraine .Une expérience quasi mystique qui le poussera à choisir de se lancer dans une carrière dans la banque.
2- Il accueille dans sa maison de briques rouges, reliée à la banque par un souterrain-refuge, ceux qui sont couverts de dettes. Dans ses deux bureaux-jumeaux, il exécute sa fonction de banquier consciencieux, tout en lisant les philosophes et en rêvant au banquier anarchiste de Pessoa.
3- Il choisit l'érotisme et la solidarité pour échapper à la domination de la finance et simplement être heureux.
En particulier il s'engage dans la confrérie des Charitables, une institution à Béthune, et auprès de la communauté Emmaus. Cette confrérie, née en 1188 pendant une grande épidémie de peste accompagne les familles pendant leurs deuils; elle existe toujours aujourd'hui.
L'auteur fait de nombreuses références littéraires et culturelles. C'est un livre de plus de 400 pages très littéraire que j'ai trouvé assez inégal. Mais j'ai au final passé un bon moment, en finissant par m'attacher au personnage fantaisiste du trésorier-payeur.
Roman fantaisiste, flamboyant, un peu brouillon, sur fond de critique du capitalisme. Que je ne recommanderai pas à toutes et tous.




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